«L’horizon est dans les yeux et non dans la réalité»

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«L’horizon est dans les yeux et non dans la réalité» Angel Ganivet

«Parce que pour faire bien, il faut voir loin», « construire cette stratégie à l’horizon 2050.» Edouard Philippe.

C’est Monsieur Soleil !

S’il est capable de voir loin, il n’est pas capable de voir de près car, en 2018, ce haut fonctionnaire n’a pas su que le Covid-19 allait nous tomber dessus un an après !

C’est quand même ennuyeux pour un Premier ministre qui voit loin !

«car pour voir loin il faut y regarder de près» P. Dac

Affirmer où en sera le monde, le pays et ses habitants, dans 28 ans, c’est être nyctalope ou vouloir tromper le monde pour arriver à ses fins politiques. En fait, c’est de la pure propagande électorale pour satisfaire des électeurs de droite.

Chacun sait que le monde est complexe, donc imprévisible, tout dépendra du jeu des composants des écosystèmes que nous habitons ; des émergences en résulteront mais

Nul n’est capable de prévoir lesquelles, sinon dans des romans de science fiction.

+ Vouloir faire travailler jusqu’à 67 ans,

*Comme dit F. Bayrou : « La proposition de retraite à 67 ans, ma vision n’est pas celle-là. Les femmes qui travaillent dans les Ehpad avec le dos bousillé à 50 ans, vous leur dites que la retraite, c’est dans 17 ans ? Je ne serai pas celui qui dira ce genre de choses ! » J’ajouterai les ouvriers du béton armé aussi, et bien d’autres !

*Faire travailler plus longtemps quand le chômage des jeunes, des séniors et des autres est solidement enraciné, ce n’est vraiment pas le sens du partage, pourtant,

«Nous croyons au dépassement des clivages artificiels et au rassemblement de toutes les bonnes volontés au service du pays».

*Quand les canicules vont augmenter en fréquence, en longueur et en amplitude, et que le Sud-Ouest sera le plus touché (Robert Vautard, directeur du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) du Commissariat à l’énergie atomique), ce sera sans doute plus facile de travailler plus longtemps !

*Les pandémies sont à nos portes et, dans l’avenir, il faudra «faire mieux avec moins» pour la recherche et les soins à tous les niveaux. Les premières cabines de «télémédecine», sorte de «machines à soigner» remplaceront les médecins.

La technologie, sans doute, guérira plus que le contact humain avec le corps médical ; c’est elle qui nous permettra de travailler plus longtemps !

Faire travailler jusqu’à 67 ans, ce n’est pas voir loin mais très près au contraire; l‘objectif est de diminuer drastiquement le montant des retraites car seuls quelques privilégiés de la vie arriveront jusqu’au bout !

+ Rétablir l’ordre, c’est vraiment manquer de neurones :

*«Un rapport de la Banque mondiale de mars 2018 évoque 143 millions de migrants climatiques d’ici à 2050 et l’ONU chiffre même ces futurs flux à 1 milliard de personnes sur la même période. Ces populations seront contraintes de quitter leur région en raison des conséquences directes du changement climatique (stress hydrique, baisse des rendements agricoles, manque de nourriture, inondations, vagues de chaleur, sécheresses, cyclones, etc.) mais aussi des conflits qui en découlent.»

* Même en France, la pénurie d’eau a déjà commencé, les espèces disparaissent, les incendies, inondations, la montée de la mer entrainent des exodes de personnes en recherche de nouveaux domiciles. Les assurances se posent des questions sur les dédommagements ; ceux qui auront tout perdu respecteront-ils l’ordre public, c’est-à-dire accepter l’inacceptable ?

Les centrales nucléaires, l’avenir de la France, sont de moins en moins bien refroidies du fait de la hausse de la température de l’eau. Les petites centrales qu’on veut multiplier vont en avoir besoin aussi et donc multiplieront les risques.

*Les plans de dispersion pour sauvegarder les populations des grandes régions urbanisées en cas de catastrophes majeures comme des inondations ou des accidents nucléaires, ne sont pas prévues.

Qui sera capable de maintenir l’ordre lors des paniques ?

La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement chamboulée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans.

Alors, avec un tel tsunami de flux de migrants de toutes motivations, les inégalités, la pauvreté…la sécurité, ce ne sont pas les moyens habituels qui remettront de l’ordre, ce n’est pas la police aux frontières, le rapatriement, une police plus «active», des paroles péremptoires du ministre de l’Intérieur et les économies sur le service public, qui le feront.

Ni les réseaux sociaux !

C’est comme pour l’eau, on ne va pas contre un vent violent, on l’accompagne pour le réguler car,

«Qui pisse contre le vent, se rince les dents.»

un État moins dispendieux et recentré sur ses missions essentielles ».

*«Nous combattons l’illusion de l’argent public magique qui admet que l’État redistribue une richesse qu’il n’a pas».

J’ignorais qu’une des missions essentielles était de distribuer aux entreprises, souvent polluantes, «une richesse qu’il n’a pas» !! 140 milliards d’euros en 2018, c’est le montant des aides publiques de l’Etat aux entreprises. Un rapport parlementaire critique le manque de lisibilité, de contrôles, et d’évaluation de la pertinence de ces aides.

* «en faisant peser le poids de notre mode de vie d’aujourd’hui sur les générations futures»

Edouard Philippe a raison, ce poids est considérable, mais il ne parle pas du plus lourd : la dette environnementale et les déchets nucléaires !

