Et pourquoi pas l’âge de la belle-mère tant que vous y êtes ?

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Il est une constante, quand il s’agit de créer des complications administratives, nous Français, nous plaçons dans les premiers rangs . Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Nous ressemblons en cela aux pays totalitaires.

Si vous avez l’occasion de vous déplacer dans une des déchetteries de l’agglomération paloise (Pau, Emmaüs, Lescar, Jurançon, Bizanos ou Bosdarros), vous vous verrez remettre un feuillet vous informant que « le contrôle d’accès arrive en déchetterie à compter du 1er janvier 2023 ». Bon, jusque là pas grand chose de nouveau puisqu’il y a quelque temps déjà qu’on nous dit qu’il faut réglementer l’accès à ces services en raison des abus constatés. Quels abus ? En vérité, on ne sait pas trop, mais admettons.

Il est inscrit sur ce même document qu’à compter de cette date, l’accès aux déchetteries sera réservé aux habitants inscrits. Pour franchir la barrière, nous devons dès maintenant inscrire notre véhicule. Oui, notre véhicule ! et c’est là que ça se complique parce que on ne sait déjà plus très bien si c’est le véhicule qui doit être inscrit ou si c’est l’habitant ou si c’est les deux et pourquoi. Suit une explication sous la question :  « Comment s’inscrire ? » On peut soit scanner le QR code, soit se rendre sur pau.fr ou sur l’application « Ma Ville Facile ». Facile en effet surtout pour ceux, il en existe plus qu’on ne le dit, qui ne sont pas munis de moyens informatiques.

Mais passons, soyons bon enfant et rendons-nous sur l’un des sites proposés. Il faudra, selon ce qui est indiqué, ajouter des pièces administratives telles que la carte grise et un justificatif de domicile (facture récente, on connaît). Bien, et ceux qui ne sont pas équipés de moyens pour numériser ces documents, ils font comment ? Sur ce site on vous demande tout un tas de renseignements obligatoires auxquels en toute bonne logique, vous ne vous attendiez pas et dont le rapport avec cette inscription (de l’habitant et de la voiture) ne saute vraiment pas aux yeux.

Parmi ceux-ci se trouvent le type d’habitat, si l’on est propriétaire ou locataire, la date de naissance, la ville de naissance, le mail et le numéro de téléphone. On comprend vite qu’il s’agit là pour l’essentiel d’alimenter des fichiers informatiques. Vous aurez droit à plusieurs véhicules dont vous devrez fournir l’immatriculation, normal ! et à la rubrique « type du véhicule », il faudra répondre « particulier ou professionnel ». Ceux qui ont pensé break, suv, berline, coupé, conduite intérieure ou poids lourd, ont perdu.

A l’issue de ce questionnaire inquisitorial on se demande toujours qui est inscrit et si la seule immatriculation de la voiture n’aurait pas été suffisante pour permettre l’ouverture de la fameuse barrière. D’autres interrogations arrivent également à l’esprit, savoir si ce questionnaire très administratif, et pas accessible à tout le monde, n’a pas pour objet de dissuader les prétendants à l’usage de la déchetterie. Et, question plus lancinante encore, à terme, la fréquentation de ces dépôts ne va-t-elle pas devenir payante ?

Mais tranquillisez-vous citoyens, à la fin de ce sympathique document est inscrit : « Si vous souhaitez une assistance (pour vous accompagner) dans cette démarche, demandez aux gardiens de déchetterie la liste des lieux où vous pouvez obtenir de l’aide pour votre inscription. » Et si tout simplement on avait chargé les gardiens de fournir eux-mêmes cette aide pour remplir le dossier d’inscription ? Cela n’eût-il pas été plus simple et accessible à tous ?

Pau, le 5 septembre 2022

par Joël Braud

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10 commentaires

  • En toute situation, l’important est de trouver un juste milieu que, seul, un intermédiaire de consensus pourra trouver et proposer.
    C’est lui qu’il faut chercher, maintenant, après un constat qui concerne tout le monde, même celles et ceux – non nommés – qui travaillent dans et sont l’Administration.
    Et ensuite l’approuver et le suivre.
    C’est, alors, le passage à l’acte, au concret, cet insupportable qui nécessite courage et persévérance.

  • Encore une nouvelle procédure. On croule déjà sous la paperasse, et on en rajoute une de plus. Nos édiles n’ont pas ce genre de problèmes ils ont des sous-fifres qui sont chargés de faire ce genre de boulot.

