La sécheresse, le monde vivant, les chasseurs et les enclos.

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Les changements climatiques, renforcés par la sécheresse actuelle dans de nombreux départements français , causent, parait-il, d’après Sud Ouest, de graves problèmes aux chasseurs en France comme il est dit dans le texte suivant, réservé plutôt  aux nuls;

https://actualites-peche-chasse.com › rechauffement-cli

En fait, c’est plutôt au vivant que cela pose des problèmes dramatiques !

Le mois de juillet 2022 est le plus sec depuis 137 ans. La pluie a été extrêmement rare et la sécheresse qui en découle a des conséquences dans notre pays.

La première concerne la flore. Les plantes basses ont disparu, leurs  » habitants » aussi ;  les arbres souffrent terriblement du manque d’eau qui leur est vitale. La chaleur entraîne même du stress.

« Jusqu’à un certain point de stress, l’arbre n’a plus la capacité d’absorber l’eau », explique Jean-Marie Pessleux, pépiniériste et professeur d’horticulture.  

La faune sauvage endure évidemment, elle aussi, les conséquences de la sécheresse actuelle.  

+ Il y a dix fois plus de gibier autour des rares points d’eau qui subsistent encore, de la tombée de la nuit au lever du jour. Les chasseurs sont d’accord pour ne pas tirer. C’est un revirement par rapport à leurs anciennes exigences à propos du Grand Tétras. « à chaque automne, rebelote : les préfectures ré-autorisent cette chasse réglementée : Hautes-Pyrénées, Ariège, Haute-Garonne et P.-O. Le Grand tétras est inscrit sur la liste rouge des animaux vulnérables ; il est protégé par une directive européenne de 1979. Le Conseil d’Etat, en 2018, refusait

une demande d’autorisation “un peu farfelue d’un seul tétras dans le Canigou.!!!!

En vain : la ministre de l’Environnement de l’époque, Elisabeth Borne, a bien demandé le gel de cette chasse mais les préfets ont brandi une soi-disant menace de “trouble à l’ordre public » !!!
+ Les espèces qui nichent sous les toits, comme les hirondelles et les martinets, ont bien sûr souffert de la chaleur et on nous a rapporté de nombreux jeunes qui tombent des nids. »  

+ C’est le cas aussi, à la sortie de l’hiver, de toutes les espèces vivant en milieu aquatique comme les amphibiens car les mares et les fossés ne sont pas en eau. On a par exemple très peu vu et entendu le crapaud calamite au printemps. La fréquence de ces phénomènes est problématique voire inquiétante, car certaines espèces peuvent accuser des années sans reproduction, ce qui peut engendrer un effondrement des populations ».

+ Les poissons sont obligés de migrer à cause de la baisse et de l’échauffement des cours d’eau, du manque d’oxygénation ; Les alevins meurent,

+ Chez les invertébrés, beaucoup d’espèces faisant leur chrysalide en terre et lorsqu’il ne pleut pas, se dessèchent. On assiste ainsi à beaucoup moins d’émergences que par le passé. Même pour des espèces aussi communes que le papillon l’argus bleu-nacré, aucun spécimen n’a été vu cette année. Mais évidemment, cette raréfaction n’est pas due qu’à la seule sécheresse…  La chaleur a dopé la précocité de beaucoup d’espèces, notamment chez les orthoptères. On peut ainsi constater que de nombreux grillons, criquets et sauterelles, qui normalement sont adultes en juillet, le sont en juin. Ils se reproduisent donc plus tôt et ont une durée de vie plus limitée. L’une des conséquences, c’est que les  petits mammifères insectivores, leurs prédateurs naturels, s’adaptent eux aussi, et mettent bas également un mois plus tôt, entre fin mai-début juin, au lieu de fin juin-début juillet !

A contrario, les libellules que l’on suit dans les petites rivières  ont quasiment disparu… Elles doivent faire face à des assecs de plus en plus longs, de deux, trois, voire quatre mois, ce n’est plus possible ! Il n’y a plus assez de réservoirs d’individus pour recoloniser le milieu, c’est dramatique… 


En ce qui concerne  « le malheur » des chasseurs, la fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques estime qu’un report de l’ouverture de la chasse, prévue le 11 septembre, est possible si la sécheresse et la canicule continuent. 
Dans le domaine de la chasse, certains chasseurs recherchent le plaisir d’être dans la nature, de tuer des animaux sauvages ou domestiqués, de faire de bons repas bien arrosés entre copains, chacun évoquant ses exploits avec la gâchette. Ceux-là sont concernés.

En France, moins d’un million de chasseurs (environ 1,5% de la population) s’approprient pendant plusieurs mois, les espaces « naturels » pour pratiquer un loisir malsain : tuer des animaux « sauvages » mais aussi élevés pour être ensuite lâchés et massacrés. 

