15 JOURS DE GUERRE EN UKRAINE (3) à partir du 29 Août

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Rappel : le 24 Février 2022 début de l’agression russe en Ukraine.

Au début de la guerre l’armée russe envahi une grande partie de l’Ukraine et tente même de prendre Kiev.

Puis, l’armée ukrainienne, bien que insuffisamment armée, les repousse et l’armée russe se cantonne dans 20 % du territoire ukrainien à l’Est.

Durant environ quatre mois : en Mai, Juin, Juillet, Août le front ne bouge que peu.

Pendant ce temps la puissante artillerie russe ne se prive pas de bombarder les cibles civiles et militaires ukrainiennes. Mais les Ukrainiens ont réussi des frappes remarquables en Crimée, dont ils sont pourtant loin.

Pendant ce même temps l’Ukraine s’est enrichi d’armes et de munitions de haute qualité, principalement américaines, mais aussi de 50 autres pays, y comprit l’Australie, y comprit la France avec ses canons César, les meilleurs du monde.

Autres sujets :

En Juillet ; grâce à l’entremise du Président Turque les Ruses acceptent que les céréales ukrainiennes quittent par bateau l’Ukraine.

1 Août : Premier bateau de céréales (maïs) quitte le port de Odessa

Centrale nucléaire proche de Zaporijia

Au cours du mois d’août le monde commence à s’inquiéter sérieusement. Il y a 6 réacteurs, c’est le personnel ukrainien qui travaille, ce sont les Russes qui contrôlent militairement l’intérieur et la périphérie. La centrale est bombardée, chacun des deux camps s’accuse. Une inspection de l’AEIA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique) est attendue dans la semaine du 29 Août.

La guerre de mouvement reprend fin Août à l’initiative des Ukrainiens.

Lundi 29 Août

L’armée ukrainienne lance une contre-offensive pour reprendre KHERSON, au Sud-Ouest du dispositif russe. Le front s’étend sur 100 KM. Par la destruction de quatre ponts sur le Dniepr les forces russes situées sur la rive droite sont partiellement isolées. La première ligne (sur trois) de défense russe serait enfoncée.

Mardi 30 Août

Des combats intenses ont lieu dans la région de KHERSON.

Les 14 experts de l’AEIA sont arrivés Kiev. Ils ne peuvent se rendre à Zaporijia car les Ukrainiens et les Russes ne sont pas d’accord sur le chemin à prendre.

Mercredi 31 Août

Combats intenses dans la région de KHERSON.

Les 14 agents de l’AEIA sont arrivés à Zaporijia

Jeudi 1 Septembre

Au bout de quatre jours de combats intenses il n’y a pas de décision. La contre-offensive ukrainienne se heurte à l’artillerie et aux renforts en soldats russes (qui viennent du Nord du dispositif Russe et qui vont manquer aux Russes quand les Ukrainiens attaqueront au Nord).

Le chef de la délégation de l’AEIA déclare avoir « vu ce qu’il avait besoin de voir ».

Une partie des 14 agents de l’AEIA va rester dans la centrale de Zaporijia pour une durée indéterminée.

Vendredi 2 Septembre

Au cours de cette semaine les Ukrainiens disent avoir frappé une base Russe à Energo proche de Zaporijia et proche de Kherson, et avoir détruit 3 systèmes d’artillerie et un dépôt de munitions. Ils ont frappé la ville de BELGOROD en territoire Russe à 40 KM de la frontière. A part cela les Ukrainiens interdisent à leurs hommes de donner des renseignements aux journalistes.

Les frappes lointaines

Ce qui caractérise cette guerre est la capacité des deux adversaires de frapper des cibles éloignées de plusieurs dizaines de KM. Les U.S. ont fournit aux Ukrainiens des lanceurs de fusées ayant une portée de 80 KM. Cela ne suffit pas pour expliquer les frappes ukrainiennes en Crimée qui sont à plus de 150 KM. Les experts français pensent que les Ukrainiens se sont fournis en DRONES chinois d’une portée de 200 KM et ayant une charge explosive de 50 Kg. Les Russes, quant à eux, sont capables d’atteindre des cibles situées à plusieurs milliers de KM.

Samedi 3 Septembre

Les Russes prétendent avoir repoussé un assaut, par bateaux, en direction de la Centrale de Zaporijia. Les experts français pensent que c’est peu probable.

La centrale de Zaporijia est déconnectée du réseau (à 7000.000 volts).

Dimanche 4 Septembre

Bataille de KHERSON

La première ligne de défense russe a été enfoncée, mais la deuxième ligne résiste. On a peu d’informations car le Président Zelenski interdit les contacts entre l’armée et les journalistes.

Négociations entre les Russes et les Ukrainiens ?

D’après le Russe Dmitri Peskov « La Russie entrouvre la porte à la négociation à ses propres conditions ». Les Ukrainiens ne répondent pas.

Lundi 5 Septembre

Bataille de KHERSON

Les Ukrainiens progressent au Nord et à l’Est de la « poche de Kherson » et, ayant détruit les 4 ponts sur le Dniepr, tiennent virtuellement prisonniers 20 000 soldats russes.

Conséquence de la contre-offensive ukrainienne ?

Les Russes interrompent le processus d’un référendum qui proposait le rattachement de la région de Kherson à la Russie.

Mardi 6 Septembre

Continuation de la bataille de Kherson.

Fin de l’inspection de la centrale nucléaire de Zaporijia par l’AIEA. Son rapport indique en particulier : »Une partie du système de sécurité est endommagée »et : «la situation actuelle est intenable ». Le rapport sera donné au Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est lui qui donnera les décisions à prendre.

Deux agents de l’AIEA restent sur la centrale de Zaporijia.

Mercredi 7 Septembre

L’armée Ukrainienne contre-attaque au Nord de la zone d’occupation russe, vers Kharkiv. Elle fait une percée de 40 KM et reprend plusieurs localités. La ligne de front active fait maintenant 1000 KM. Il existe un nœud ferroviaire au Sud de la ville russe de Belgorod par où arrive la ligne de ravitaillement de l’armée russe. Ce nœud ferroviaire pourrait être détruit par les canons longues portées dont dispose maintenant l’armée ukrainienne.

Les experts français pensent que l’attaque au Sud, vers Kherson, était un piège pour que les Russes dégarnissent le Nord ce qui permet le succès de l’attaque vers Kharkiv (au Nord).

Concernant le référendum d’adhésion à la Fédération de Russie des zones ukrainiennes occupées par l’armée russe, repoussé Lundi, il se voit donné la date du 4 Novembre par le parti de Poutine à la Douma.

Il y eut cette semaine un sommet à Samarkand entre la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Uzbekistan et d’autres. Pour le malheur des Occidentaux et de l’Ukraine la Russie n’est pas aussi isolée que souhaité.

Jeudi 8 Septembre

Le président Zelenski a interdit à ses soldats de communiquer avec les journalistes, c’est pourquoi en France on a peu d’informations tactiques. On sait cependant que les soldats ukrainiens ont poussé jusqu’à Koupiansk, maillon vital dans la chaîne d’approvisionnement russe.

Informations d’ordre général

Les américains ont fourni aux ukrainiens des lance-roquettes multiples (bonjour les orgues de Staline) appelés M142 Himars. Ils peuvent atteindre une cible située à 80 KM du point de tir avec une précision de quelques mètres. D’après les anglais, grâce à ces engins les Ukrainiens auraient ces jours-ci réalisé 350 frappes «à haute valeur ajoutée».

Les Russes, de leur côté, manquent d’hommes volontaires (puisqu’ils s’interdisent la conscription). Alors ils recrutent chez les prisonniers de droit commun (en leur promettant un casier judiciaire vierge s’ils reviennent vivants). Ils vont même voir dans les hôpitaux psychiatriques.

Vendredi 9 Septembre

L’armée ukrainienne a progressé sur trois zones de la ligne de front : au Nord, au centre et au Sud. C’est au Nord, dans la région de Kharkiv, que les progrès sont les meilleurs : ils ont avancé de 50 KM et libéré 30 localités.

La centrale de Zaporijia

La situation est de plus en plus inquiétante car les bombardements continuent. Les six réacteurs sont à l’arrêt. Les Russes harcèlent les personnels Ukrainiens en charge du fonctionnement (200 personnes auraient été faites prisonniers et maltraitées). Et le refroidissement, impératif, des six cœurs de réacteur dépend des générateurs de secours au fioul.

Samedi 10 Septembre

Reprise de la ville d’Izyoum (45 000 habitants) par les Ukrainiens qui sont accueillis en libérateurs.

Dimanche 11 Septembre

Les Ukrainiens poursuivent leur avancée de 70 KM vers Koupiansk. Ils auraient repris 3 000 KM2 aux Russes. Une partie des forces russes fuit sans combattre et abandonne beaucoup de matériel.

Dans la région de Kherson, au Sud, l’armée ukrainienne poursuit sa progression, à un tempo moindre.

Conclusion pour cette quinzaine de combats :

Il est possible qu’on assiste au tournant définitif de cette guerre en faveur des Ukrainiens.

Il est encore possible, inversement, que les Russes se renforcent et retournent la situation.

Remarque : une bonne lecture : »L’engrenage » de Sergueï Jirnov

Pau, le 12 Septembre 2022

Jean-François de Lagausie

*** La chaine LCI, le Figaro, le Monde

Crédit image : https://www.leprogres.fr/defense-guerre-conflit/2022/09/10/kiev-revendique-des-percees-dans-le-sud-et-la-reprise-de-koupiansk-ville-cle-dans-l-est

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2 commentaires

  • Si les ukrainien progressent c’est que les différentes armes fournies sont de très haute qualité et, certaines, servies par de prétendus « mercenaires » qui sont en réalité des militaires américains des FS.

    Cette guerre a des aspects surprenants. Lisez les bouquins de jacques Baud, un ancien cadre des services secrets suisses qui connait bien l’Ukraine. Et vous comprendrez un peu mieux tous les enjeux » non-dits ». Seule certitude: c’est le peuple ukrainien et celui du Donbass qui trinquent !

    On sait aujourd’hui que certaines matériels US ont été récupérés (missiles Javelin, notamment) par les russes grâce au marché noir, car les coulisses de cette guerre ne sont pas très belles et il y a des matériels qui ont été prélevés par des réseaux, quelque fois même dans les dépôts ukrainiens, et se retrouvent en vente sur les marchés « très noirs » des mafia ukrainiennes qui n’ont rien à envier aux mafias russes.

    Il y a deux ou trois mois, La France recherchait deux canons Caesar, « prêtés  » à l’Ukraine, qui auraient, eux aussi, disparus des radars. Ce qui a provoqué l’ire de nos officiers supérieurs qui, eux, s’inquiètent de l’état de l’Armée française.
    Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui de ces pauvres Caesar…

  • Je ne pense pas que les Ukrainiens soient en capacité de gagner cette guerre malgré leur courage. Le rapport de force leur est trop défavorable. La question demeure du soutien qu’il leur ait prodigué. Or en France comme en Allemagne le front pro-ukrainien se fissure; le soft power russe soutenu par la Chine fait son chemin -dans tous les camps. Je crains aussi que la proximité de l’hiver et les restrictions énergétiques n’aident pas au soutien pro-ukrainien. Hélas mais c’est ainsi. L’issue du conflit sera forcément négociée. Mais l’heure n’est pas venue

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