Éloge du masque

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Les personnes qui ont lu mes articles précédents sur le Covid-19 ne seront pas surprises de me voir faire cet éloge des moyens mécaniques pour se protéger de ce virus.

Ce qui m’a incité à écrire cet article n’est pas l’arrivée, qu’on nous promet imminente, d’un nouveau variant MU. C’est un constat plus terre à terre. Aujourd’hui, en France, on a une plus forte probabilité d’être contaminé par une personne entièrement vaccinée que par une personne qui est éligible à la vaccination (c’est à dire âgée de 12 ans et plus) et qui n’est pas du tout vaccinée. Fake news, vont hurler les tenants de la vaccination à tout prix ! Non, réalité mathématique !

On sait que, contrairement à ce que prétend le slogan gouvernemental : « tous vaccinés, tous protégés ! », la vaccination ne protège pas tout le monde. D’après une étude anglaise récente (dépêche Reuters du 19/08/21 intitulée : « Coronavirus : L’efficacité des vaccins affaiblie face au variant Delta, selon une étude »), 75 % des personnes vaccinées ne sont pas susceptibles d’être infectées par le virus et de le propager. Ce qui signifie qu’une personne vaccinée sur 4 peut être contaminée et contaminante. D’après une autre étude, américaine, elle, (dépêche AFP du 24/08/21 intitulée : « L’efficacité des vaccins Pfizer et Moderna tombe à 66% contre le variant Delta (étude américaine) », c’est une personne vaccinée sur 3 qui peut être contaminée et contaminante.

Aujourd’hui, d’après le gouvernement, environ 44 millions de personnes sont entièrement vaccinées. Cela signifie que 11 à 14,5 millions d’entre elles peuvent être contaminées et contaminantes, soit plus que les 10 millions de personnes qui sont susceptibles d’être vaccinées mais ne le sont pas.

En face de ce constat, que pouvons-nous faire ? Pour moi, la réponse est simple : porter correctement le masque dès que possible, que l’on soit vacciné ou pas, en espace clos ou en espace libre. Porter le masque correctement, c’est porter un masque chirurgical ou grand public (personnellement, je préfère le grand public qui n’est pas jeté n’importe où après usage), le masque couvrant les orifices du nez et de la bouche. Un tel masque stoppe environ 70 % des virus, que ce soit le virus d’origine ou n’importe quel variant. Il n’y a que si le virus faisait une cure d’amaigrissement drastique que son efficacité diminuerait. Son efficacité ne diminue pas non plus avec le temps, il suffit de changer de temps en temps de masque. Enfin, pour ceux qui craignent les effets secondaires indésirables à long terme des vaccins à ARN messager, sachez que les effets secondaires du port du masque me paraissent, eux, désirables : il protège non seulement du Covid, mais aussi du virus de la grippe quelle que soit la souche concernée et plus généralement de tous les virus transmis par voie aérienne, il protège aussi des poussières, d’un certain nombre de polluants atmosphériques, et même d’une partie des polluants émis par la cigarette.

Yves-Luc Boullis

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8 commentaires

  • « Aujourd’hui, en France, on a une plus forte probabilité d’être contaminé par une personne entièrement vaccinée que par une personne qui est éligible à la vaccination (c’est à dire âgée de 12 ans et plus) et qui n’est pas du tout vaccinée. Fake news, vont hurler les tenants de la vaccination à tout prix ! Non, réalité mathématique ! »

    Ce n’est peut-être pas une fake news, mais c’est une présentation totalement fallacieuse, du genre dont usent et abusent les milieux antivax pour semer le doute et la confusion.

    Il va de soi que si on arrivait par exemple à 100% de la population vaccinée, mathématiquement on pourrait alors dire que 100% des contaminations (car on sait qu’il y en aurait encore) sont le fait de personnes vaccinées. Et aussi que 100% des hospitalisés serait des vaccinés. Laissant penser que la vaccination est inutile. Or c’est tout le contraire.