En France, un quart des animaux tués à la chasse provient d’élevages spécifiques. C’est le Syndicat National des Producteurs de Gibier de Chasse (SNPGC) qui l’affirme : « 14 millions de faisans ; 5 millions de perdrix grises et rouges ; 1 million de canards colvert ; 40 000 lièvres de France ; 100 000 lapins de garenne ; 10 000 cerfs ; 7 000 daims » sont produits chaque année en France. Au bas mot, 20 millions d’animaux sont élevés puis lâchés dans la nature pour être tirés à vue…

Pourquoi les chasseurs qui aiment tant les animaux ne dénoncent-ils pas

Le monde opaque des enclos de chasse

https://www.francetvpro.fr › contenu-de-presse


Il existe des enclos cynégétiques, soit à vocation commerciale soit pour la pratique privée de la chasse. La chasse en enclos, une pratique méconnue du grand public. La chasse en enclos est une possession attenante à une habitation et entourée de clôtures continues et constante faisant obstacle à toute communication et en empêchant complètement le passage du gibier et de l’homme du voisinage. Le propriétaire peut chasser le gibier à poils sans limite ni contribution, toute l’année. Il existe aussi des enclos pour le petit gibier à plumes issu soit d’élevage et lâché pour des chasses payantes  dans de très grandes propriétés où elle s’exerce,  pour le propriétaire et ses invités. Ces pratiques concernent des milliers de parcs et des milliers de  km de  grillage hébergeant un nombre considérable d’animaux.

L’existence d’enceintes confinées  dans lequel le gibier ne peut échapper à ses poursuivants est un manquement grave à l’éthique de la chasse.
Les clôtures infranchissables, une aberration écologique ; d’une manière générale les habitats naturels non fragmentés sont de moins en moins nombreux, et les animaux sauvages ont de plus en plus de difficultés à circuler pour s’alimenter et se reproduire.

Pourquoi les chasseurs se taisent-ils ? C’est l’injustice, le massacre réservé aux riches, c’est le mépris du monde animal et du modeste tireur qui cherche les bons repas bien arrosés entre copains.
*Il est possible de chasser pour quelques milliers de dollars des animaux exotiques alors qu’ils sont menacés de disparition à l’état sauvage.

*Un domaine de chasse en enclos a ouvert ses portes près de Reims avec l’accord des autorités. Pour 2200€, vous pouvez abattre ces animaux pris au piège dans 330ha ; des daims, bagués et issus d’un élevage, tournent en rond. 

*Des grands yeux de biche ont ému des milliers d’internautes ce week-end. La biche, ou plutôt le daim en question, ainsi que plusieurs de ses congénères, attendent la mort derrière un grillage, enfermés dans un enclos de chasse.


Comment justifier qu’il soit encore possible de chasser des animaux emprisonnés derrière des murs ou des barbelés ? Pratique d’autant plus contestable que, très souvent, les proies sont des animaux d’élevage qui ne se méfient pas de l’homme. Cette réalité de « parcs à gibier » est encore largement méconnue en France. Pourtant, il existe 485 enclos de chasse dans notre pays (enquête ONCFS, 2012). Les propriétaires de ces lieux préfèrent rester discrets. Les associations de défense des animaux doivent s’infiltrer parmi les chasseurs pour obtenir des images de cette pratique scandaleuse. Voici ce que l’on veut nous cacher : des espaces clos, hermétiques, délimités par des kilomètres de grillages afin que personne ne puisse pénétrer et que le gibier ne puisse surtout pas s’échapper. Tout est soigneusement organisé pour que les tireurs atteignent leur cible à coup sûr : miradors pour avoir un angle de tir dégagé, plateforme au milieu des arbres afin de se fondre dans le décor ou encore installation de mangeoires pour que les animaux se rapprochent. Les cerfs ou les sangliers n’ont quasiment aucune chance de s’en sortir et les chasseurs, eux, sont certains de repartir avec leur « trophée ».  

Certains cervidés sont même importés de l’étranger. D’autres grandissent dans des élevages français et finissent dans des enclos de chasse.
En Sologne, ces parcs fermés sont tellement nombreux que la région se retrouve quadrillée par des clôtures. Emprisonnés, ces animaux se reproduisent entre eux avec des risques élevés de consanguinité. Il est possible de chasser pour quelques milliers de dollars des animaux exotiques alors qu’ils sont menacés de disparition à l’état sauvage. Le principe de continuité écologique (Grenelle de l’environnement vise à protéger la circulation et la migration des espèces. Le 25 mai 2021 la Ministre de la transition écologique s’est dite choquée par la pratique de la chasse en enclos.

Elle risque de rester « choquée » longtemps !

Le lobby chasse a toujours la mainmise sur les décideurs politiques, et l’interdiction de ces parcs d’attraction pour chasseurs n’est visiblement, hélas, pas pour aujourd’hui.
Le sénat a bien adopté des aménagements, il a interdit l’agrainage et l’affouragement sous peine de suspension du permis de chasser.

Lancé sur le sujet « chasse », le Sénat a examiné le 10 janvier 2022 une proposition de loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels. L’objectif de cette proposition de loi est de freiner l’essor des enclos de chasse, dans lesquels les animaux sauvages sont emprisonnés pour être décimés, et qui se développent sur le territoire.   

 Il est très peu probable que cette proposition de loi soit définitivement adoptée car son passage à l’Assemblée nationale avant la fin de la législature, soit d’ici le mois de juillet 2022, semble quasiment impossible.

« Nous sommes les fruits d’une sécheresse née d’une transformation de l’environnement »  Jacques Chirac.

signé: Georges Vallet

crédits photos : Nature d’ici et d’ailleurs – OverblogLe scandale de la chasse en enclos dénoncé par les chasseurs eux-mêmes ! – Nature d’ici et d’ailleurs

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