La folie des grandeurs

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Avez-vous remarqué que, dans la bouche de certains, le moindre événement, la moindre inauguration, la moindre réalisation, donne l’occasion d’user de superlatifs ? Ainsi le Bus à haut niveau de service est unique au monde , le cheval cabré le plus haut du monde, Pau est la ville la plus fréquentée par le Tour de France etc. Beaucoup, sans doute la majorité d’entre nous, finissent par ne plus trop croire à ces formulations qui, en vérité, n’ont d’autre objet que de vanter les mérites des responsables politiques plus que la ville elle-même.

Ces vantardises ne servent pas vraiment ceux qui en sont les auteurs ; elles sont proches de ce que l’on nomme la folie des grandeurs.

Ainsi le stade du Hameau qui a coûté au contribuable de Pau et de l’agglomération un investissement démesuré est prévu pour recevoir 18 324 spectateurs . L’expérience a démontré qu’il n’a jamais été totalement rempli. Son affluence record s’est élevée à 16 700 spectateurs. Et encore c’était à l’occasion d’un match de foot et non de rugby. On vous a bien caché ce détail.

Il en va de même pour le stade de foot nommé « Nouste camp » qui, lui, devrait en théorie contenir jusqu’à 4 031 places ; il n’a jamais rassemblé plus de 3 340 spectateurs.

Il s’est révélé, qu’à la différence de ce qui nous avait été annoncé lors de son inauguration, le cheval cabré du rond pont de l’hippodrome n’est pas le plus haut du monde. Le plus haut du monde selon ce qui a été établi par la suite se trouve à Denver. Nous n’avons pas constaté qu’un démenti avait été formulé.

Le bus à haut niveau de service qui devait révolutionner les transports urbains et qui, il faut le rappeler, a été qualifié d’unique au monde, peine à remplir les 125 places de chacun des véhicules. Mieux, les parkings relais continuent malgré les invitations à la fréquentation, à rester très en dessous de leur capacité. Mieux, encore à ce propos, l’électrolyseur chargé de produire de l’hydrogène est quasiment toujours en panne. On se garde bien de vous dire tout cela.

Dans cette même logique, il faut craindre que les futures réalisations qui vont encore coûter aux contribuables, seront qualifiées des mêmes termes élogieux : ainsi du Foirail, de la gare SNCF, de la galerie des antiquaires et brocanteurs et du quartier Saragosse.

Ces dépenses finissent par interroger. Nous venons d’apprendre que lors des derniers conseils communautaire et municipal, les taux des taxes foncières vont progresser comme jamais. Le taux de la taxe dite intercommunalité qui était de 1,00% en 2020 est passée à 2,00% en 2021 et sera de 4,00% en 2022 . Brillante progression. Le taux de la taxe de la commune qui était, fait exceptionnel, resté à 38,09% ces deux dernières années va atteindre les 40,00% en 2022. A titre personnel, je constate que, étant domicilié et propriétaire à Pau, le montant total des taxes foncières que je paie a progressé entre 2014 et 2021 de 11,90%. Bien plus que l’inflation. Pour être plus précis le taux de la taxe communale qui était en 2014, de 24,85% sera donc de 40,00% en 2022. Merci qui ?

Tandis que ces ponctions deviennent de plus en plus difficiles à accepter pour le contribuable moyen, on vous explique que cette progression ne représente que 88 € par an et que ce n’est pas grand chose ; qu’il s’agit d’une hausse mesurée pour les 40% de Palois qui paient les taxes foncières. Oui, vous avez bien lu, seulement 40% des Palois paient des impôts locaux. Ce qui permet à 60% des électeurs, d’être totalement insensibles à ces augmentations. Les politiques jouent donc sur du velours. Ils nous disent, – ô la belle formule !- que Pau doit continuer à investir pour son attractivité. On nous dit également que la crise sanitaire a privé la ville de ressources sans préciser qu’une pause dans les dépenses aurait pu être respectée pendant cette période.

