Un renouveau de l’action collective ?

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Je laisse à Paul Itaulog et d’autres le soin de commenter le vent nouveau qui souffle sur l’Europe en matière de décision collective. Voir la Suisse se défaire un peu de sa neutralité n’est pas rien! Mais je vous invite à porter votre regard sur des témoignages de vie collective qui contrastent avec ce qui semblait s’implanter dans nos vies : l’individualisme. Les porches de nos églises, et parfois des arches ou un auvent comme à Sainte Marie de Campan ou à Oia invitaient à des discussions prolongées à l’abri. Ces jours-ci, des gens se mobilisent pour envoyer de l’aide aux réfugiés ou déplacés ukrainiens et cela fait chaud au coeur. Il reste bien d’autres actions nouvelles ou à entreprendre, grandes ou petites.

Parmi celles-ci figure un effort pour réduire notre dépendance au gaz et au pétrole. Notre dépendance au gaz russe n’est que de 17%. Ce n’est pas énorme! Certes, d’autres pays européens sont plus dépendants. Raison de plus pour réduire notre consommation énergétique et la rééquilibrer vers des ressources renouvelables.

Autour des villes qui se sont vidées pour un habitat dispersé dans la campagne, un nouveau covoiturage doit s’organiser afin que les déplacements quotidiens, souvent aux mêmes heures, soient moins coûteux et plus respectueux de l’environnement. Ils seraient sans doute plus chaleureux et moins chronophages que ces embouteillages aux heures de pointe.

Toujours dans le domaine de l’énergie, j’ai vu dans un petit village du Mercantour ne possédant qu’une seule épicerie-bar-restaurant une station de recharge pour voitures électriques. Et je m’interroge sur l’intérêt de se regrouper pour produire et stocker l’électricité. En produire n’est pas un problème et bien des agriculteurs possédant un vaste hangar, ou en construisant un, ont franchi le pas. Jusque dans des hameaux isolés du Lavédan que l’on croyait figés dans le passé et isolés du monde.

Mais stocker l’électricité ne parait pas si simple. Pour compléter ce que j’écrivais dans ma chronique « Roulez au soleil ! » voici la grille de tarifs mensuels proposés par un fournisseur de panneaux photovoltaïques pour un stockage virtuel (*):

100kwh 15€, 300 kwh 24€, 600 kwh 30€, 900kwh 35€, 1200 kwh 40€, 1800 kwh 50€.

Vous pouvez constater une dégressivité impressionnante : le kwh passe ainsi de 15 centimes à 2,77 centimes d’un usage individuel (pour une production correspondant à environ 8 panneaux de 1,7m2 facilement logeables sur une toiture) à une production bien plus conséquente qui ne peut être que collective ou professionnelle.

Ne serait-il pas temps que le législateur permette des regroupements favorisant une production électrique utilisable à tout moment, renouvelable, non polluante et nous donnant une indépendance énergétique?

Jean-Paul Penot

(*) Une autre entreprise française propose un tarif de l’ordre de 3 euros mensuels pour le stockage de la production d’une installation de 3 kwhc, et 6 euros pour une

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Un commentaire

  • A Pau , dans des zones éloignées de bâtiments remarquables, le plan local d’urbanisme interdit les panneaux photovoltaïques superposés à la toiture, ils doivent être intégrés à celle-ci.
    En conséquence ils ne sont plus refroidis, leur rendement s’effondre, l’étanchéité de la toiture devient douteuse et donc les installateurs déconseillent cet investissement. Résultat, de nombreux quartiers sont dépourvus de panneaux, les règles d’urbanisme ont engendré une interdiction pratique.
    Mais Pau va candidater aux 100 villes européennes neutres pour le climat…

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