Nous sommes tous piqués !

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Le journal Sud Ouest du 21 septembre titre « ça va encore piquer »; ce titre a fait naître chez moi l’idée que cela pourrait être intéressant de donner un aperçu, non exhaustif d’ailleurs, sur qui pique, comment il pique, pourquoi il pique. Jacques Dutronc avait déjà évoqué le problème avec bien des sous-entendus.


 Le monde entier est un cactus

Il est impossible de s’asseoir 

Dans la vie, il n’y a que des cactus 


Ce qu’on peut dire dès le départ c’est que le monde vivant est entièrement concerné: humains, animaux, végétaux.


Chez les végétaux, la structure épineuse est avant tout protectrice vis-à-vis des prédateurs, pensons aux ronces et aux acacias des déserts ; chez les euphorbes, le contact  provoque l’écoulement d’un lait blanc très irritant pour la peau (attention aux yeux !).
Chez les cactus par exemple, plantes xérophytes des déserts, les épines protègent mais sont surtout des feuilles réduites qui limitent la transpiration.
Les orties ont des feuilles couvertes de poils protecteurs urticants.
On pourrait aussi citer  celles des plantes carnivores comme les doseras ; elles sont garnies de poils glandulaires qui collent les petits insectes. Cette plante de nos tourbières acides peuvent subsister en trouvant les protéines qui manquent et dont elles ont besoin grâce à ses petites proies.

Chez les animaux, certains piquent pour : 

*se nourrir : ce sont des prédateurs comme les araignées, scorpions, certains serpents;  on en trouve qui se nourrissent de sang, les hématophages : puces, tiques, poux, sangsues, aoûtats, punaises des lits, taons….et ceux qui piquent pour sucer la sève des plantes: cigales, punaises..

*Se défendre. comme les abeilles ou les frelons…

*Se reproduire comme les moustiques.
En fait, il faut considérer :

* Ceux qui piquent vraiment avec un dard au bout de l’abdomen : scorpions, frelons, abeilles…

*Ceux qui mordent car ils utilisent leur appareil buccal piqueur-suceur : puces, moustiques, poux, araignées, taons., cigales. Les vipères « piquent » pour se défendre et chasser, avec deux crochets rabattus sur la mâchoire supérieure en rapport avec des glandes à venin paralysant. Ces crochets se déplient quand elle ouvre la gueule. Les lamproies s’accrochent avec leur bouche formant ventouse a des poissons et aspirent le sang.   N’oublions pas que les humains piquent dans la plupart des domaines ; je ne développerai pas car chacun a vu et entendu le marteau piqueur du bâtiment, subi une injection de vaccin ou autres, du monde infirmier ou hospitalier, d’où le titre du journal


ça va encore piquer.

La couturière s’active à piquer dans les dépendances des théâtres ou des maisons de couture….. 

Parmi les comportements piqueurs un peu originaux signalons :
*Ce qui est arrivé à un ami qui revenait de Guyane, il avait une bosse sous la peau, un peu allongée, sur le bras avec une larve à l’intérieur. Quelques semaines après son retour une mouche velue est sortie.
* Celui du pic vert qui en « piquant » le bois, fait sortir les insectes xylophages.
* Ceux de certains animaux aquatiques comme  certaines raies, des vives, les rascasses, les méduses et les physalies bien connues sur la côte basque et landaise et leurs longs prolongements garnis de cellules urticantes. Des amis de Lacanau m’ont signalé que la plage avait été interdite à la baignade pendant leur présence.

*Avec une oreille attentive, j’ai eu l’occasion de percevoir le tambourinage du pic à dos blanc dans la forêt de hêtres des Arbailles.

*La recherche de la seule espèce d’araignée fouisseuse française, la lycose tarentule ; je l’ai titillée avec une petite paille, dans son terrier, dans la plaine, à la Ste Baume, pas très loin de Toulon, pour la faire sortir de son trou, la paille suggérant pour elle une proie qu’elle pensait pouvoir attraper avec ses crochets pointus, les chélicères.

* Le scarite géant des dunes, très carnassier, a des mâchoires longues et pointues, je l’ai rencontré dans le Languedoc, la nuit car le jour il est enfoui dans le sable ou sous des laisses de mer.

*Je ne citerai pas tous les coléoptères rencontrés ayant des mâchoires transformées en véritables  épines qui transpercent les proies, je pense à :

+ une nebria jaune du bord de la presqu’ile de Giens ; elle est aujourd’hui disparue(pollution et tourisme)

+ aux cicindèles qui chassent à courre.

+Tout le monde connaît le lucane cerf-volant mâle et ses mandibules énormes en forme de pince, c’est  surtout un organe dissuasif, un peu défensif, aussi mais pas pour se nourrir car il ne mange pratiquement pas pendant sa vie d’adulte.
Immergé dans le maquis provençal avec ses couleurs, ses odeurs, ses saveurs, ses bruits, c’est le bonheur; oui la nature est belle, donc la montagne aussi, comme le ressentait Jean Ferrat. Je plains celui qui ne sait pas la regarder avec ses sens et  avec l’envie de connaître, de voir vivre, de défendre, cette infinie biodiversité.

signé : Georges Vallet

crédits photos: photo personnelle  de l’euphorbe couronne d’épines.

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