J’ai comme un doute !

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 «Académie de Bordeaux : le niveau des CP et CE1, à la rentrée de septembre, après des tests, montre que les savoirs fondamentaux ont été compensés et sont parfois meilleurs que ceux de 2019 et surtout 2018,  année de la nomination de Jean-Michel Blanquer à l’Éducation nationale et à la Jeunesse. La proportion des élèves maîtrisant les lettres progresse de de 64% en 2018 à 66,6% en 2021. En ce qui concerne l’écriture des nombres, ils sont passés de 82,6% à 89,8% il y a trois ans. Pour la lecture des mots à voix haute on passe de 66% en 2018 à 73,9%.
C’est le résultat des évaluations du primaire, présentés mardi 16 novembre par le ministère de l’Education nationale.                  

A-t-on testé l’aptitude au vivre-ensemble conséquence de la maîtrise des lettres et des sciences ?

Ces tests, réalisés en classe, de la même manière partout dans le pays servent à mesurer le niveau scolaire général (en français et mathématiques).
Par exemple, en français, 81,6% des écoliers de CP ont obtenu un taux de maîtrise « satisfaisant » pour « manipuler les syllabes », alors qu’ils n’étaient que 79,3% en 2020, et 81,3 % en 2019.
La même tendance se vérifie concernant les mathématiques avec 78,4% des CE1 savent « lire des nombres entiers » cette année, contre 74,7% juste après le confinement, et c’est mieux qu’avant la pandémie, où ils étaient 75%.
En 6e, le niveau des élèves augmente très légèrement, mais en ce qui concerne le niveau global de lecture, seulement la moitié des élèves de 6e ont le niveau attendu, en éducation prioritaire renforcée on tombe à un tiers, qui sait lire correctement.


                                Un collégien sur trois n’a même pas le niveau de CE1.

Ces résultats me font penser au comportement de certains enseignants observés durant ma carrière.
Chaque début d’année scolaire, leurs premières évaluations donnaient des résultats très insuffisants puis, à chaque trimestre les élèves s’amélioraient pour être, enfin, de niveau, à la fin de l’année.
On ne pouvait en déduire que de tels résultats ne pouvaient provenir que de la qualité de l’enseignant !
Ces résultats, enregistrés par la hiérarchie, permettaient l’obtention possible d’une promotion dans l’ordre du mérite.

Jean-Michel Blanquer avait été nommé ministre de l’Éducation nationale le 17 mai 2017 et ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse le mardi 16 octobre 2018. Or depuis cette date, et malgré les contraintes liées au confinement et sans doute maintenant aux nombreuses fermetures de classes, le niveau, qui était mauvais, s’est bien amélioré !
Vous avez dit bizarre?

D’un côté,
Au niveau de la hiérarchie, c’est-à-dire du ministère, cela conforte la réussite du ministre, son maintien donc, et l’assurance de points engrangés pour des nominations plus prestigieuses ultérieurement.
D’un autre côté,
La politique gouvernementale montre son efficacité et dans une période électorale, c’est vraiment bon à prendre !
Quelques mois avant l’élection présidentielle, J-M Blanquer a donc commencé à faire campagne sur son bilan. Que faut-il penser de ces propos car les données mêmes de son ministère montrent une réalité bien différente ?

En mars 2021, l’écart entre les écoliers de l’éducation prioritaire et les autres augmente. En compréhension à l’oral 14% des écoliers hors Rep ont des difficultés mais 38% en Rep+. L’écart a aussi augmenté pour la compréhension d’un texte lu seul. En Rep+ malgré les dédoublements la moitié des élèves sont en difficulté sur cet item.  En maths on retrouve la même problématique ; hors éducation prioritaire un tiers des élèves a du mal à additionner. En Rep+ dédoublé, c’est la moitié».
Ne parlons pas des répercussions sur la suite ; le niveau moyen en Maths des étudiants de l’université est lamentable, c’est normal avec l’application de la réforme en 2019 et les nombreuses modifications successives dans tous les sens.