La dette publique est souvent assimilée à un fardeau laissé aux générations futures. C’est oublier qu’elle ne représente pas seulement un coût, mais permet surtout, si elle est bien utilisée, de bénéficier plus tard de services publics de qualité. Côté pile, nous léguons à nos enfants un patrimoine public. Côté face, en revanche, nous leur léguons bien un fardeau, mais qui n’est pas celui que l’on évoque habituellement : il s’agit de la dette écologique.

«La dette écologique est le coût caché du capitalisme flamboyant. Elle peut être définie comme la somme des externalités négatives de l’extractivisme, donc du pillage des ressources naturelles de la planète», résume Nicolas Sersiron, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM)»

L’OFCE estime que la dette climatique de la France représente 38 points de PIB.

+12 juin 2019 .

«Au coeur de l’acte II, il y a d’abord l’ambition écologique», a déclaré E. Philippe en ouverture de son discours de politique générale. Pour répondre à «l’urgence écologique ces douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique», a-t-il promis. Nous sommes presque en 2022, cela fait deux ans et demi !

Comme sœur Anne, on ne voit rien venir, ou si peu !!!

Emanuel Macron en rajoute une couche dernièrement ; parmi les crédits du plan de 30 milliards d’euros «l’agroalimentaire sera ciblée afin de produire une alimentation «saine, durable et traçable». Ici les investissements iront principalement dans le numérique, la robotique et la génétique.»

L’agriculture industrielle a de beaux jours devant elle.

L’agriculture industrialisée produit des émissions de gaz à effet de serre, pollue l’air et l’eau et détruit la vie sauvage. Les coûts externalisés, tels que les fonds nécessaires pour purifier l’eau potable contaminée ou pour traiter les maladies liées à une mauvaise nutrition, ne sont pas pris en compte par l’industrie, ce qui signifie que les contribuables payent la note sans s’en rendre compte.

L’agriculture bio paysanne qui produit une alimentation répondant à ces critères n’a pas besoin, sauf certaines grosses structures, du numérique, de la robotique et de la génétique(des pesticides aussi).

La génétique a surtout servi à créer des variétés fragiles, très productives, sans goût, qui «pourrissent» souvent rapidement dans le frigo du consommateur!

Des parasites ont pénétré le marché florissant du bio. Leur principe est d’installer des serres chauffées pour produire des fruits et des légumes hors saison (dans les Pays de la Loire et en Bretagne notamment).

Ils fournissent des tomates labellisées bio et françaises en plein mois de mars.

Cela n’a rien à voir avec l’esprit des producteurs bio qui respectent le rythme des saisons. La production biologique sous serre chauffée est un contre-sens gustatif, agronomique et surtout environnemental et climatique qui contrevient aux principes fondateurs de l’agriculture biologique. Le bilan carbone d’une production sous serre chauffée est près de 8 fois plus important que la production locale en saison.

Une position de compromis, proposée par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, a été retenue : aucun fruit et légume d’été bio ne sera autorisé sur les étals des magasins avant le mois de mai. Cependant:

*cela s’accompagne de mesures pour alimenter les serres en énergies renouvelables.

*il n’affecte pas les fruits et légumes produits à l’étranger comme en Espagne, aux Pays-Bas ou en Italie. Des produits peuvent donc être cultivés sous serre dans leur pays d’origine puis être importés. Au coût élevé en carbone de la culture sous serre s’ajoute ainsi celui du transport jusqu’aux étals français…

C’est un triple scandale !

*de stimuler, même en énergies renouvelables, le forçage en serre chauffée qui rompt la qualité des productions saisonnières.

*de ne pas défendre le patrimoine agricole bio français en favorisant une concurrence étrangère déloyale.

*de ne pas favoriser ainsi le développement de la filière bio française et une alimentation saine, durable et traçable.

Parmi les nécessités de répondre à l’urgence climatique, certainement qu’Edouard Philippe a prévu de réduire l’utilisation des énergies non renouvelables. Comment fera-t-il, la demande n’a jamais été aussi grande et les prix si explosifs ?

Le pétrole est toujours la force vive de notre transport, des entreprises, pourtant

«Nous voulons donner les moyens aux Français de se chauffer sans polluer ni payer toujours plus». Edouard Philippe.

C’est mal parti, d’autant plus que :

«Le pétrole fait voyager loin mais rétrécit l’horizon» dit De Gauz

+Parmi les autres pistes d’économies soulevées par E. Philippe figure la réduction du nombre de fonctionnaires dans les collectivités locales.

«Aujourd’hui, rien de mieux, estime-t-il, que les collectivités locales pour changer les choses.»

On peut faire l’un ou l’autre mais les deux, c’est risqué !

C’est impossible, dit la Fierté

C’est risqué, dit l’Expérience

C’est sans issu, dit la Raison

Essayons, murmure le cœur

William Arthur Ward.

+ «Je crois en la science. Je sais ce que notre pays doit à l’agriculture, j’aime l’industrie et ses salariés, je crois en l’économie de marché mais régulée par le politique.»

*«Je crois» ?

« Ce n’est pas l’incrédulité qui est dangereuse dans notre société, c’est la croyance. » George Bernard Shaw

*Croire en la science ne suffit pas, il faut suivre les progrès de la connaissance qu’elle apporte et la mettre au service de la population et non des chercheurs d’enrichissement.

*L’industrie et les salariés n’ont pas besoin d’être aimés ; l’une veut faire des profits, les autres demandent une juste rétribution de leur travail. Cruel dilemme !!

«L’avenir n’est plus ce qu’il était» Paul Valéry.

Signé Georges Vallet

crédits photos : https://www.mon-poeme.fr › citations-avoir-raison

Aides publiques aux entreprises : illisibles et peu contrôlées

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Préoccupons-nous de la dette écologique – Institut de …

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10 choses à savoir au sujet de l’agriculture industrielle – UNEP

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