Citoyen ou consommateur ?

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Peut-on dégager dès maintenant quelques tendances de cette campagne présidentielle ? Difficilement, car elle n’est pas terminée et ce qui sortira des urnes pourrait être différent de ce que l’on nous donne à voir et à penser.

Hormis deux ou trois candidats qui ne semblent pas trop préoccupés par leur image, l’effort de séduction semble avoir été marqué. Mais il ne suffit pas d’être passé par la chirurgie esthétique, les avis de conseillers en communication préconisant des montagnes de bisous ou d’avoir imaginé d’habiles récupérations pour faire de la campagne une campagne de qualité. A moins de penser en termes de marketing, ce qui je l’espère n’est pas le cas de nos lecteurs.

Ce qui est surprenant, c’est que l’on peut presque toujours trouver chez n’importe quel candidat une proposition qui semble intéressante et qui peut accrocher. Et pourtant, hélas, l’abstention semble avoir encore de beaux jours devant elle.

Dommage que l’on ne puisse pas ajouter à son bulletin une note de confiance ou de conviction, ce qui donnerait un vote pondéré reflétant plus finement l’opinion de l’électeur !

Il serait ainsi incité à réfléchir plus attentivement aux programmes, aux courants et aux origines des candidats. Provenir d’une formation qui n’en est pas une, ou d’une formation qui a soutenu que le génocide des juifs n’était qu’un détail ou que Pétain a sauvé des juifs devrait inciter à la réserve. Incidemment remarquons que Pétain a emprisonné au fort du Portalet les dirigeants du Front Populaire créateurs des congés payés avant d’y être emprisonné lui même.

Au passage, observons que peu de candidats se sont exprimés sur la guerre en Ukraine autrement que par une réprobation formelle de l’invasion. C’est pourtant une question brûlante qui pourrait impacter bien des mois, voire des années à venir. Ce qui n’est pas sans rappeler la frilosité pour ne pas dire la lâcheté ou la cécité de bien des dirigeants occidentaux lors de l’annexion des Sudètes par Hitler ou lors des accords de Munich.

Il est naturel de regarder ce qu’il nous reste dans nos poches. Mais il est important aussi de prévoir le coût de la reconstruction de l’Ukraine et d’établir s’il faut établir des dommages de guerre à la charge de l’envahisseur.

Bref, nous sommes pris comme des consommateurs, pas comme des citoyens.

Paul Itaulog

Comparons avec les positions de dirigeantes de pays, pourtant plus impliqués que le nôtre dans le conflit de par leur situation géographique ou leurs besoins énergétiques :

« Tant que nous achetons des hydrocarbures russes, nous finançons la guerre« 

Samma Martin, Première Ministre de la Finlande

« Ensemble, nous renforçons notre soutien à l’Ukraine. Nous affûterons nos sanctions. Et nous nous affranchirons des combustibles fossiles russes. »

Ursula von der Leyen

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