Petites scènes de la vie quotidienne (1)

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C’est comme si l’évidence leur était étrangère, croisée un jour de grande influence. Puis rien, un regard fuyant. Comme si elle était un mauvais rêve qu’une journée ensoleillée faisait disparaître. L’autre jour, longeant un des bas-côtés de la route menant au Bòsc d’Arròs (elle venait d’être fauchée), j’ai ramassé un nombre considérable de déchets plastique. Ils avaient été sans doute lancés depuis des voitures qui y passent à vive allure —j’ai craint, à maintes reprises, d’y être heurté — ou lors de déambulations campagnardes ou sylvestres : des chercheurs de champignons, peut-être ? Gobelets, emballages de « fast foods » bien connus, papiers gras, bouteilles de soda américain. J’en passe des plus remarquables ! Certains avaient été déchiquetés par l’engin de nettoyage départemental ; d’autres jetés, un peu plus loin, à l’orée du bois, étaient intacts. Le spectacle récurrent de l’insolence citoyenne qui ne cesse, hélas, de croître. Il ne se passe pas un seul jour sans que je rencontre en ville ou à la campagne ce phénomène. Il n’est de voir les résultats sidérants des crues de nos gaves pour s’en convaincre lorsque s’accumulent, sur leurs berges, les amas significatifs de ces incivilités. Oui, ceux et celles d’entre nous qui jettent, les yeux fermés, ce qu’ils ne veulent pas déposer dans les containers prévus à cet effet, refusent l’évidence de leur pollution volontaire.

Emmanuel Valenti

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