Le bonheur n’est plus dans le pré.

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Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. Paul Fort.  C’est fait !


Durant la dernière décennie, les volumes de pesticides vendus ont un peu diminué, en France, selon le ministère de la Transition écologique. Cette décroissance s’accentue mais les niveaux restent élevés ; bonne nouvelle ? Pas forcément car le mal n’est pas toujours proportionnel à la quantité.    

la dose ne fait pas toujours le poison.

*On constate que dans le cas des perturbateurs endocriniens, les doses les plus faibles induisent des effets biologiques délétères, inversés aux doses les plus élevées.
*Les agriculteurs notamment ne sont pas exposés à une, mais bien à une multitude de substances dans leur vie quotidienne. Ainsi, même s’ils sont au contact de quantités inoffensives de chacune de ces substances, leur combinaison peut s’avérer très dangereuse pour un individu.
*A quantité de cigarettes égale, il est plus dangereux de doubler la durée du tabagisme que la quantité par jour. Il est donc beaucoup plus nocif de fumer 1 cigarette par jour pendant 10 000 jours (à peu près 27 ans)  que de fumer un paquet par jour pendant 15 mois (ça fait à peu près 10 000 cigarettes aussi). Quand on double la dose, on double les risques, quand on double la durée, on multiplie les risques par 22 !!

On s’est posé la question suivante : les pesticides de l’agriculture industrielle jouent-ils un rôle  dans la propagation du coronavirus ? Un article de Le Monde (30.03.2020) signale que Le Covid-19 peut voyager sur des microparticules, dont celles des pesticides pulvérisés ; ces dernières  véhiculent les virus au fond des voies aériennes des agriculteurs et du voisinage très éloigné, affirme la directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm. Une étude menée par des chercheurs français, publiée dans la revue Science, alerte sur la présence de pesticides interdits depuis quarante ans qui « continuent d’empoisonner » les oiseaux marins de l’Antarctique.

Coronavirus : « Un moratoire sur les épandages de pesticides …https://www.lemonde.fr › idees › article › 2020/04/18 › c…

ce qui fait dire humoristiquement
 Les humains sont victimes du Corona-virus, enfin un pesticide bio !

 

Charente maritime : La Rochelle

Un record de pollution aux pesticides dans l’air jamais observé en France. Sud Ouest 25/07/22

« Elle avait déjà été sacrée championne de France du glyphosate en 2021.
La Charente maritime enregistre des concentrations historiquement élevées en prosulfocarbe un herbicide utilisé dans les grandes cultures céréalières. En 5 ans les ventes ont doublé en France. En 2021 sur la commune de Montroy en plein cœur des plaines d’Aunis, le capteur a détecté 41 molécules chimiques et une concentration moyenne de prosulfocarbe dix fois supérieur aux taux habituels mesurés en France. 
La monoculture céréalière, majoritaire dans les plaines d’Aunis, est accusée car le prosulfocarbe est le produit le plus efficace et le moins cher pour éliminer les mauvaises herbes. Dans ces plaines, depuis deux ans, on arrache les haies, il n’y a plus d’élevage, de maraichage, de vergers, pour produire des céréales. Dans les rues de Saint-Rogatien frappé par une augmentation des cancers pédiatriques, c’est la panique. Des gens partent. Les conséquences de cette pollution sont difficilement mesurables, on joue la dessus pour ne pas interrompre tant que ce n’est pas prouvé. 
Jérôme Labanowski, chercheur au CNRS, précise qu’en plus du risque lié à l’exposition au prosufocarbe il faut considérer l’effet « cocktail  » évoqué plus haut. Le mélange de ce composé, aux nombreuses autres molécules, peut multiplier les risques. En effet, les pesticides regroupent plus de 1000 substances très hétérogènes tant du point de vue de leurs structures chimiques, de leurs propriétés que de leur mode d’action sur les organismes cibles.  
Au lieu d’attendre que la nocivité soit prouvée pour prononcer une interdiction, la logique sanitaire serait d’appliquer le principe de précaution donc de l’interdire tant que le danger ou pas n’est pas prouvé.


La logique sanitaire semble inconnue du gouvernement, des productivistes et de la FNSEA.

Le plan Écophyto II+ matérialise les engagements pris par le Gouvernement et apporte une nouvelle impulsion pour atteindre l’objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025 et de sortir du glyphosate d’ici fin 2020 pour les principaux usages et au plus tard d’ici 2022 pour l’ensemble des usages.

Le plan Écophyto II+ vient renforcer le plan précédent (plan Ecophyto II), en intégrant les actions prévues par le plan du 25 avril 2018 sur « les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides « d’une part, et celles du «plan de sortie du glyphosate » annoncé le 22 juin 2018 d’autre part.