Dans des articles précédents, j’avais fait un bilan (L’endettement de Pau – Pau en quelques chiffres – Pau la vérité en chiffres – Pau en chiffres) de la gestion de la ville. J’y disais entre autres que la dette de la ville durant le premier mandat de Bayrou avait progressé de 43,51% (Journal du net)*. Eh bien nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! L’équipe en place, qui décidément ose tout, affirme que notre dette est mesurée. Pourtant le ratio de désendettement qui était de 5 ans en 2020 est maintenant passé à plus 6 ans. Se consoler en disant que la durée moyenne nationale de durée de désendettement est de 7,5 ans est tout simplement malhonnête. Augmenter la dette d’une ville dans de telles proportions ne témoigne pas d’une bonne gestion.

Ces dépenses qui ne cessent d’augmenter ont et auront bien évidemment une répercussion sur les taxes foncières. Lorsque l’on est retraité on le ressent d’autant plus durement que son pouvoir d’achat est en forte baisse. Alors ces dépenses dont l’utilité est contestable et qui n’ont d’autre but que de servir la gloire des élus, ne peuvent plus maintenant être acceptées.

Pau, le 6 décembre 2021

par Joël Braud

* On peut également citer le chiffre de 46,20% selon le CEDEF Centre de Documentation Économies Finances – Est également cité le chiffre de 60% selon l’IFRAP, Le Point n° 2474 du 23.1.2020.

https://alternatives-pyrenees.com/2020/02/03/pau-en-chiffres/

https://alternatives-pyrenees.com/2021/05/10/lendettement-de-pau/

https://alternatives-pyrenees.com/2020/03/09/pau-la-verite-en-chiffres/

https://alternatives-pyrenees.com/2018/07/03/pau-en-quelques-chiffres/

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6 commentaires

  • / LGV : les élus Basques plus raisonnables que les élus Béarnais ?!?

    ① Article « Financement de la LGV Sud-Ouest : c’est « non » pour les élus de l’Agglomération Pays basque » : par CB, publié le 18/12/2021
    Source : site web de « France 3 Nouvelle-Aquitaine » (Bayonne . Pyrénées-Atlantiques . Nouvelle-Aquitaine)

    Chapeau de l’article : « Après trois heures de débats, les élus des 158 communes de la Communauté d’Agglomération du Pays basque ont voté contre le projet de Ligne Grande Vitesse au Sud de Bordeaux, qui comporte le tronçon Bordeaux-Dax, dont le coût s’élève à plus de 14 milliards au total. »
    URL : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/bayonne/financement-de-la-lgv-sud-ouest-c-est-non-pour-les-elus-de-l-agglomeration-pays-basque-2384383.html

    ② Article « LGV : Bayrou tacle Hurmic et « ceux qui ne veulent plus de gens qui viennent d’ailleurs » » : par Gabriel Blaise, publié le 17/12/2021.
    Nota : voir aussi en page 21 (Pau et agglo) de l’édition papier du samedi 18 décembre 2021
    Source : site web du journal « Sud-Ouest » (Pyrénées-Atlantiques Pau)

    Chapeau de l’article : « Jeudi 16 décembre, en conseil communautaire, les élus de l’Agglo paloise ont voté une participation de 53 millions d’euros pour le projet de LGV. Le président François Bayrou a insisté sur les conditions de cet engagement et taclé sans le nommer le maire de Bordeaux »

    Courts extraits : page 21
    1,33 million par an sur 40 ans
    « Le montant de la contribution paloise, 53 millions d’euros sur une période de 40 ans, plus un prélèvement fiscal au profit de l’établissement public local à hauteur de 22,7 millions, a fait l’objet d’intenses échanges lors du conseil communautaire, jusqu’au vote (4 contre, 2 abstentions).
    François Bayrou a pris grand soin de souligner les conditions de cet accord : un gain de temps minimal de 20 minutes jusqu’à Bordeaux, la modernisation de la ligne actuelle entre Dax et Pau, le financement uniquement quand les travaux débuteront et… l’approbation par les autres collectivités mentionnées dans le plan de financement de leur propre contribution. »
    URL : https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/pau/lgv-bayrou-tacle-hurmic-et-ceux-qui-ne-veulent-plus-de-gens-qui-viennent-d-ailleurs-7385353.php

    ③ Article « Votre ville sera-t-elle soumise à la taxe LGV ? Vérifiez-le avec notre moteur de recherche » : par Frédéric Sallet, publié le 16/12/2021)
    Source : site web du journal « Sud-Ouest »