    Comme le démontrent les statistiques de Santé Publique France publiés sur https://covidtracker.fr/vaximpact/ , en se vaccinant on a (tous âges confondus) :
    – 9 fois moins de risque de développer un covid19 (avec symptômes)
    – 8 fois moins de risque d’être hospitalisé pour covid19
    – 6 fois moins de risque de mourir du covid19

    Ces statistiques sur l’ensemble de la France sont en déjà contradiction avec les dépêches que vous citez. Par ailleurs, dans votre réponse à M Vidal vous interprétez à votre sauce toute personnelle les chiffres de ces dépêches : quand vous parlez du « taux d’efficacité » des vaccins il conviendrait déjà de dire ce qui est mesuré (être malade ? hospitalisé ? En mourir ? Quelles tranches d’âges ? etc…); et dire que le vaccin aurait 75% d’efficacité ne revient pas à dire que 25% des vaccinés sont contaminants comme s’ils n’étaient pas vaccinés ! C’est bien plus complexe que ça à analyser, et pour ça un chiffre unique ne suffit pas.

    • Je présume que la définition que vous donnez au mot « fallacieux » est : qui est vrai mais ne me plaît pas.

      Je reviendrai plus loin sur votre démonstration mathématique, mais passons au paragraphe suivant.

      Je ne sais d’où sortent les statistiques que vous citez mais elles ressemblent beaucoup à celles publiées, chaque semaine, par la DREES. La DREES, c’est la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques du Ministère des Solidarités et de la Santé. Leur dernier bulletin, publié le 3 septembre 2021, concerne la semaine du 16 au 22 août 2021. Vous pouvez le télécharger sur le site de la DREES.

      Cette semaine là, il y a eu, d’après leur décompte, 88 645 tests positifs chez les non vaccinés (population moyenne non vaccinée de la semaine : 21 698 331 personnes) et 18 089 tests positifs chez les complètement vaccinés (population moyenne complètement vaccinée de la semaine : 36 375 330 personnes). Comme il n’y a pas le même nombre de personnes vaccinées et de personnes non vaccinées, il faut, et là je rejoins votre démonstration mathématique, calculer le nombre de tests positifs pour une même population, par exemple un million de personnes. On trouve 4 085,43 tests positifs par million de personnes chez les non-vaccinés et 497,29 tests positifs par million de personnes complètement vaccinées. Cela fait un rapport de 8,215 entre les deux ou une efficacité de 87,8 % pour le vaccin.
      MAIS (j’ai remarqué dans vos commentaires d’un autre article que vous aimez bien mettre en majuscules les mots importants), ce calcul est biaisé parce qu’il n’y a pas du tout le même nombre de tests effectué chez les complètement vaccinés et chez les non-vaccinés.
      Comme vous le dites dans votre démonstration, si on ne fait pas de tests dans une population, on n’obtient pas de tests positifs mais ce n’est pas significatif. Or, il y a, pour cette semaine, 42 992 tests par million chez les non-vaccinés et 10 192 tests par million chez les totalement vaccinés, soit un rapport de 4,2. A partir de ce constat, on peut faire deux hypothèses, aussi peu crédibles l’une que l’autre :
      – il n’y a aucun autre malade chez les complètement vaccinés si on multiplie le nombre de tests par 4,2. C’est peu crédible dans une maladie où les malades, en large majorité, sont asymptomatiques. Dans ce cas, l’efficacité du vaccin resterait à 87,8 %.
      – si on multiplie par 4,2 le nombre de tests chez les complètement vaccinés, le nombre de malades est aussi multiplié par 4,2. C’est aussi peu crédible car on peut penser qu’une grande majorité de malades symptomatiques ont, eux, été testés. Dans ce cas l’efficacité du vaccin tomberait à 49 %.

      La vérité est donc quelque part, entre les deux. Vous remarquerez que cette large fourchette de possibilités englobe les résultats fournis par les deux études que j’ai cité dans mon article initial, celle de l’Université d’Oxford pour la Grande-Bretagne et celle des CDC aux Etats-Unis. Il serait d’ailleurs étonnant que les vaccins aient une efficacité très différente suivant les pays.

      Ne vous a-t-il pas semblé étonnant qu’avec un vaccin qui est censé être surtout efficace pour lutter contre les cas graves, les chiffres que vous donnez décroissent quand la maladie est plus grave. (Efficacité, d’après vos chiffres, de 88,9 % pour les malades symptomatiques, de 87,5 % pour l’hospitalisation, de 83,3 % pour les décès) ?

      Yves-Luc Boullis

      • Tenez-vous en à la définition réelle de « fallacieuse », elle convient très bien.

        Les chiffres que je cite sont les statistiques exhaustives de tous les cas en France, je ne vois pas ce qu’on peut attendre de mieux question chiffres.

        Vous écrivez beaucoup pour finasser sur des points de détails, notamment concernant les tests positifs : vous remarquerez que je n’ai pas parlé des cas simplement positifs, justement parce qu’il y a trop de biais possibles. Par contre les biais sur le nombre de cas symptômatiques je n’en vois pas tellement, et encore moins sur les hospitalisations et sur les décès.

        Sur la décroissance de l’efficacité vers les formes les plus graves, elle est réelle. Mais au final une efficacité de 87,5% sur l’hospitalisation et de 83,3% sur les décès, même si c’est inférieur aux premiers essais cliniques, ce n’est pas si mal pour des vaccins qui doivent protéger contre un variant qui n’est pas celui sur lequel ils ont été mis au point. Et sans les vaccins ce ne sont pas 2000 personnes qu’il y aurait eu en réanimation lors de la présente vague mais au moins 10000 : on n’aurait pas pu gérer et nouveau il aurait fallu confiner le pays.

        Alors on peut faire la fine bouche tant qu’on veut, se plaindre que l’efficacité des vaccins n’est pas de 100%, mais sans eux on ne pourrait pas commencer à revivre un peu plus normalement.

        • Tout d’abord, je voudrais vous féliciter pour la promptitude, mais peut-être devrais-je dire la précipitation, de votre réaction.

          Donc, je note que lorsque j’écris des vérités vérifiables, je commets des écrits fallacieux et que quand je vous démontre que le nombre de gens potentiellement contaminés et contaminants est bien dans la fourchette indiquée par les études de Grande Bretagne et des États-Unis, je finasse. Le dictionnaire JPP – moi s’enrichit.

          Pour vous, les chiffres que je donne sont faux et les vôtres sont vérité d’évangile. Que je sache, Covid Tracker n’étant pas un organisme de recherche sur le sujet, il ne fait que reprendre, peut-être en les déformant volontairement ou non, les chiffres venant d’autres sources. Mais il est vrai que vous précisez qu’ils reprennent des chiffres publiés par Santé Publique France. Je vous remercie donc par avance de m’indiquer où je peux trouver ces informations sur le site de Santé Publique France. Cela m’évitera de les chercher sur le site de la DREES que je ne trouve pas très ergonomique.

          Concernant les tests positifs, vous dites qu’il a pas de biais concernant les personnes symptomatiques. Si vous daignez lire les bulletins édités par la DREES, vous m’expliquerez alors pourquoi, chez les non-vaccinés comme chez les vaccinés, il y a des malades hospitalisés, donc a priori symptomatiques qui n’ont pas fait de test préalable. Je cite le nombre de tests positifs pour les non symptomatiques comme pour les symptomatiques parce que les personnes contaminées et contaminantes peuvent être les uns ou les autres.

          Toujours si vous lisez les bulletins de la DREES, vous pourrez aussi voir que la décroissance de l’efficacité vers les formes les plus graves n’existe pas, sauf pour les décès. Toujours d’après les chiffres fournis par la DREES pour la semaine du 16 au 22 août 2021, l’efficacité des vaccins est meilleure pour les hospitalisations que pour les formes plus bénignes, plus forte pour les admissions en soins critiques que pour les hospitalisations, mais nettement plus faible pour les décès. Je mets cette anomalie sur le dos d’une pyramide des âges différente dans les personnes vaccinées et non-vaccinées, mais ceci n’est qu’une hypothèse que j’émets.

          Je vous laisse seul responsable de vos prévisions de nombre de personnes en soins critiques sans vaccination. Je ne pense pas avoir vu ces chiffres dans une des modélisations faites au début du mois de Juillet, mais je peux me tromper sur ce point.

          Au final, je ne nie pas que le vaccin ait une efficacité, au moins pour le moment, sur les contaminations par le Covid-19, mais je maintiens qu’il y a aujourd’hui une plus forte probabilité d’être contaminé par une personne vaccinée que par une personne qui ne l’est pas et que, pour se protéger, autant que faire se peut, contre le Covid-19. il vaut mieux porter correctement un masque.

          Yves-Luc Boullis

          •  » je maintiens qu’il y a aujourd’hui une plus forte probabilité d’être contaminé par une personne vaccinée que par une personne qui ne l’est pas »

            Vous maintenez ainsi votre présentation fallacieuse de la situation. C’est votre choix, qui rejoint ainsi celui de nombreux mouvements antivax qui cherchent à fabriquer le doute à tout prix.

            Si vous avez peur d’être contaminé, que ce soit par un vacciné ou par un non vacciné, commencez par vous faire vacciner vous-même, ce qui réduira énormément le risque que vous développiez une forme grave. Vacciné moi-même, j’accepte la contrainte du masque quand ça peut rassurer des personnes vaccinées également, mais je n’ai aucune envie de faire cet effort face à des personnes qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner.

            Quant à vos insinuations sur covidtracker.fr, elles participent bien également de cette « fabrique du doute » : covidtracker.fr compile des données brutes disponibles publiquement. Si vous voulez démontrer qu’ils déforment ou travestissent ces données eh bien faites le. Mais bien sûr c’est plus facile de simplement insinuer.

          • « Je vous laisse seul responsable de vos prévisions de nombre de personnes en soins critiques sans vaccination. Je ne pense pas avoir vu ces chiffres dans une des modélisations faites au début du mois de Juillet, mais je peux me tromper sur ce point. »

            Ce n’est pas une modélisation ni une prévision, mais de simples calculs à appliquer aux statistiques disponibles. Le taux de passage en réa étant 7 fois plus faible chez les vaccinés par rapport aux non-vaccinés, il est facile d’en déduire combien de malades en réa il y aurait eu si personne n’avait été vacciné. Je vous laisse faire.

  • Pierre-Michel Vidal

    Vous citiez une avalanche de chiffres sans donner de sources. Sans doute viennent-ils des réseaux sociaux. D’accord le vaccin n’évite pas la propagation du virus -qui l’a prétendu à part les antivax?- mais il évite les maladies graves et les décès et limite sensiblement la propagation du virus. Le masque est lui aussi indispensable tout le monde l’a compris. Il faut faire l’éloge du vaccin désormais comme il est fait dans tous les pays du monde, si nous voulons en sortir. Mais voulons-nous en sortir ou vivre éternellement avec un masque sur le nez? Avec une distanciation sociale symbolique de l’état de la France ? Un pays qui a fait de la contestation systématique une règle de vie.La meilleure manière de se protéger -comme vous dites- du Covid c’est évidemment le vaccin.

    • Dire que je ne cite pas les sources de mes chiffres est une erreur. Les deux études dont je pars sont citées dans des dépêches que je cite des agences REUTERS et AFP qui, si je ne m’abuse, ne sont pas suspectes de complotisme. Je vous donne même la date et le titre des dépêches pour que vous puissiez vérifier si vous le souhaitez. Quant au nombre de personnes totalement vaccinées et à celui des personnes éligibles non encore vaccinées, vous pouvez les trouver sur n’importe quelle chaîne d’information et aussi sur les sites officiels tels que santé publique France.
      Pour ce qui est de dire que personne ne prétend que le vaccin protège tout le monde, ce n’est pas ce que dit le slogan gouvernemental : « tous vaccinés, tous protégés ». On découvre de plus en plus que la proportion de gens protégés est limitée (2 sur 3 ou 3 sur 4). Le vaccin n’évite pas non plus les maladies graves et les décès, il réduit simplement leur nombre.
      Vous dites encore : « Le masque est lui aussi indispensable tout le monde l’a compris ». Mais deux phrases plus loin, vous dites ce qui me semble être le contraire: « Mais voulons-nous en sortir ou vivre éternellement avec un masque sur le nez? ». Je pense que tout le monde, peut-être y compris vous, n’a pas compris que le port correct du masque est souhaitable en terme de santé publique.
      Enfin, vous me conseillez de faire plutôt l’éloge du vaccin. Je vous laisse ce plaisir car, personnellement, la politique du tout vaccin me parait de plus en plus une erreur, même si je pense que la vaccination apporte un plus, à court terme, en matière de lutte contre le Covid 19.

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