  • Voilà comment créer des emplois !

  • Les abus à Pau sont sans doutes les mêmes que partout ailleurs en la matière:
    – professionnels qui utilisent ces déchetteries alors qu’ils doivent utiliser des déchetteries qui leur sont dédiées (et qui elles sont payantes)
    – groupements de communes qui n’investissent pas assez dans les déchetteries, ce qui pousse leurs résidents à utiliser celles d’autres groupements, sans participer au financement

    Les contrôles d’accès en déchetteries se généralisent partout, en France ou d’autres pays (et dans certaines déchetteries en Angleterre on ne peut pas se pointer à l’improviste, il faut réserver un créneau à l’avance. Comme quoi en matière de complications administratives il y a pire que chez nous).

    • Alors faisons comme les Anglais et adoptons le Frexit. Ce que je dis ce n’est pas qu’il ne doit pas y avoir un contrôle mais que celui-ci doit se faire de manière simple et facile et non pas avec une lourdeur administrative comme celle qui nous est imposée.
      Encore une fois il faut vous préciser les choses. Vous avez une forte propension à faire des contresens.

      • Il me semble pour ma part que vous avez une forte propension à être caustique dès qu’on ne va pas à 100% dans votre sens… Je ne vois pas comment vous pouvez juger dès maintenant que le contrôle ne sera pas simple : pour ce que j’ai pu expérimenter ailleurs on badge à l’entrée et voilà. A d’autre endroits il y a une lecture automatique des plaques à l’entrée, simple aussi. La lourdeur que vous évoquez est juste celle pour obtenir le droit d’accès : on verra ce qu’il en est au moment de faire la démarche, mais dans tous les cas ce sera à faire une seule fois.

        Et je ne vois pas le rapport entre mon commentaire et le Brexit ou le Frexit (?).

  • Depuis des années et des années, les déchèteries sont non seulement gérés par les agents de la com d’agglo, mais aussi par des personnes tierces, qui sont là en permanence pour récupérer zinc, cuivre, inox, fonte, laiton et autres matériaux comme les câbles électrique, qui seront incinérés dans les fonderies improvisées des zones de Lons et lescar. Les plongées dans les conteneurs sont courantes, avec un camion benne qui attend à côté. Au prix où est le cuivre chez les récupérateurs agréés de Lons, faut surtout pas se gêner.
    Les grosses fumées bien noires régulières de 11h30 de Lons sont toujours à l’heure déjà dénoncées sur AP. Le Président de la com de Pau n’en a strictement rien à faire de cette situation.
    C’est peut-être une expérimentation pour une nouvelle réindustrialisation de la France qui est faite dans la com de Pau qui sera validé par Monsieur le très haut commissaire au plan dans son futur programme (que l’on attend toujours après 2 ans de stages de formation intensif technique) ainsi que dans le CNR : fonderies à ciel ouvert – démolition de bâtiment – pollution du gave de Paubelle – passoire thermique de la Mairie de Pau suite à rénovation de 2016 etc …tout un programme…

    « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent » Albert Einstein

  • A vouloir tout réglementer , ces procédures sont la porte grande ouverte à des dépôts d’ ordures et de gravats sauvages. Un retour en arrière vers le futur. On s’ offusque de ce genre de procédure, mais Engie et son Linky, font aussi bien ou même mieux et personne ou si peu s’ est élevé contre de telles intrusions dans la vie privée de chacun. Petit à petit le pouvoir d’ action des citoyens est grignoté au profit de directives administratives tatillonnes et absurdes.

  • Pierre-Michel Vidal

    L’inégalité face au numérique est une véritable injustice car elle touche les citoyens les moins fortunés et les plus faibles. C’est aussi une discrimination en fonction de l’âge qui peut avoir des conséquences dramatiques.

  • / « Et pourquoi pas l’âge de la belle-mère tant que vous y êtes ? »

    Encore plus de sérieux dans le contrôle des accès en déchetterie, m’obligerait !!!

    En effet, il aurait été plus convenable de demander de fournir une attestation d’alcotest non positif à… chaque passage dans une des déchetteries de l’agglomération paloise ! 😉 😉 😉

    De plus, demander l’âge de la belle-mère lorsqu’on est célibataire, cela me semble difficile, à moins de demander l’âge de son… ex belle-mère, si… l’on est divorcé !?! 😉 😉 😉

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