L’homme qui dégaine bien moins vite que son ombre.

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L’ombre d’Emmanuel Macron est partout ; il est devenu l’homme irremplaçable pour

«Protéger, Prévoir, Agir et Résoudre».

Comme pour les employés, de l’État ou non, qui doivent être de plus en plus polyvalents, les résultats de notre « homme à tout faire» sont pour le moins mitigés surtout dans un domaine devenu, de loin, le plus prioritaire, celui de dégainer au plus vite, pour sauver notre jeunesse, nos biens, nos santés, notre économie,…

notre pays en somme.

Or, dégainer, on est loin de compte, il n’a même pas mis sa rapière dans son étui, tout au plus avance-t-il masqué pour pratiquer quelques touches aux fleurets sans pointe,

pour la renommée.

Au fait, il n’a peut-être pas d’étui ni même de rapière car la fabrication se fait sûrement en Chine ; en effet, ce n’est pas l’État, donc les Français, qui doit décider des orientations économiques à donner, ce sont les entreprises ; or elles ont intérêt à les produire en Chine ou en Inde.

Dans les écoles ainsi que dans l’Institut élitiste des futurs grands fonctionnaires de l’Etat, qu’il a fréquentés, loin des citoyens et de leurs problèmes, on n’a aucune idée et aucune volonté de «réfléchir» sur l’avenir de la France, dans la situation actuelle. La dette, les retraites, la compression des dépenses, la compétitivité, la consommation… sont bien plus importantes à maitriser que les feux de forêts, les inondations, les tornades, les famines, et, de plus en plus dramatique :

le manque d’eau.

L’agriculture est condamnée, nos centrales nucléaires ne pourront plus fonctionner, les fleurons de la décarbonisation à la française seront à l’arrêt et on ridiculise l’idée de les remplacer par des énergies renouvelables, ce qui est réalisable en abaissant drastiquement nos besoins en énergie ;

c’était bon pour les Amish de Sainte-Marie-aux-Mines en 1693 !

Dans l’univers macronien, la biodiversité est à des années-lumière des préoccupations de nos ministres et des investisseurs étrangers. Par contre, dans les non-dits, on se réjouit de l’avantage des calamités climatiques car il faut reconstruire et il y a des blessés à soigner, c’est excellent pour le P.I.B.

Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur
On ne cause pas, on compte.

De plus, avant de dégainer, il faudrait que le Président soit conscient de la nature de l’ennemi et de l’intérêt qu’il a de le pourfendre ; or, de ce côté là, c’était l’abîme, c’est devenu maintenant la grande découverte.

Les élections présidentielles approchant, il a suivi les cours de l’école de la deuxième chance. Notre Président y a découvert la complexité, quelques centaines d’années après Pascal et Montaigne.

«Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus de connaître le tout sans connaître les parties…» Pascal.

«Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition.» (Montaigne).

Edgar Morin a beaucoup écrit sur ce sujet.

Après l’encyclique Laudato Si, publiée par le Pape François, les voies du seigneur sont apparues à Macron. C’est la révélation !

« Tout est lié», s’est emparé Emmanuel Macron, avec une assurance très électoraliste, en ouvrant, à Marseille, le congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Merveilleux, la lumière est en lui !

«sauver le climat passe par la préservation des écosystèmes.»

« la bataille pour le climat est jumelle de la bataille pour préserver et restaurer la biodiversité, l’une et l’autre se nourrissent », assure le chef de l’État.

«On voit bien que le climat, la nature et l’humanité sont inséparables, et je pense que nous le mesurons beaucoup mieux, malheureusement, depuis que nous avons vécu cette pandémie de Covid-19 parce que nous avons refait l’expérience de notre ancrage dans le vivant»

Dommage de s’en apercevoir que maintenant !

Il entreprend alors les grandes avancées écologiques du quinquennat ; pas pressé de dégainer pour ne pas effaroucher son électorat droitier, il s’est lancé dans ce qu’il sait faire de mieux, de beaux discours et des projets, des actions marginales, mais absolument pas celles qui véritablement adapteraient l’économie à la rapidité de l’évolution climatique «tornadi-forme» !

*«L’objectif de 30% d’aires protégées est déjà atteint pour son territoire terrestre. Grâce aux efforts fournis, ce même objectif sera atteint début 2022 pour le territoire maritime»

30% c’est bien peu; de plus, sont et seront-elles vraiment protégées des touristes, de l’agriculture et de l’élevage, gros perturbateurs de la faune sauvage ?

*«La France a adopté, dans sa loi Climat et résilience, l’objectif ambitieux de placer 10% de son territoire national en protection forte, consistant à exclure ou à fortement limiter toutes les activités humaines susceptible de compromettre la conservation des espaces.»

Protéger de plus en plus d’aires c’est comme vacciner de plus en plus de personnes dans un pays ; c’est séduisant localement mais cela ne rèsoud pas la globalité qui passe par la vaccination du monde entier.

Car tout est lié !

*«La Méditerranée accueille l’une des plus riches biodiversités au monde ; elle abrite 8% de la faune et 18% de flore mondiales. La France met en place les mesures nécessaires afin de préserver cette richesse Un dialogue est engagé avec les acteurs locaux».