Le plan Ecophyto II+ répond aussi à une obligation européenne fixée par la directive 2009/128/CE instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable, qui prévoit que les États membres « adoptent des plans d’action nationaux pour fixer leurs objectifs quantitatifs, leurs cibles, leurs mesures et leurs calendriers en vue de réduire les risques et les effets de l’utilisation des pesticides sur la santé humaine et l’environnement et d’encourager l’élaboration et l’introduction de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et des méthodes ou des techniques de substitution en vue de réduire la dépendance à l’égard de l’utilisation des pesticides. »
Est-il suivi, en France ?

L’usage des pesticides diminuerait régulièrement en France : les agriculteurs sont devenus plus raisonnables tandis que les lobbys des pesticides rivalisent d’ingéniosité pour accompagner et proposer des produits « phytosanitaires » sans aucun danger ! Et pourtant, les dernières statistiques sur l’utilisation des pesticides en France sont édifiantes en constatant l’écart entre l’enfumage de la com’ et la réalité.
La plus forte utilisation des pesticides sur les surfaces agricoles de France métropolitaine se trouve en Gironde et Charente-Maritime, mais aussi dans les Hauts-de-France, entre autres, selon une étude de l’association Solagro, dévoilée mercredi 22 juin 2022.
Le Nord, la Champagne, le Bordelais, la région nantaise et le littoral méditerranéen semblent être les plus exposées aux pesticides les plus néfastes pour la santé, selon des cartes que Générations Futures a publié. 

La plus ou moins grande utilisation, dans les régions, dépend de la nature des cultures,  certaines sont plus traitées que d’autres. Parmi celles qui reçoivent le plus de pesticides citons les vignes, les arbres fruitiers et dans les légumes la pomme de terre, le colza la betterave à sucre, le blé tendre aussi.

Ceci explique par exemple l’abondance des pesticides dans l’île de Ré. Sainte-Marie-de-Ré et Rivedoux (vigne et la pomme de terre), avec des IFT respectifs   qui les classent  en rouge écarlate. Arrivent ensuite, en rouge moins prononcé, les communes du Bois-Plage (vigne et blé tendre d’hiver), la Couarde (vigne et pomme de terre), Saint-Martin (vigne et sorgho) et Ars-en-Ré (vigne et pomme de terre) 
IFT: Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires  L’IFT comptabilise le nombre de doses de référence utilisées par hectare au cours d’une campagne culturale.
Les produits pesticides utilisés par les agriculteurs de l’île de Ré totalisent 133 substances actives différentes, avec le risque très aggravé de « l’effet cocktail » prenant en compte les effets cumulés des diverses substances répandues.


Beaucoup d’habitants en vivent mais les touristes trinquent !


Les aliments qui reçoivent le plus de pesticides-JDN
https://www.journaldunet.com › 

Charente-Maritime : l’île de Ré particulièrement gourmande …
https://www.sudouest.fr › 23 juin 2022

La consommation de pesticides en France représente environ 110 000 tonnes par an, soit 100 000 tonnes utilisées en agriculture, auxquelles il faut ajouter environ 10 000 tonnes pour les autres utilisateurs.
La quantité de produits phytosanitaires pour l’agriculture utilisée en France a augmenté de 25 % entre 2011 et 2018, là où le plan Écophyto prévoyait une réduction de 50 %.
https://www.futura-sciences.com

Après un recul important en 2019, du fait des achats massifs antérieurs, motivés par l’anticipation d’une augmentation des taxes sur les ventes de ces produits, les ventes ont rebondi de 23 % en 2020, selon les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie.
En résumé, « l’agriculture pollue l’eau à grand coup de nitrates, de phosphates et de pesticides, et les consommateurs paient non seulement leur nourriture, les aides aux agriculteurs  mais aussi la facture de dépollution » Isabelle Saporta : le livre noir de l’agriculture(2011)

signé Georges Vallet

crédit photos  : humour-pesticides-nourriture | Meena Goll

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2 commentaires

  • Si le bonheur n’est plus dans le pré, quand est-il dans une terre labourée et cultivée ?

    • Le bonheur était aussi dans les champs cultivés de jadis; il n’y est plus en agriculture industrielle.
      « Dans les rues de Saint-Rogatien frappées par une augmentation des cancers pédiatriques, c’est la panique. Des gens partent.! »
      Le bonheur n’est donc plus dans les terres cultivées (elles ne sont pas toutes labourées!). Pour les riverains , les écoles, les habitants éloignés, non seulement ce n’est plus le bonheur mais l’écœurement, l’angoisse, l’anxiété,la calamité..

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