Faut-il investir dans le nucléaire, ou dans les industries renouvelables ?

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Après la diffusion sur Arte le 29 mars 2022 du film documentaire de Ghislaine Buffard Nucléaire : une solution pour la planète ? et au vu des menaces que l’invasion russe fait peser sur la sécurité des centrales nucléaires ukrainiennes, peut-on encore douter des dangers multiformes de l’énergie nucléaire ?  Peut-on oublier, en particulier, le problème non résolu de l’élimination des déchets nucléaires qui s’accumulent de façon inquiétante, les dangers d’accidents imprévisibles (cf., entre autres, Tchernobyl et Fukushima, qui va bientôt devoir rejeter ses déchets en mer), le gouffre sans fond du financement des EPR, le coût exorbitant du démantèlement des centrales arrivées en fin de vie…

L’argument de l’urgence climatique a été détourné par la plupart des candidats à l’élection présidentielle française, et en particulier par le président-candidat : tous oublient de nous dire que l’investissement qu’ils prônent pour le nucléaire ne sera opérationnel, du point de vue de la décarbonation de l’atmosphère, que dans 15, 20 ou 40 ans – alors que la construction d’éoliennes et de parcs solaires peut commencer très rapidement, avec des résultats rapidement bénéfiques. Ils oublient aussi de nous dire que, même si pendant quelque temps encore on ne peut pas se passer des installations nucléaires existantes, les énergies renouvelables sont les solutions de l’avenir, à condition que l’on cesse d’investir sur le nucléaire pour investir massivement sur les éoliennes en mer (y compris peut-être sur les éoliennes flottantes), sur le photovoltaïque, sur le développement des moyens de stockage de l’énergie par l’hydrogène (pour pallier l’intermittence de l’éolien et du solaire quand il n’y a pas de vent ou pas de soleil), sur l’isolation des habitations…

Comment les anti-énergie nucléaire peuvent-ils faire entendre leurs voix dans ce pays ?

Paul Larreya

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18 commentaires

  • FAUT-IL INVESTIR DANS LE NUCLÉAIRE, OU DANS LES INDUSTRIES RENOUVELABLES ? LES DEUX MON GENERAL !
    C’est tellement évident….

    • Non, ce n’est pas évident. Il faut dès maintenant, comme le font d’autres pays, et pour des résultats rapides, investir MASSIVEMENT dans les énergies renouvelables, et pour cela (parce qu’on ne peut pas faire les deux) cesser d’engloutir des sommes colossales dans les EPR (gouffres financiers sans fond, en plus du danger d’accidents, de sabotages ou d’attaques, et en plus du caractère ingérable des déchets, etc.) et dans les « mini-centrales du futur », qui seront producteurs d’énergie dans seulement 20 ans ou plus et donc ne sont en rien la solution contre l’urgence climatique.

      • Michel LACANETTE.

        ….. » comme le font d’autres pays, et pour des résultats rapides, investir MASSIVEMENT dans les énergies renouvelables, »
        Tour à fait d’ accord avec votre commentaire, mais à la condition qu’ en parallèle soit menée une véritable politique d’ économie d’ énergie, liée à un plan d’ abandon progressif des centrales nucléaires actuelles, car trop dangereuses en » vies  » et au delà avec les déchets générés. Sans quoi comme aujourd’ hui on risquera des coupures d’ électricité, si l’ on persiste à marche forcée, dans le  » tout électrique » . Cela doit être la solution de transition entre maintenant et l’ hypothétique arrivée d’ ITER que nous promet la bien pensance.
        Investir aujourd’ hui dans les énergies renouvelables, quel que soit le futur énergétique, ne sera pas une mauvaise opération, car on ne pourra jamais, question de dépendance, dépendre d’ un seul type d’ énergie.
        Voir ce qui se passe actuellement avec notre dépendance au gaz.

  • Michel LACANETTE.

    Réponse au commentaire de Mr Pierre-Michel Vidal du 1er Avril 21h00.

    Tout à fait d’ accord avec votre commentaire. Le monde Occidental qui a pu profiter des matières premières à faible coût des pays du tiers-monde pour faire sa révolution industrielle, se doit aujourd’ hui de faire profiter ces pays de nos technologies avancées en matière d’ environnement, d’ agriculture et d’ énergie, afin qu’ ils sortent de leur retard. Cela ne sera qu’ un juste retour, qui peut être nous sauvera de la surpopulation source de tous nos problèmes. Au même titre que nous avons dépouillé ces pays de leurs objets culturels, on se doit de les leur retourner avec nos technologies si l’ on ne veut pas demeurer les éternels colonialistes pilleurs de richesses.
    Il en va de notre crédibilité et de l’ avenir de nos générations futures. Sans quoi les Chinois déjà en place, nous chasseront sans préjugés définitivement de ces pays.

  • Cet hiver, alors qu’il y avait 15 générateurs nucléaires à l’arrêt pour des raisons d’entretiens, les industries de l’aluminium ont dû se mettre à l’arrêt quelques jours, pour compenser un manque d’électricité pour des besoins domestiques. Des salariés ont été mis au chômage technique payés par l’état. C’est assez invraisemblable, alors que nos rues et nos avenues étaient éclairées. Pourquoi nos élus ne se sont pas portés volontaires pour couper ces éclairages publiques un instant inutiles ?

    • Pierre-Michel Vidal

      Un des souhaits majeurs des citoyens -à tort ou à raison- c’est la sécurité. C’est le souhait des plus faibles et des plus âgés, il est compréhensible, cela passe évidemment par l’éclairage des rues. Ou alors il faut imposer le couvre-feu…

  • Que du bon sens. Merci d’avoir redéfinis les dangers énormes, les dépenses énormes, la folie pour le futur.
    Contrairement à ce que certain pense le lobbying actuel c’est plutôt le pouvoir en place; on n’entend qu’eux en ce moment!
    Le nucléaire est la mort programmée pour pouvoir continuer l’hyper consumérisme. Faire payer des milliards aux contribuables cela ne les dérangerait-il pas la majorité des Français? Pas sûr!. Parlons aussi des profits et du dégagement de CO2 réalisés par quelques uns pour la réalisation et l’entretien des centrales !
    Il n’y a pas d’énergies propres mais il y en a de plus ou moins sales. L’éolien et le solaire en font partie!

    Le nucléaire ou la bougie? C’est là qu’est l’hypocrisie et le déni de réalité. deux maladies de la société de consommation. Après moi le déluge; la jeunesse?. Peu importe!, tel est le raisonnement car on se moque des descendants, de l’égoïsme!
    Un peu de sobriété énergétique, un peu moins de lumière gaspillée toute le nuit, des subventions à la recherche, pour « le grand remplacement », à la hauteur de celles données pour financer la mort et un avenir « raisonnable »est possible!

  • Pierre-Michel Vidal

    « Comment les anti-énergie nucléaire peuvent-ils faire entendre leurs voix dans ce pays ? » dites-vous, pourtant on entend qu’eux. Ce sont les rois du lobbying par la voix des permanents grassement appointés de Greenpeace et par leurs relais dans les médias de tous poils.
    L’indépendance énergétique est un impératif dans le monde où nous vivons et cela passe par le nucléaire, le solaire et l’éolien -très polluants aussi- ne peuvent être ques des énergies d’appoint. Il n’y a pas d’énergie propre en soi et si vous voulez revenir à la bougie libre à vous mais sans moi (et sans la majorité des français).
    Stop à l’hypocrisie et au déni de réalité deux maladies bien françaises.

    • Sur « on n’entend qu’eux », pas d’accord. Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler d’un « renouveau » du nucléaire ou de l’intérêt pour le nucléaire. Mais je trouve très bien que votre opinion soit représentée sur Altpy. Mais aussi : finalement, quelle est votre opinion sur les déchets nucléaires ?