Un dialogue, c’est logique pour faire comprendre ; est-ce suffisant pour convaincre d’agir ? Demander aux pêcheurs, dont la rentabilité est en baisse, de pêcher encore moins et pas partout, et aux grossistes de se serrer la ceinture, la réponse est évidente !

*«Formée dans le cadre du One Planet Summit et soutenue par la France, la coalition SAILS regroupe désormais 14 compagnies maritimes œuvrant à la réduction de leur impact environnemental via des démarches volontaires allant au-delà de la réglementation (réduction des émissions et des rejets polluants, protection des mammifères marins).»

14 compagnies, démarches volontaires ? C’est comme demander à l’agriculture intensive de «volontairement» reboiser, refaire les haies, ne plus traiter aux pesticides et herbicides..et à la FNSEA de ne plus faire de l’élevage industriel !

*«La France s’est saisie de l’enjeu de protection de l’Antarctique, en accueillant la 43e réunion consultative du Traité sur l’Antarctique (RCTA) en juin dernier »

Les réunions consultatives, voilà qui fait avancer les choses rapidement !!!

*«La France s’est positionnée pour une économie circulaire (Loi AGEC). Cette loi a incité de nombreuses innovations technologiques, comme en témoigne l’invention en France de la première bouteille de lait opaque 100% recyclée.»

Actuellement combien sont utilisées et combien sont recyclées plusieurs fois ?

«Elle entraîne également d’importantes évolutions dans nos modes de consommation. A titre d’exemple, les emballages en plastique des fruits et légumes pour des lots de moins d’1,5 kg disparaîtront en France au 1er janvier 2022.»

Elles seront remplacées par quoi ? Les lobbies du plastique n’ont pas dit leur dernier mot, ce ne serait pas la première fois car ils sont bavards !!

Globalement, on est vraiment loin de «l’économie circulaire», la seule qui peut changer les choses.

*«La France a été le premier pays au monde à reconnaitre que ses importations de certains produits agricoles (soja, huile de palme, cacao, etc.) causent de la déforestation, et a décidé d’y mettre fin d’ici 2030.»

Fin 2030, voilà qui laisse du temps à la déforestation de s’amplifier !

On avait décidé aussi de supprimer le glyphosate !

Quant aux décisions non tenues, on est tous vaccinés !

Puisque les entreprises, et non l’État, doivent mener l’économie je ne vois pas comment cette décision pourrait être appliquée !

*«l’Accélérateur pour la Grande Muraille Verte porté par la France contribue à catalyser 16 milliards de dollars de financement, vaste projet d’agroécologie sur toute la bande sahélienne.»

Les infos indiquent que la France ne ne semble pas le grand accélérateur annoncé.

Wikipedia dit :

«La Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel….est l’initiative phare de l’Union africaine pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification en Afrique. À l’occasion des quinze ans du lancement du programme, un rapport est commandé par la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et publié le 7 septembre 2020, il a constaté que seuls quatre millions d’hectares sur un objectif de cent ont été plantés. L’inconstance des bailleurs de fonds ainsi que les conflits et l’insécurité au Sahel sont pointés du doigt»

Notre «remaniement» dans la zone laisse planer un doute supplémentaire sur l’évolution favorable de cette entreprise hautement souhaitable.

*«La France s’est positionnée comme fer de lance de la finance en faveur de la biodiversité. Ainsi, sa proposition de « Task Force for Nature-related Financial Disclosure », cadre permettant de mesurer les risques, impacts et bénéfices des activités économiques en matière de biodiversité, trouve de plus en plus de soutiens à l’échelle mondiale. Une partie du secrétariat de cette Task Force sera d’ailleurs installée à Paris, dans les locaux de l’Agence Française de Développement.»

Mesurer les risques et les bénéfices des activités économiques, c’est déjà fait depuis longtemps !

«De même, la France encourage ses partenaires à la suivre en adoptant l’engagement de dédier 30% des financements pour le climat à des initiatives bénéficiant également à la biodiversité.»

«En 2019, les ménages, les entreprises et les administrations publiques ont réalisé 48 milliards d’euros d’investissements climat. Ces dépenses ont surtout lieu dans trois grands secteurs: les bâtiments et en particulier leur rénovation; la mobilité durable telle que l’achat de véhicules à faibles émissions; la production d’énergie décarbonée.»

Pendant ce temps, en 2019 aussi, les niches fiscales ont financé la destruction du climat ; les taxes sur les énergies fossiles et les garanties à l’export en faveur des projets gaziers et pétroliers, ont atteint environ 18 milliards d’euros !

Ne perdons pas de vue que ces investissements rapportent et qu’ ils ne sont destinés qu’à se protéger le plus possible de l’incontournable. Ils ne permettent pas d’enrayer la hausse des températures mais de continuer à consommer plus à moindre coût environnemental.

Il résulte de toutes ces considérations que les objectifs de positionnement, d’accueil, d’engagements, d’encouragements, de stimulants, de projets… sont toujours partiels, incertains souvent; ils visent des améliorations ponctuelles dans certains territoires; tout cela est utile mais constitue ces fameux petits pas.

Or, dégainer c’est faire des grands pas pour l’humanité

signé : Georges Vallet

crédits photos:QQ CitationsQui a peur de son ombre attend midi pour se lever. Pendant ce temps, les autres courent.

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