La conjonction des rejets

4.2
(106)

Nombreux sont les commentateurs qui ont été surpris par les résultats du second tour des élections législatives de juin 2022 : nombre plus élevé que prévu d’élus du RN, partis macronistes loin de leur objectif d’avoir une majorité à l’Assemblée Nationale, scores relativement bons des partis de la NUPES, résilience des Républicains.

Une remarque s’impose : ces résultats ne sont absolument pas le reflet des opinions des Français sur la façon dont leur pays doit être gouverné – ils sont, pour une large part, la conséquence de divers rejets, souvent contradictoires, et liés au mode de scrutin des élections. Ce n’est pas la première fois que les résultats d’une élection sont en grande partie déterminés par un rejet : notamment duel Chirac-J.M. Le Pen en 2002, duels Macron-Marine Le Pen en 2017 et 2022. Cette fois-ci, les forces de rejet ont joué de façon différente, puisqu’il ne s’agissait pas d’une élection unique, mais elles ont joué à plein : dans les duels qui ont été quasiment la règle, nombre d’électeurs (parmi ceux qui n’ont pas délibérément boudé les urnes) ont été motivés dans leur choix non pas par le programme politique de la personne pour qui ils ont voté (ils ont voté pour elle sans vraiment se préoccuper de son programme), mais par leur volonté absolue de faire barrage soit à Macron soit à Le Pen soit à Mélenchon.  Cela n’est pas bon pour le fonctionnement de la démocratie. Peut-être faudrait-il commencer par annuler ou modifier la limite à 12,5 % des inscrits du pourcentage de voix à atteindre pour pouvoir participer au second tour. Mais il faudrait aussi, très probablement, débattre sur la possibilité d’un autre mode de scrutin pour les élections législatives (par exemple la proportionnelle partielle ou totale).  

Paul Larreya

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne 4.2 / 5. Nombre de note : 106

Aucun vote jusqu'à présent ! Soyez le premier à noter cet article.

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

Souhaitez vous nous partager un avis plus détaillé ?

7 commentaires

  • Personnellement, je suis contre la proportionnelle totale, aussi, j’ose vous renvoyer à l’article « La proportionnelle » par Joël Braud, publié le 6 juin 2022 sur le site web Alternatives Pyrénées, article dont je partage entièrement le contenu…
    URL : https://alternatives-pyrenees.com/2022/06/06/la-proportionnelle/

    Par ailleurs, il est vrai que parmi ceux qui votent, certains font parfois le choix de voter pour celui ou celle qui lui semble le (la) moins pire, et ce, à défaut d’avoir lu entièrement le programme respectif des candidats aux élections…

    Pour info et/ou rappel, vous trouverez des éléments de réponses à votre article parmi les 3 articles suivants, qui concernent toutes les élections en France :
    . Les élections locales (élections municipales + élections départementales + élections régionales)
    . Les élections nationales (élection présidentielle + élections législatives + élections sénatoriales)
    . Les élections européennes

    ① Article « Abstention, suffrage exprimé, non inscrits : ça veut dire quoi ? Le point sur les définitions » : par Chloé Boyer (La Rédaction), publié le 19/06/22
    Source : site web Lintern@ute (Politique)

    Chapeau de l’article : « Le second tour des législatives a lieu ce dimanche 19 juin. Combien de Français prendront part au scrutin ? Combien s’abstiendront ? A l’heure du dernier vote de cette période électorale, Linternaute vous rappelle quelques définitions. »
    URL : https://www.linternaute.com/actualite/politique/1188605-abstention-suffrage-exprime-non-inscrits-ca-veut-dire-quoi-le-point-sur-les-definitions-1655047924.amphtml/

    ② Article « Abstention : une hausse ni généralisée, ni inéluctable »
    Source : site web du Centre d’observation de la société (Modes de vie, Vie politique, Associations) : publié le 13 juin 2022
    URL : https://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/vie-politique-et-associative/participationvote-2/

    ③ Article « Abstention: « Le vrai danger pour la démocratie, c’est qu’un jour il n’y ait plus d’électeurs ! » » : propos recueillis par Marie Simon, publié le 21/03/2014 (Interview de Jean-Yves Dormagen, directeur du Département de Science Politique à l’université de Montpellier I et membre du Centre d’Études Politiques de l’Europe Latine (CEPEL-CNRS)).
    Source : site web du magazine L’Express (Actualité / Politique / Elections / Elections Municipales 2014)

    URL : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/abstention-le-vrai-danger-pour-la-democratie-c-est-qu-un-jour-il-n-y-ait-plus-d-electeurs_1501760.html

    Bonne lecture… 😉 😉 😉

    • Michel LACANETTE.