 L’excès en tout est un défaut

Les tests, les évaluations, les probabilités, constituent des méthodes très utiles surtout en ce moment, mais, même dans ce domaine de la pandémie, le matraquage des chiffres, des comparaisons, des possibilités, des changements… génèrent flou, angoisse, lassitude puis indifférence chez certains, incompréhension, confusion…


« Depuis que les statistiques remplacent le jugement, ce n’est partout que chiffres au gouvernement. « Roger Mondolini.

Nous vivons, dans tous les domaines, la folie des tests et des évaluations ; il faut tout évaluer, même le camembert ! On réalise des tests dans tous les métiers, les études, la psychologie, pour l’emploi et la carrière… L’école n’y échappe pas

.
Il faut naturellement tester les testeurs et ainsi de suite !

« L’étudiant n’est pas un conteneur que vous devez remplir mais un flambeau que vous devez allumer. » Albert Einstein.


N’épiloguons pas, dans le désordre, sur :

* L’association économies, suppression de postes, injustice de l’importance de plus en plus grande des contrôles continus, souvent subjectivement notés du fait des difficultés de faire abstraction de la connaissance de l’élève ; de plus, ces contrôles continus sont soumis à trop de pression de la part de l’environnement. Ajoutons le manque d’enseignants dans les matières scientifiques, maths surtout (attractivité, respect, formation, salaires…) ; ajoutons ces réformes en cascade, incompréhensibles, imbroglio des décisions..

*L’utilisation des pourcentages, indices les plus couramment utilisés pour présenter des statistiques or, chacun connaît la valeur des statistiques. Quelques jugements ne sont pas sans rapport avec le sujet.

« Il y a les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ».Mark Twain.

« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées ». Winston Churchill.

« Selon les statistiques, une personne sur quatre serait folle. Si vos trois meilleurs amis ne le sont pas, alors c’est vous ». Rita Mae Brown.  « La raison d’être des statistiques, c’est de vous donner raison ». Abe Burro.
Sur un plan plus pratique :

*les différences dans les résultats  liées à la température ambiante, fort variable suivant les régions.

*le stress chez les élèves lié au jugement permanent ; il compromet le sentiment de bien-être à l’école et les résultats des évaluations.
*Quand on a préparé les élèves,  réalisé les tests et les suivis,

  certains réussissent à trouver un peu de temps pour enseigner !

*Le choix des questions, le fait que ces tests ne représentent que la réalité d’un jour, à une heure précise, à un moment où les élèves sont disponibles ou fatigués, motivés ou pas…, suivant que le même test est réalisé de 8h à 10h ou de 10h30 à 11H, on peut avoir des améliorations ou pas. En effet, L’attention fluctue au cours de la journée. L’attention maximale serait obtenue le matin entre 10h30 et 11h pour les enfants du cours préparatoire, un peu plus tard pour les plus grands ; l’après-midi, l’attention atteint deux pics : entre 14h et 15h, et entre 16h et 16h30, selon l’âge et les enfants. De plus la capacité de concentration diminue à mesure que les usages numériques, et l’utilisation des réseaux sociaux augmentent. Dans les classes et les amphithéâtres, cela devient un réel problème pour les professeurs. Les résultats ne sont donc que des approximations, forcément subjectives, parfois opportunistes ?


«Notre capacité d’attention est plus faible que celle du poisson rouge!» Le Dauphiné Libéré – 08 oct. 2017.

Ambition quand tu nous tiens !


signé : Georges Vallet

crédits photos : Modèle de lettre gratuit Les chiffres sont aux analystes ce que les lampadaires sont aux […] – Jean Dion

Évaluations de CP, CE1 et 6e : les effets de la crise sanitaire …https://www.franceinter.fr › éducation › évaluations-de-…
« Rebond » de l’école primaire : JM Blanquer en campagne sur …
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23 juil. 2021 — 2020-2021 : aggravation des inégalités … Elles montrent une légère baisse de niveau en français et en maths, ce qui n’est pas surprenant.

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Un commentaire

  • jean-françois de Lagausie

    Bonjour,
    Concernant les statistiques de l’enseignement français:
    Quand elles sont mauvaises je me désole
    Quand elles s’améliorent j’ai un doute

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