      • Pierre-Michel Vidal

        Puisque vous me le demandez avec courtoisie, je vous réponds: Mon opinion sur les déchets nucléaires est la même que celle sur les terrils laissés en l’état, sur les morceaux entiers d’éoliennes qui rouillent dans les plaines espagnoles ou sur les navires pétroliers qui provoquent des marées noires : il faut tout faire pour résoudre ces nuisances. On n’éliminera jamais le risque mais il faut se donner les moyens d’en faire un risque « théorique ». Cela veut dire que les intérêts mercantiles ne doivent pas prévaloir sur les impératifs sécuritaires. C’est une question politique et non pas scientifique. Malgré tout le lobbying anti dont on voit les conséquences stratégiques dramatiques aujourd’hui, le nucléaire est la moins polluante des énergies et surtout elle nous donne une indépendance énergétique indispensable pour nous et nos enfants qui veulent vivre dans un pays libre.
        Pour qui roule le lobby antinucléaire? C’est la question qu’il faut se poser. L’actualité devrait nous faire réfléchir…

        • Michel LACANETTE.

          …….le nucléaire est la moins polluante des énergies et surtout elle nous donne une indépendance énergétique indispensable pour nous et nos enfants qui veulent vivre dans un pays libre.

          Soyons sérieux, l’ énergie nucléaire n’ est pas la moins polluante loin de là. Surtout elle est la plus polluante le plus longtemps avec les déchets à longue durée de vie, plusieurs centaines de milliers
          d’ années.
          La soi-disant indépendance énergétique dont vous parlez est un leurre. Notre dépendance est aux deux bouts du process. N’ oublions pas que l’ uranium qui alimente les centrales provient de pays à risques et même à haut risques pour certains, notamment la Russie. Mais également nous sommes à la merci de voir les centrales bombardées en cas de conflit, pour preuve, voir le coup de semonce qu’a donné Poutine en bombardant la défunte centrale de Tchernobyl et en la privant d’ alimentation électrique. Où y irons nous et que ferrions nous si par cas une seule centrale nucléaire française était bombardée? Je vous laisse apporter la réponse. Moins il y aura de centrales nucléaires, plus nous serons indépendants. Ne renions pas le nucléaire, mais quittons le le plus rapidement possible, surtout dans sa forme actuelle qui génère des déchets non dégradables, à moins que ITER soit une réponse future. Actuellement, il ne représente qu’ environ 3% de l’ énergie consommée dans le monde. Les économies d’ énergies sont tout à fait capables de compenser cela.

          • Pierre-Michel Vidal

            « Ne renions pas le nucléaire, mais quittons le le plus rapidement possible, surtout dans sa forme actuelle qui génère des déchets non dégradables, à moins que ITER soit une réponse future ». Tout à fait d’accord. C’est le principe de réalité qui prévaudra de toute façon.
            Quand aux économies d’énergie d’accord aussi si elles concernent les plus aisés des pays les plus riches. Pas sur les épaules de ces gens modestes que l’on ne cesse de stigmatiser.

        • En complément du bon sens de Michel Lacanette

          * »le nucléaire est la moins polluante des énergies »
          Un complément de connaissances scientifiques ne serait pas inutile avant d’avancer une telle affirmation.

          L’usine d’Orano Malvési, transforme de l’uranium naturel, au nord de Narbonne; à distance respectable du site, on relève des taux anormaux de pollution radioactive importants..nappe phréatique, écorce des arbres…
          Serait-ce bon pour nos enfants qui y vivent?

          * « et surtout elle nous donne une indépendance énergétique indispensable pour nous et nos enfants qui veulent vivre dans un pays libre. »

          Comment peut-on imaginer que les déchets irradiants, les risques d’explosions ‘Tchernobyl, Fukushima » soient bons pour nos enfants!

          * »Les intérêts mercantiles ne doivent pas prévaloir sur les impératifs sécuritaires »

          C’est justement ce qui se passe actuellement!

          * »Pour qui roule le lobby antinucléaire? C’est la question qu’il faut se poser. »

          Pour qui roule le lobby nucléaire? C’est la question qu’il faut se poser.

          * »Mon opinion sur les déchets nucléaires est la même que celle sur les terrils laissés en l’état, sur les morceaux entiers d’éoliennes qui rouillent,.. »
          Des déchets d’éoliennes et des déchets radioactifs n’ont rien de comparables!
          * »il faut tout faire pour résoudre ces nuisances. »

          y’a qu’à « , et on y va! Et en attendant?

          * »On n’éliminera jamais le risque  »

          En effet, à ma connaissance, les centrales ne sont pas résistantes à une attaque nucléaire, n’ont pas des boucliers anti-missiles, anti-drones, anti-chute d’appareils télé commandés, anti cyber -attaques….Elles ne peuvent pas fonctionner sans eau de refroidissement (sécheresses, canicules de plus en plus réalisables et même réalisées…)

          * « il faut se donner les moyens d’en faire un risque « théorique ».
          Et en attendant il y a les risques non théoriques!

          • Pierre-Michel Vidal

            « Et en attendant il y a les risques non théoriques! » C’est exactement ce que je dis mais la vie est faite de risques: la voitures, le ski, la montagne, les voyages, etc. Il ne faut renoncer à rien mais réduire les risques car obsession très contemporaine du risque zéro empêche tous progrès de l’espèce.

  • Vous avez oublié la production d’électricité en bio mass avec les methaniseurs . La France produit 1,31% de son électricité soit 856MW. L’Allemagne 6,77% soit 5,02GW.
    Pourquoi a t elle un tel retard?

    20% du gaz provient de Russie alors que nous pourrions en produire sur place avec nos agriculteurs.

    Manque de volonté politique et d’ambitions ?
    Où est le respect de notre constitution ?

    • La production de biogaz n’est qu’un substitut des élevages industriels et ne peut être qu’un dépannage en attendant une autre agriculture. Remplacer du CO2 par du méthane, pas terrible!

    • « Vous avez oublié la production d’électricité en bio mass avec les méthaniseurs . La France produit 1,31% de son électricité soit 856MW. L’Allemagne 6,77% soit 5,02GW »

      Une explication à cette différence serait qu’en Allemagne les cultures à destination de la méthanisation (maïs par exemple) a été encouragée alors qu’en France la priorité est restée aux cultures destinées à l’alimentation. La méthanisation a surtout concerné des déchets (lisiers d’élevages par exemple comme le précise M. Vallet).

      Au final, la production de biogaz est plus élevée en Allemagne qu’en France mais en plus le revenu des agriculteurs allemands a augmenté alors que celui des agriculteurs français a plutôt stagné.
      On devrait conclure que la France a fait un mauvais choix. Mais la situation est certainement plus complexe.

      Les agriculteurs français, essentiellement intégrés dans des filières alimentaires, ont toujours été très vigilants sur l’accroissement du prix du foncier agricole.
      Ils ont certainement vu dans l’agriculture tournée vers la méthanisation, l’arrivée d’une filière concurrente qui mobiliserait du foncier de qualité.
      Effectivement, le prix du foncier en Allemagne voire en Belgique, a augmenté au point que les terres françaises sont convoitées par les ressortissants de ces pays.

      Alors bon choix, mauvais choix ?

  • Michel LACANETTE.

    La meilleure énergie est celle que l’ on ne consomme pas. Alors commençons par faire des économies, chemin qui ne semble pas être pris pour le moment par nos responsables, qui sont tous unanimes pour dire que la consommation d’ électricité va augmenter exponentiellement dans les prochaines années.
    Aujourd’ hui l’ énergie nucléaire ne sert qu’ à répondre au besoin du gaspillage énergétique. Commençons par réduire cela et prenons les bonnes décisions, qui sûrement seront un mix énergétique, avec le moins possible
    d’ électricité nucléaire, qu’ il faudra abandonner petit à petit dans le temps , car pour elle se pose la question cruciale de la gestion des déchets à longue vie, ainsi que le coût exorbitant du démantèlement des centrales.
    Ce qu’ oublient de nous dire les » nucléocrates » c’ est qu’ en gros 20% ou plus de la production électrique d’ une centrale nucléaire est consommée par sa construction, son démantèlement et la gestion de ses déchets. Héritages très couteux à gérer que l’ on ne peut se permettre de laisser aux générations futures.

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