    Chapeau de l’article : « Une simulation inédite de la rédaction de « Sud Ouest » révèle la liste des 3 300 communes dont les contribuables pourraient être soumis à la nouvelle taxe de financement de la LGV Bordeaux-Dax-Toulouse. »
    URL : https://www.sudouest.fr/economie/lgv/votre-ville-sera-t-elle-soumise-a-la-taxe-lgv-verifiez-le-avec-notre-moteur-de-recherche-7258937.php

    Humble avis / « un gain de temps minimal de 20 minutes jusqu’à Bordeaux… » pour un montant de la contribution paloise (53 millions d’euros) me laisse dubitatif et ne me semble pas se justifier, mais je peux me tromper…

    Contribuables Palois et de l’agglomération de Pau : ne vous étonnez pas si les impôts locaux seront en constante augmentation pour les années à venir… ;-( ;-( ;-(

  • Autre folie des grands mots : nous avons aussi « la plus belle piste cyclable du monde » affirmait sans complexe François Bayrou lors de la ré-ouverture de la place d’Espagne. Or hier après-midi il était impossible de pédaler sur ladite piste cyclable, une bande bien riquiqui de 2 mètres partagée avec les piétons. Le boulevard était noir de monde, la foule compacte, les promeneurs à l’étroit sur l’espace trottoir/piste obligés de déborder sur la chaussée automobile. Heureux de profiter du soleil et du panorama. Furieux que, dans un site aussi emblématique, dans un contexte aussi favorable aux mobilités douces, la voiture y conserve encore en 2021 un sens de circulation et une file de places de parking. Sur le boulevard comme ailleurs, quelques possédants bien en cour parviennent à faire capoter les avancées urbanistiques évidentes que les Palois attendent impatiemment.

  • Pour évaluer le sérieux du suivi des projets, on ne peut que constater le non fonctionnement de la production d’hydrogène (électrolyseur). On pourrait être indulgent pour la période de rodage à la mise en service d’une installation, mais l’agitation qu’avait faite notre maire au sujet de la température des dalles du stade nautique n’incite pas à l’indulgence, d’autant moins que près de dix ans après la mise en service du stade nautique elle n’est toujours pas maitrisée. On peut craindre le pire sur les pertes du réseau de chaleur urbain, sur son approvisionnement en énergie verte, sur la méthanisation des boues, sur la méthanation et sur l’électrolyseur….

    • L’ électrolyseur semble ronronner à nouveau depuis une douzaines de jours, ce qui n’enlève rien à sa cure de sommeil pour « maintenance » ( selon la formule officielle de la communication municipale lue dans les journaux ) qui aura duré près de 9 mois.

      Dans ma fonction d’élu, j’avais activement protesté et dénoncé cette erreur d’investir dans une technologie particulièrement onéreuse et peu fiable en 2017 . Quand on gère une collectivité territoriale, il est préférable de ne pas essuyer les plâtres .
      J’observe que 4 ans après, selon quelques dépêches économiques lues ici et là, un électrolyseur en capacité de produire 800 Kg / jour coûterait 2 fois moins cher aujourd’hui que cette station à 4,5 M€ aux multiples déboires qui a une capacité de 368 kg / jour quand elle fonctionne .
      J’observe aussi que les 900 000 € attribués par la Région en 2017, au titre des panneaux photovoltaïques , censés verdir le dispositif d’apport en électricité n’a fait l’objet d’aucune réalisation. Qui s’en préoccupe ? Personne manifestement !

      • Pour info positive et en complément :

        Ces panneaux solaires pourraient révolutionner la production d’hydrogène

        https://www.h2-mobile.fr/actus/panneaux-solaires-revolutionner-production-hydrogene/

        Voilà un process plus logique que la multiplication frénétique des électrolyseurs programée en pleine difficulté de production électrique par notre vieux parc nucléaire Français . Au moins là, la chaîne énergétique hydrogène ne dilapiderai pas des milliers de MWh que nous n’avons déjà pas suffisamment .

        • Utiliser le vecteur hydrogène , c’est dilapider l’énergie. Son efficacité énergétique est faible(<30%) et ne doit être réservée qu'aux utilisations où l'intermittence d'un accès au réseau électrique n'est pas acceptable.
          Le bus électrique de Bayonne , avec rechargement en bout de ligne, est bien plus efficace qu'un bus à hydrogène, même champion de monde.

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