      Abstention: « Le vrai danger pour la démocratie, c’est qu’un jour il n’y ait plus d’électeurs ! »
      Au train où ça va on y va tout droit.
      Le fonctionnement électoral actuel fait que l’ abstention est une partie intégrante du système et il faut reconnaître que cela arrange bien les candidats que l’ électorat ne se déplace pas. Au final, le candidat élu le sera avec 20% des voix et il n’ aura à rendre des comptes qu’ à ces 20% là. Ce qui de plus lui facilitera le travail.
      Aujourd’ hui le système électoral fonctionne de telle façon que les avantages tombent majoritairement dans le camp des candidats et très peu dans le camp de l’ électorat. C’ est bien pour cela que de plus en plus le vote est vécu comme une contrainte et non comme un droit. Avec comme conséquence le raisonnement qu’ au final participation ou pas l’ Elu fera que ce qu’ il aura envie de faire. Cela est exactement identique à la démarche des enquêtes d’ utilité publique en faveur de l’ Administration.
      Tant qu’ il n’ y aura pas une révision et un rééquilibrage du système électoral l’ abstention aura de beaux jours devant elle . Mais dans la situation actuelle, je ne pense pas que grand monde, surtout du coté des candidats, se hasardera à remettre en cause le sytème électoral actuel.

  • Oui, vous avez raison, la proportionnelle n’est pas une solution, ou en tout cas n’est pas LA solution. Mais je ne suis pas d’accord avec la fin de votre conclusion (« …mais plutôt le comportement de notre classe politique »), parce que le comportement de notre classe politique n’est pas facile à changer, et surtout parce que son changement ne suffirait pas. Le problème principal de l’abstention massive est à mon avis que, par choix ou par indifférence, la majorité des Français ne s’informent pas de la situation politique et géopolitique actuelle, et que s’ils s’en informent ils le font uniquement sur les réseaux sociaux. Mais il ne faut pas pour autant rendre les médias responsables de cet état de fait : les médias sont en France beaucoup plus libres que dans de nombreux autres pays (pour ne parler que des pays en principe démocratiques).
    Paul Larreya

    • « Le problème principal de l’abstention massive est à mon avis que, par choix ou par indifférence, la majorité des Français ne s’informent pas de la situation politique et géopolitique actuelle, et que s’ils s’en informent ils le font uniquement sur les réseaux sociaux.  »
      Pourquoi les Français ne s’informent-ils pas?
      J’ai un avis sur le problème et je l’ai déjà publié!

      « Plus les grands patrons néolibéraux augmentent leurs revenus, plus ils estiment excessif le « coût de la main d’œuvre ». Jean-François Kahn. Les préoccupations des gens ne les concernent pas ; alors les préoccupations, des jeunes surtout, pour la politique, ne les concernent pas non plus ! D’où le désintérêt ou le rejet de la chose politique.

      Cela aboutit au désastre social que nous vivons. Ce dernier devenant de plus en plus insupportable maintenant, certains commencent à se poser des questions :

      *Pourquoi continuer à soutenir cette politique, c’est-à-dire accepter de rester au service des profits de certains, des sacrifices perpétuels de l’autre?
      *Alors, à quoi cela sert de voter pour ceux qui la soutiennent d’où l’abstention record ?

      *A quoi cela sert de savoir quel bulletin on mettra dans l’enveloppe ?

      *A quoi cela sert de connaître le nom des élus, les professions de foi, d’ouvrir même l’enveloppe qui les contient ; presque toutes, sous des formes diverses montrent la nécessité de se serrer la ceinture, d’obéir à la loi du marché..de faire confiance aux promesses hypocrites jamais tenues ?

      Le jour où tout ne sera pas écrit d’avance, où l’on tiendra compte des problèmes de chacun, alors les urnes se rempliront. A ce moment là on sera sorti du néolibéralisme!

      • Michel LACANETTE.

        « Le problème principal de l’abstention massive est à mon avis que, par choix ou par indifférence,

        L’ indifférence n’ a pas primé lors des dernières législatives, car il semble que l’ électorat s’ intéresse toujours autant à la politique. Par contre, il n’ a guère apprécié le menu du jour  » au bonheur du pot  » présenté par le chef. Seul un quart l’ a apprécié du bout des doigts en faisant la fine bouche, un quart n’ a pas voulu délibérément la marinade Marine, un quart n’ a pas voulu la bouillabaisse Mélenchon et le dernier quart du front du refus total à choisi l’ abstention en claquant la porte au nez du chef en disant  » qu’ on ne le reprendrait plus à ce jeu de dupe » Il serait plus que temps que le chef change de menu, sans quoi il en sera de tirer le rideau et de mettre la clef sous la porte.

  • Robert Contrucci

    / résultats du 2ème tour des élections législatives 2022, qui a un p’tit goût de proportionnelle sans le vote à la proportionnelle…

    A lire sans modération, le savoureux article « Les erreurs insondables des sondeurs » (« Marge d’horreur ») paru en dernière page du Canard enchaîné du mercredi 22 juin 2022, article par C.B.

    Et hop, une crise institutionnelle à l’horizon et… sans modération ?!?

  • Pierre-Michel Vidal

    Le mode de scrutin a montré que des partis sous-représentés jusque là comme le Rassemblement National pouvait être représentés de manière équitable à l’Assemblée Nationale. Le discours fumeux sur la nécessité d’instaurer la proportionnelle (mené par F. Bayrou, notamment) est devenu obsolète de fait. La vraie question reste que la moitié des Français ne votent pas. Et cela un nouveau mode de scrutin ne le changera pas mais plutôt le comportement de notre classe politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *