La campagne présidentielle

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Rien n’indique clairement que cette campagne électorale pour l’élection du président de la République passionne les foules. À part la presse, surtout nationale d’ailleurs, on en parle peu avec les relations que l’on peut avoir. Les débats sur les idées de fond, sur les programmes sont dépourvus d’intérêt et souvent ce sont les poncifs qui tiennent la rampe en lieu et place des idées novatrices.

Alors en bon Français, soucieux de garder cet esprit gaulois qui alimente la polémique, on s’attache aux apparences. Et celles-ci sont nombreuses.

Récemment au parlement européen de Strasbourg, le président de la République française, chargé de la présidence du conseil de l’Europe (vous suivez ?) a pris la parole en public pour définir quelques orientations de sa nouvelle fonction. Et aussitôt, deux députés européens, dont l’un est lui-même candidat à la présidence de la République française, lui a répondu. Il a développé des arguments qui n’avaient rien à voir avec l’Europe mais qui étaient tous orientés vers le débat électoral français. Puis un autre député européen s’est affiché dans la même démarche avec, comme seul axe la campagne présidentielle française. Au point que la présidente du parlement, Mme Roberta Metsol a montré quelques signes d’agacement. Mais enfin, qui sommes-nous, nous les Français, pour croire que nos querelles internes, nos débats politiques, peuvent ainsi concerner l’Europe, au point d’en faire un centre d’intérêt ? Nous sommes souvent décrits par les pays étrangers comme des donneurs de leçon, sûrs d’eux ; hé bien en voici la regrettable démonstration !

L’autre aspect de la vie politique française, ne tient pas seulement à cette campagne électorale pour l’élection du président de la République française. En coulisse il se passe des choses qui sont loin d’être anodines et, comme toujours, c’est là que se trame l’essentiel. Vous le savez sans doute, il faudra au futur président disposer d’une majorité absolue à l’assemblée nationale. En chiffre cela donne 289 députés. Les élections législatives suivront de près la présidentielle. Comme il y a plusieurs partis pour soutenir la candidature du président sortant, (qui n’a pas fait connaître sa candidature) il convient que ceux-ci s’accordent sur les investitures accordées aux candidats des différentes formations. Et là attention, la belle unité affichée va fondre comme neige au soleil. C’est à celui qui pourra présenter le plus grand nombre de candidats de son parti sans qu’un autre vienne marcher sur ses plates-bandes. On sait qu’en plus du LREM, dont le délégué général est Christophe Guérini, il y a Horizons d’Édouard Philippe et le MoDem de François Bayrou. Imaginez un peu que Horizons vienne chasser sur les terres du MoDem ou que, en raison d’un climat qui se détériore, ce soit LREM qui n’accepte pas le partage des investitures sur les différentes circonscriptions. Quel embrouillamini ! Et pourtant à en juger par l’attitude de certain (voir lien, Gala) on est pas très loin de tensions incontournables. Les négociations actuelles pour les élections législatives battent leur plein.

Soyons conscients qu’ailleurs chez les autres candidats, ce n’est pas plus brillant.

Mais pour revenir à l’élection présidentielle d’avril prochain, je mets au défi quiconque lira cet article, de dire, comme ça, ex abrupto combien il y a de candidats tant déclarés, que putatifs. Parce qu’ il y a ceux qui ont obtenu les cinq cents signatures, ceux qui ne les ont pas obtenues et ceux qui tardent à se déclarer. Alors, nous, pauvres électeurs, devrons choisir et il ne faudra que très peu se référer au débat d’idées. Vous avez bien compris que l’intérêt général passe après bien d’autres considérations moins honorables.

Pau, le 24 janvier 2022

par Joël Braud

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/vous-etes-radin-elizabeth-martichoux-cash-face-a-francois-bayrou_485344

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5 commentaires

  • Pitié ne revenons pas à la IV° république et ses combinaisons de partis. La V° n’est pas parfaite mais elle a apporté une certaine stabilité que nous envie l’Italie.

  • Hier au soir le débat Zemmour / Mélenchon nous a donné un petit aperçu de ce que pourrait être l’ avenir du pays si l’ un entre eux était élu. Seul le Président a été attentif à leurs propos en se frottant les mains de voir qu’ ils font son travail à sa place, sans avoir à subir la moindre des conséquences. Totalement pitoyable de voir des personnages se disant éligibles au poste de président de la république se comporter de cette façon. Ne nous étonnons pas que l’ abstention soit au niveau qu’ il est chez nous. Ce n’ est pas ce genre de débat qui va ramener
    l’ électorat dans l’ isoloir.

  • Rien n’indique clairement que cette campagne électorale pour l’élection du président de la République passionne les foules.

    Mais tient’on du coté politique, surtout du coté des partis de la majorité, que les foules soient passionnées par cette élection? Pour ma part je ne le pense pas, j’ ai même plutôt l’ impression que l’ on fait tout pour éloigner
    l’ électorat de cette élection. L’ entre soi est pratiqué comme il ne l’ a jamais été. Seuls ceux qui sont sûrs de faire autour de 5% parlent en leur âme et conscience et pas toujours encore pour certains d’ entre eux.
    Emmanuel Macron va se déclarer le plus tard possible, afin qu’ il ne puisse y avoir de vrai débat démocratique.
    Seules les questions de peu d’ intérêt sont abordées, mais surtout pas les questions de fond qui vont commander nôtre avenir proche de la prochaine mandature. Quant à l’ avenir plus lointain, il sera renvoyé aux calendes grecques tellement nos dirigeants dirigent le pays au temps limité d’ une mandature. Emmanuel Macron est
    en train de nous spolier le droit de débat démocratique. Dans le cadre d’ une élection présidentielle le débat ne peut être qu’ entre le Président et l’ électorat et non entre l’ électorat et la pléthore de candidats qui vont faire autour de 5%, sans pouvoir agir sur l’ avenir du pays. Cela n’ est que du débat en trompe l’ oeil dont le Président raffole. Ce qui lui permet de ne pas prendre des coups et d’ être blanc comme neige.

  • « débats sur les idées de fond, sur les programmes, sont dépourvus d’intérêt et souvent ce sont les poncifs qui tiennent la rampe en lieu et place des idées novatrices. »

    Débats sur les idées de fond, effectivement, aucun; motus et bouche cousue sur l’essentiel, la catastrophe environnementale devenant catastrophe sociale et économique. D’ailleurs ce n’est pas leur programme que les ténors veulent défendre, c’est la conquête du pouvoir, quoi qu’il en coûte pour leur sincérité, convictions, fidélité aux engagements; c’est l’opportunisme. D’ailleurs, pour beaucoup d’électeurs, propos tenus à C dans l’Air, et c’est le drame, le vote se portera sur le plus beau, la plus belle, le meilleur costume, celui qui parle bien! Dans les émissions de télé, les médias épluchent les petites phrases prononcées, à droite ou à gauche , au sens propre comme au sens figuré!, la place dans les sondages et les supputations des chances des uns et des autres; Ce n’est pas une bataille d’idées mais de personnes!

