Une minute révélatrice.

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Le ministère de l’éducation nationale a souhaité rendre hommage, le 15 octobre, au professeur Samuel PATY, décapité en pleine rue, par un jeune réfugié tchétchène musulman, un an plus tôt, par une simple minute de silence dans tous les établissements scolaires.

On aurait pu imaginer une adhésion unanime à ce choix mais, hélas, et sans plus de détails, le ministre dénonce 98 incidents dont 7 graves, individuels ou collectifs, allant jusqu’à la menace. 

Les chaînes de télévision ont certes évoqué les faits, mais leur discrétion peut surprendre tant ils témoignent d’une gangrène qui mine la société française et ses fondements chrétiens car, qu’on le veuille ou non, la France est le fruit de siècles de monarchie catholique dans ses croyances et ses mœurs qui, malgré les avatars de l’histoire, ont conduit à un vivre ensemble par une laïcité qui est aujourd’hui gravement compromise du fait de l’immixtion tout à la fois sournoise et violente d’une idéologie totalitaire conquérante. Les incidents évoqués sont plus que des manifestations de mauvaise humeur ; ils sont en même temps une adhésion à une idéologie liberticide et mortifère, et un rejet des traditions occidentales qu’on qualifie à tort, d’ailleurs, de « valeurs républicaines » car elles n’appartiennent pas à un système politique et ne sont pas le monopole de la France. Il s’agit tout simplement de valeurs universelles dont le centre est la liberté sous toutes ses formes mais qui sont désormais ouvertement attaquées partout dans le monde.

Le ver est dans le fruit et il sera difficile d’en venir à bout. Nos sociétés occidentales ont été soit innocentes, soit défaillantes et les multiples déclarations en tous genres des « droits de l’homme » (d’inspiration chrétienne) ont contribué à la diffusion d’idées auxquelles elles se sont soumises, sciemment ou non.

Les oppositions idéologiques sont telles qu’elles ne pourront pas coexister sauf à imaginer une partition du territoire national, déjà en cours dans certaines zones bien ciblées, ou une adhésion à la laïcité, protectrice des convictions philosophiques ou religieuses de chacun. Mais comme l’ont dit plusieurs ministres, la France est en guerre. En guerre à l’intérieur de ses frontières. Sa police n’est plus crainte, elle est même attaquée. Sa justice est dépassée. Ses enseignants paralysés. Ses lois méprisées. Sa souveraineté écorchée par des institutions européennes. Alors ?

Pierre ESPOSITO  

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6 commentaires

  • Merci.

    Avons-nous trouvé le moyen d’y remédier, autrement que par des mots ?

    Par des comportements ?

    Lesquels ?

  • Jean-François de Lagausie

    Pour être juste, il faut remarquer que le recteur de la mosquée de Paris a déposé une gerbe sur la tombe de Samuel Paty.

  • Jusqu’où va t’on aller comme ça? Quelle décadence!

  • Merci pour ce commentaire qui rebondit sur la notion d’héritage chrétien (voire catholique) des droits de l’homme. Les Lumières ont émergé dans un monde effectivement largement dominé par le christianisme, mais pour s’en démarquer en prônant des valeurs à vocation universelle et relevant de la volonté des hommes. Et même si l’Occident chrétien a par la suite été capable des pires exactions dans l’ensemble du monde, cela ne remet pas en cause le caractère universel des droits de l’homme (qui ont d’ailleurs évolué depuis les Lumières). Pour preuve, beaucoup des leaders des indépendances s’en sont saisis (bien que les suites des indépendances n’en soient pas toujours une bonne illustration).

    • Pierre-Michel Vidal

      Avant d’être chrétienne la France s’appelait la Gaule et on y adorait des idoles de terre ou de bronze. Puis, morcelée, elle a été envahie, conquise et le baptême de Clovis fut un épisode lointain de ce qui a fait de notre pays une mosaïque de cultures et de croyances: musulmanes, juives et chrétiennes évidemment mais aussi agnostiques et athées (on fait rarement allusion à ces derniers pourtant les plus nombreux de nos concitoyens). Elle a subi de terribles guerres de religion dont on ne saurait oublier les dégâts (notamment en Béarn). La laïcité, au début du siècle dernier, a mis fin à ces conflits mortifères, c’est le génie français que d’avoir mis chaque chose à sa place et d’avoir fait de la croyance religieuse une chose relevant de l’intime, de l’individuel, pacifiant la sphère sociale. Ainsi on ne peut pas parler de « racines chrétiennes » mais de réalité laïque en parlant de notre pays.
      Pour ce qui est de « l’Universel » et de l’apport des « Lumières » je considère comme vous que c’est bien le cœur de la question et le philosophe Francis Wolff en a fort bien parlé dans son livre sur ce thème.

  • « La société française et ses fondements chrétiens car, qu’on le veuille ou non, la France est le fruit de siècles de monarchie catholique dans ses croyances et ses mœurs  »

    La France n’a pas toujours été la France. Ses limites ont fluctué, son nom a évolué.
    La France, ce pays à l’extrême ouest de l’Europe, a vu s’arrêter de nombreux migrants, des peuples et des civilisations aux croyances différentes.
    Qu’elle fut gauloise, viking, française ou autre, tous ceux qui l’ont foulée y ont laissé leur trace,

    Les peuples n’ont pas de racines, ils ont une histoire, qui les constitue .

    La France a une histoire d’une incroyable richesse et d’une inestimable influence sur le monde, faite de paganisme, de beaucoup de Grèce, de Rome, de chrétienté puis de catholicisme, de judaïsme, d’islam, d’énormément de pensée des Lumières, de Révolution universaliste et de laïcité.
    Il faut sans cesse combattre cette tentative de réduire la République française du XXIe siècle à un passé univoque. .

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