Sonner les cloches !

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Je ne vois pas de candidat qui puisse chanter victoire et entonner un Te Deum. Il n’y a pas non plus de quoi sonner le glas pour la plupart des candidats. Même les plus infortunés devaient s’attendre au résultat. Peut-être pas dans de telles proportions pour les tenantes des deux partis (LR et les Républicains) qui ont été des décennies durant les piliers de notre démocratie. Mais elles ont été largement lâchées par leurs ténors et elles ont montré un courage que l’on peut saluer.

Aussi, restent deux autres manières de sonner les cloches. D’une part, sonner l’alarme, et nul doute que bien de nos concitoyens vont s’y employer. D’autre part, il y a la version enfantine, si vous me la permettez, façon « tu vas te faire sonner les cloches ». J’y ai recours, car vous n’avez que trop entendu des arguments ressassés et que des données chiffrées relatives aux programmes vous paraissent probablement soit peu fiables, soit emportées par des tourbillons de milliards à la suite de la pandémie, de l’invasion de l’Ukraine (dont les conséquences économiques sont encore difficiles à évaluer) et du « quoi qu’il en coûte ».

Alors, prenons des chemins de traverse et essayons de nous rencontrer et de nous comprendre.

Il est probable que les mois et les années à venir vont voir une forte croissance des dépenses militaires. Ce n’est pas cela dont le monde à besoin ; bien au contraire il faudrait être à son chevet, être plus respectueux et attentif à ses dangers et ses souffrances. Et prévenir des dépenses importantes qu’il faudra bien régler après des désastres météorologiques, climatiques et sociales.

Plus d’un Français préfèrerait que l’on construise des hôpitaux, des écoles et des centres de recherche plutôt que des prisons. Mais le sentiment d’insécurité risque de l’emporter. Il faut donc le combattre et s’accorder sur quelques mesures. Désengorger la justice qui est trop lente à prononcer des peines longtemps après les faits. Il faut prévenir la fraude et la violence. Utiliser des canons à eau plutôt que des tazers. Isoler les fauteurs de troubles, raisonner leurs sympathisants en leur imposant des travaux d’intérêt général. Désarmorcer la révolte devant des disparités de revenus insupportables.

Eradiquer l’insécurité et le terrorisme n’est pas tâche facile. Mais ne faudrait-il pas dénoncer les « séparatismes », les embryons de révolte ? Le simple fait de se cacher les cheveux ou une partie du visage n’est-il pas une manière d’approuver implicitement les talibans qui ne veulent pas que les filles aillent à l’école ou fassent des études ? De tels symboles de rébellion ne devraient pas exister dans un pays libre et laïque. Aussi, pour que le chemin vers l’intolérance et le fanatisme soit le moins attirant possible, une exception devrait être apportée à l’arrêt de la multiplication des prisons : la construction de centres de détention à St Pierre et Miquelon, aux Kerguélen ou dans d’autres endroits froids, où les détenus pourraient méditer sur leurs rêves de paradis dans lesquels 12.000 vierges, pas moins, attendraient les héros-martyrs.

Certes, l’immense majorité des migrants ne sont pas de cette obédience. Mais aux yeux de bien de nos concitoyens une partie d’entre eux forme un terreau propice au dénigrement ou au délitement de nos valeurs et de notre société. Dénigrement qui s’appuie sur le rôle subalterne qui leur est attribué et sur les fautes que nous avons commises avec le colonialisme et l’impérialisme. Aussi, le flux des entrants doit être mieux contrôlé et leur assimilation et leur satisfaction doivent être mieux assurées. Qu’ils se sentent heureux dans leur nouveau pays, qu’ils le connaissent et l’aiment seraient nos meilleurs gages pour une vie commune et paisible. Aucune naturalisation devrait être accordée sans une connaissance minimale de notre histoire, de nos usages et de nos valeurs. Ne faut-il pas passer un permis de conduire avant de prendre un volant?

Passons au travail. M. Macron a commis une maladresse insigne en parlant de « traverser la rue » à un chômeur. Quiconque a connu le chômage ou une carrière en morceaux sait que ce n’est pas si simple. Cela M. Macron ne l’a pas connu. Mais, ayant visionné l’ensemble de la séquence, je reconnais que le Président voulait rassurer et donner de l’espoir à son interlocuteur. Les médias ont simplifié, tronqué. Mais il mérite qu’on « lui sonne les cloches ». Et par ailleurs, si sa théorie du ruissellement est guère crédible, sa politique a porté des fruits et le chômage a baissé. Un point crucial après tant d’échecs face à ce terrible fléau.

Une dernière opinion renversante. Elle concerne la retraite, un sujet qui mériterait plus d’attention. Il est naturel (surtout lorsque l’on a beaucoup travaillé) d’espérer finir ses jours dans une période libre de contraintes. Mais cette aspiration se trouve aussi chez les jeunes qui commencent à cotiser bien plus tard qu’autrefois. D’où la difficulté de la question. Instaurer un âge pivot parait être une solution brutale et inappropriée qui mène au chômage de longue durée. Il serait plus raisonnable de tenir compte de la pénibilité du travail, de son attrait et jusqu’à cet âge de permettre un arrêt entre 55 et 75 ans. J’exagère ? Il est des médecins qui travaillent au-delà de 70 ans, des professeurs d’université qui exercent jusqu’à cet âge ou sont encore engagés dans la recherche, des acteurs qui montent sur les planches à plus de 90 ans. Bien entendu, des règles assurant l’équilibre financier doivent être édictées. Une retraite précoce ne pourrait donner une pension aussi élevée qu’une retraite « normale ». Mais l’intéressé aurait plus de libre choix et serait incité à plus de prévoyance.

Si M. Macron est tout de même réélu, il ne pourra être seul à mener ce redressement. Les électeurs-consommateurs devront être plus patriotes, plus conscients, plus responsables, moins adeptes du yaqua. Moi aussi.

Paul Itaulog

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