Le tourisme, meilleure et pire des choses.

4.2
(63)

Toute situation comporte deux facettes : le oui et le non, le plus et le moins, le pour et le contre, la face éclairée, la face dans l’ombre….. Quand on aborde un problème d’ordre général, les deux facettes doivent toujours être comparées afin d’être conscient des conséquences de son choix.
D’après la définition, l’économie étant l’ ensemble des activités d’une collectivité humaine relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses, la gestion donc, on peut dire que le tourisme  est le principal atout majeur de «  l’économie »  réelle  mais pas l’atout majeur de «  l‘économie » des patrimoines, des paysages, du développement durable, de la tranquillité des habitants dans leur lieu de vie ; de nombreux endroits se retrouvent noyés sous des vagues de touristes et certaines villes deviennent  invivables.

Le patrimoine mondial en danger – Le tourisme comme arme …

https://www.ledevoir.com › Culture

 L’évaluation des aspects destructeurs amène à se demander  si le tourisme n’est pas globalement plus nuisible qu’utile !


*La pression sur les ressources naturelles  est considérable surtout dans la consommation d’eau, d’électricité de matériaux de construction…Il faut construire beaucoup plus d’hôtels de routes, d’aéroports même, et d’autres installations comme des piscines, des salles de spectacles…

Pas très malin alors que la quasi-totalité de la France est actuellement concernée par des arrêtés de sécheresse,

avec une quinzaine de départements en état de « crise  »

L’empreinte carbone est en pleine expansion.

* Destruction de la nature et perte d’habitat. …Tous ces aménagements sont pris sur l’environnement naturel ou cultivé, parfois même sur les habitats des populations locales ; ainsi, des quartiers perdent leurs habitants. Dans les villes touristiques, les habitants sont obligés de déserter leur propre quartier. Pourquoi ? Des zones entières des cœurs historiques des villes sont rachetés pour que les logements servent à l’accueil des touristes. Une flambée des prix de l’immobilier de ces quartiers pousse les populations à déménager dans des quartiers plus populaires et plus accessibles financièrement. Ceci est appelé phénomène de gentrification. De plus, les établissements hôteliers se retrouvent face à une concurrence déséquilibrée et ont de grandes difficultés à maintenir leur commerce à flot. Pour finir, ces quartiers ne sont plus du tout adaptés à la vie locale : les épiceries et autres commerces locaux disparaissent au profit des boutiques souvenir.
* Augmentation de la pollution (plastique, lumière, bruit). La croissance et le développement s’accompagnent du bruit des gens, des voitures, des bars et des boîtes de nuit. La pollution lumineuse et sonore crée un environnement hostile pour les animaux qui vivent dans cette zone, les poussant à s’éloigner de leur habitat d’origine. Les écosystèmes sont détruits.
*Il en résulte une chute de la biodiversité. Les visiteurs peuvent aussi écraser des espèces de plantes ou d’insectes lors de leur passage et, évidemment, la pollution causée lors de leur séjour vient, elle aussi, affaiblir l’écosystème.  

*De multiples sites historiques sont en danger dans le monde du fait du tourisme de masse. Ceci est valable surtout sur les grands sites touristiques de l’étranger comme Venise, l’île de Pâques, les îles Galapagos…
*La Pollution de l’air contribue au réchauffement climatique. Le tourisme est à l’origine de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), d’après le ministère de la transition écologique.
* L’exploitation des animaux pour divertir les touristes.
*Le développement du tourisme peut coûter cher au gouvernement local et aux contribuables locaux.  Il peut obliger d’améliorer les aéroports, les routes et autres infrastructures, ce qui est coûteux. 
*Il est important pour chaque pays de préserver ses traditions. Mais un phénomène de mise en scène de celles-ci, afin de satisfaire le regard curieux des touristes est apparu. La culture est caricaturée et les symboles ne servent plus qu’à divertir les touristes. L’échange culturel et la connaissance de l’autre disparaît au profit du simple divertissement. Le tourisme perd alors de son authenticité et de son sens, tant pour les touristes que pour les locaux.
*Il en résulte une marchandisation de la culture. Le tourisme peut transformer les cultures locales en marchandises lorsque les rituels religieux, les rites ethniques traditionnels et les festivals sont réduits et modifiés pour se conformer aux attentes des touristes, ce qui est appelé « origine ethnique reconstruite ». Une fois qu’une destination est vendue comme produit touristique et la demande en souvenirs, arts, divertissement et en autres produits commence à exercer une influence, des changements fondamentaux dans les valeurs humaines peuvent se produire. Les sites et objets sacrés peuvent ne pas être respectés lorsqu’ils sont perçus comme des marchandises à échanger. Le problème, c’est que l’on transforme les échanges non marchands tels que la culture ou la santé en marchandises classiques.
Curiosité: dans le mot tour« isme » on peut y voir  l’arme de ceux qui veulent dégrader l’adversaire.

Le suffixe « able » évoque le possible, quand le « isme » prône le « pousse-toi de là que je m’y mette »
LA BATAILLE DES « ISMES »ET DES « ABLES » historia.fr

https://www.historia.fr › la-bataille-des-«-ismes-»et-des-…  

L’écologie. Celle-ci ne se présente jamais comme un « écologisme »sauf par ceux qui veulent la rabaisser, mais la nouvelle dynastie des suffixes en « able ». Le « able » de durable, équitable, soutenable, lavable, réparable, raisonnable, acceptable… qui assaisonne tous les vocables écolos, des énergies à la finance en passant par l’agriculture. Le « able » est un vieil outil de sagesse linguistique.


« Le voyageur voit ce qu’il voit, le touriste voit ce qu’il est venu voir. » Gilbert Keith Chesterton.


 Après tout, pourquoi épiloguer sur le tourisme : « Quiconque habite une tour est un touriste! «  Erik Satie.

signé Georges Vallet

crédits photos : MediumTourisme responsable #7] Tourisme de masse : comment ne pas faire partie du problème ? | by edeni | edeni stories | Mediu

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne 4.2 / 5. Nombre de note : 63

Aucun vote jusqu'à présent ! Soyez le premier à noter cet article.

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

Souhaitez vous nous partager un avis plus détaillé ?

Un commentaire

  • Excellentissime l’article sur le tourisme. J’ai voulu lui donner 5 étoiles à l’instant. Le site n’a enregistré qu’une étoile.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *