Héros admirables ou repoussoirs ?

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La disparition de Bernard Tapie a donné naissance à de longues évocations de sa trajectoire dans les médias, sans que l’on s’interroge sur l’origine de sa popularité. Certes, il était bel homme et son bagout, voire sa virulence, étaient remarquables. Mais suffit-il d’avoir de l’aplomb et une envie « féroce » de devenir riche (B. Tapie dixit) pour être admirable ?

On ne peut oublier sa façon de relever (ou désosser ?) des entreprises. On ne peut oublier que mauvais perdant dans l’affaire Adidas, il avait reproché à la Société Générale d’avoir fait avec Adidas ce qu’il avait fait à de multiples reprises avec tant d’entreprises et que son action en justice a coûté beaucoup d’argent aux contribuables.

Il ne peut être comparé aux dirigeants de GAFA qui ont apporté une idée et ont mis en œuvre une stratégie gagnante ; il ne peut être comparé aux chefs d’entreprises de France qui ont tout fait pour résister à la concurrence, ont sauvé des emplois. Ceux-là ne sont pas des vautours ou des charognards. Ne nous trompons pas d’exemples à suivre.

L’Eglise de France a fini par admettre avoir couvert les agissements, les crimes commis par un nombre considérable de ses prêtres. Bien tardivement, et sans donner l’impression qu’elle a su prendre la mesure de ce qu’il convient de réformer dans son fonctionnement.

La conséquence probable est une désaffection des chrétiens. Certes, ils ne sont pas tous prêts à accepter un aggiornamento, une remise en cause radicale de ses règles, comme la fin du célibat des prêtres, l’avènement d’un rôle équilibré entre les femmes et les hommes en son sein. Mais est-il possible de sauver l’Eglise sans des mesures radicales?

Jean-Paul Penot

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Un commentaire

  • « chefs d’entreprises de France qui ont tout fait pour résister à la concurrence »,

    Grâce à l’argent, « que l’état n’avait pas!.

     » ont sauvé des emplois »

    Ce n’est certainement pas en sacrifiant, par générosité, leurs profits; ce sont aussi les aides de l’état, donc les contribuables, la baisse des charges..,qui ont permis à beaucoup d’entreprises de continuer à tourner; elles avaient donc besoin de personnel.

    Le remboursement se fera grâce à la reprise de l’économie de pollution, avec la participation des actifs, et pas seulement: retraite, assurance chômage, non traitement des insuffisances de l’hôpital, de la rémunération du personnel soignant et peut-être aussi du salaire des enseignants et de bien d’autres.

    Par ailleurs, il convient de ne pas généraliser car toutes les entreprises, pendant le confinement, n’ont pas eu besoin d’aide, ni à sauver des emplois, certaines ont »cartonné » , disent-elles, elles ont, au contraire, créé des emplois, sans rencontrer vraiment de concurrence comme les entreprises de livraison, de protection, de jardinage, spécialisées dans l’hygiène, ou encore dans les nouvelles mobilités: vélos et trottinettes.

    Ce ne sont pas des vautours ou des charognards mais plutôt des coucous qui font élever et grandir leur progéniture par :
    « Nous les petits, les obscurs, les sans-grades,
    Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
    Sans espoir de duchés ni de dotation.

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