    «Et aussitôt, deux députés européens, dont l’un est lui-même candidat à la présidence de la République française, lui a répondu. Il a développé des arguments qui n’avaient rien à voir avec l’Europe mais qui étaient tous orientés vers le débat électoral français.»
    Je n’ai pas la même approche.
    * Les problèmes que rencontre l’Europe sont, pour une grande partie, aussi, des problèmes français et inversement; en dépit de quelques passages plus axés peut-être sur la spécificité française; la plupart des propos avaient un rapport avec l’Europe.
    Est-ce hors du sujet européen de:
    +Parler du réchauffement climatique, des mégafeux, canicules, inondations, sécheresses…
    +Parler de l’alliance climaticide avec la Pologne et la Hongrie : promouvoir le gaz fossile pour sauver le nucléaire de sa faillite inéluctable.
    + de dire que notre Europe sera toujours celle de la responsabilité, de l’avenir, de la jeunesse, de l’innovation, celle de la vie, de la dignité, de la justice et des libertés. «Je fais le vœu, Monsieur le Président, que c’est cette Europe-là qui inspirera votre Présidence de l’Union.»
    +Si l’Europe le décide enfin, elle peut être une extraordinaire opportunité pour redonner du sens à notre économie, pour innover, créer des emplois de qualité, aménager durablement nos territoires, reconstruire une société juste, solidaire, bienveillante et démocratique.
    Quand on s’adresse au Président du parlement européen, il ne semble pas déplacé d’évoquer les idées et actions que ce Président a mené dans son propre pays puisque c’est l’orientation qu’il mènera au parlement, ce dont certains eurodéputés s’inquiètent.
    Sa conclusion me semble dans le sujet quand, député européen, il dit « Notre Europe ne sera jamais la vôtre, celle du renoncement climatique, celle du glyphosate, celle de la circulation sans entrave des biens, des services et de la finance, mais des murs, des barbelés, comme en Pologne, des miradors et des humiliations pour les femmes et les hommes. »

    En ce qui concerne, l’appréciation des interventions, il est curieux de constater qu’on reproche à Jadot d’avoir parlé de la France et pas de l’Europe au Parlement et, dans l’émission sur l’Europe de Caroline Roux, dimanche soir, il lui a été reproché de ne parler que de l’Europe!
    Serait-ce la preuve que les problèmes individualistes des uns sont aussi ceux de la collectivité des autres!

    *Imaginez un peu que Horizons vienne chasser sur les terres du MoDem ou que, en raison d’un climat qui se détériore…
    Deux réponses titillantes:`

    +une humoristique, effectivement, toutes ces tendances expliquent le réchauffement climatique!
    + Une autre plus sérieuse; je croyais que le mode électoral actuel empêchait les luttes d’influence allant jusqu’à la rupture possible des alliances.

    • Dans son discours devant le parlement Européen, le mercredi 19 janvier 2022 Yannick Jadot, candidat écologiste à l’élection présidentielle, a étrillé le président Emmanuel Macron. Son discours avait des accents de joute de campagne électorale franco-française. Cela lui a valu des rappels à l’ordre d’autres eurodéputés. Il est vrai qu’il s’est adressé uniquement à Emmanuel Macron en lui rappelant qu’il est président de la France depuis 5 ans et qu’il est comptable devant le citoyens. Il lui a dit entre autres : »Vous êtes le président de l’inaction climatique ». Ensuite, il a évoqué la situation des migrants à Calais.
      Alors que l’on soit d’accord avec Jadot ou pas, n’est pas le sujet, mais il faut reconnaître qu’il a été dans l’attitude de celui qui, en polémiquant avec Macron a exporté sur les bancs du parlement européen le débat qui anime actuellement la campagne électorale pour la présidence de la République française. Jadot, il n’est pas nécessaire de le rappeler, brigue la présidence de la République française. Même si Macron ne s’est pas encore déclaré, il est dans la position du challenger.
      Vous revenez sur le mode électoral en ne disant pas qu’à plusieurs reprise vous avez fait connaître votre préférence pour des législatives à la proportionnelle. Alors c’est vrai que ce à quoi nous assistons actuellement ressemble fort à ce qui se passait sous la quatrième république avec des accords en sous-mains, des arrangements d’arrière cuisine. Ce ne serait pas mieux, loin de là, avec la proportionnelle car le nombre des partis en lice serait encore plus grand. Mais c’est une constante des politiques de petite dimension de jouer à ces jeux d’influence uniquement orientés vers les personnes et les structures politiques et ignorant totalement l’intérêt général.

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