Samedi brûlant

Après ce samedi ! Toute cette violence est certes inadmissible.Toutefois, il se trouve que depuis des années nos gouvernants acceptent tellement de choses que certains trouvent tout-à-fait normal de frapper les policiers, de brûler des voitures et même des immeubles. Mais enfin tous ces voyous font la guerre à la France ! Quand on voit les forces de l’ordre reculer devant eux c’est la France qui capitule. Il n’y a qu’en France qu’on voit cela. Si la police ne suffit pas, il y a l’armée car le pays est en guerre. Une guerre intérieure, mais une guerre et tant qu’on ne considérera pas les casseurs comme des ennemis ils continueront. Quand un État ne fait plus peur, c’est le pays qui tremble. Et s’il n’est pas capable de faire respecter les biens privés ce seront un jour leurs propriétaires qui s’en chargeront car au vu des images qui nous parviennent on est en droit de se demander si le ministre de l’intérieur, le premier ministre et même le président de la république sont à la hauteur de leurs responsabilités. Voilà quand même quatre mois que ça dure ! Dans quel autre pays civilisé voit-on cela ? Et comme la force n’est pas utilisée, il est facile de prévoir que ça va continuer. C’est même annoncé. En 1968, quand le président de la république a dit « ça suffit « tout est rentré dans l’ordre. C’est ce que pense la majorité des citoyens. Monsieur le président votre tâche est très difficile mais samedi votre place était à Paris et non à La Mongie. Pour certains c’était une provocation, pour beaucoup c’est de l’inconscience. Alors prenez la parole et vous aussi osez dire de façon grave et solennelle « ÇA SUFFIT » !

Pierre ESPOSITO

Crédit photo : actu orange.fr

Piétons, cyclistes et police municipale

Police municipale                           Passage Loup               Potelets Tourasse

 

Bonjour Alternatives-Pyrénées.

On sait qu’à Pau les rares pistes cyclables et les passages piétons sont
à l’abandon, la plupart effacés. Heureusement la police municipale est
là et veille pour les faire respecter.

Michel Barrère

Pau à Vélo. Ville Partagée.

La révolte algérienne

Les images que nous en proposent les médias sont riches d’enseignements pour nous Français.

Ainsi est-il surprenant de voir que les milliers de manifestants défilent sans violences.
Pas de voitures brûlées, pas d’ouvrages publics dégradés et pourtant pratiquement pas de policiers.
Bien curieux au regard de ce qui se passe en France avec moins de participants et de plus grands déploiements de forces.
Et cela non seulement en Algérie mais aussi en France pour les mêmes manifestations qui n’ont causé aucun dégât alors qu’habituellement les forces de l’ordre sont conspuées, agressées et considérées comme des provocatrices quand elles poursuivent des individus qui, refusant d’obéir à leurs injonctions, s’enfuient aux risques de leur vie avec le soutien d’une population qui ose soutenir que la faute en revient aux policiers qui devraient donc renoncer à toute interpellation sous peine d’être coupables du résultat de leur intervention.
Le contraire du vivre ensemble dont on nous rebat régulièrement les oreilles en offrant micros et caméras à des citoyens toujours prêts à témoigner de la bonne mentalité, de la serviabilité, de la gentillesse, on ne va pas jusqu’au civisme quand même, de ceux qui s’en prennent régulièrement à tout ce qui est un signe de l’autorité légitime ou tout simplement aux services d’incendie.
Ce qu’il est aussi permis de retenir est le nombre de femmes présentes dans les manifestations et surtout le fait qu’elles avaient le visage découvert. Alors pourquoi en France ces revendications à toutes sortes de tenues vestimentaires, burka , niqab , hijab ? Des traditions, des obligations religieuses ou des provocations ?

Pierre ESPOSITO

Crédit photo : 20 minutes.fr

Souvenir d’école communale

J’ai fait toute ma scolarité primaire dans une école communale de la banlieue d’Alger, durant la guerre (de 39-45).

Cette école était neuve, j’en suis sûr, avec une très grande cour de récréation et des salles de classe grandes et très claires. Je me souviens parfaitement des noms de mes instituteurs (alors que j’ai oublié celui de la plupart de mes profs de lycée), ils étaient deux couples : Monsieur A. (Directeur) et son épouse, Monsieur B. et son épouse.

Comme les punitions physiques étaient monnaie courante les dames envoyaient leurs élèves dissipés, chez leurs maris respectifs pour les faire taper. Mon Maître B. avait la spécialité de nous battre avec son mètre en bois de section carrée, ça ne faisait pas trop mal. Le Maître A. nous envoyait de ces taloches à décorner un bœuf !

La distribution de taloches obéissait à la Justice du même nom et les petits Français en « bénéficiaient » autant que les petits arabes.

Dans la cour de récré, on rigolait bien. Pas de problème de groupe ethnique, nous jouions à un jeu appelé « délivrance » et quand la fin de la récré sonnait chacun des deux camps criait : « on a gagné ! ». A la saison des abricots tout le temps libre était consacré à obtenir le maximum de noyaux d’abricots. Les uns proposaient un but constitué soit de 1 noyau soit de 4 noyaux formant une petite pyramide. Les autres, avec leurs propres noyaux tentaient d’atteindre les cibles et de les gagner.

Le Jeudi après-midi Maître B. emmenait sa classe dans la campagne découvrir la nature et nous faisait chanter :« Algérie oh pays de rêve, de lumière et d’enchantement, vers toi que mon hymne s’élève……………   »

Tous les matins Maître A. levait les couleurs et nous chantions en chœur : « Maréchal, nous voilà, devant toi, le sauveur de la France……………………… »

Un matin, en 1941 (ou en début 1942**), Maître A ; est entré dans la classe, un papier à la main, et a dit : «untel, untel et untel, vous êtes juifs, c’est pourquoi vous n’avez plus le droit de venir à l’école. ». Les trois petits garçons ont mis leurs affaires dans leurs cartables et sont sortis.

** le 8 Novembre 1942, débarquement américain en Afrique du Nord

Pau, le 22 février 2019

Jean-François de Lagausie

Encore un petit service amical !

Monsieur Alain JUPPÉ doit à son ami Richard FERRAND, président de l’Assemblée Nationale, de devenir un membre du conseil constitutionnel pour neuf ans alors qu’il aura 74 ans en août 2019. Ce n’est certainement pas le genre de promotion susceptible de réjouir ceux qui souhaiteraient une république plus vertueuse car , enfin , on oublie vite les malversations commises par ce « grand serviteur de l’État ».
Aussi est-il bon de rappeler ce que publiait le Nouvel Observateur le 2 décembre 2004.
« Alain Juppé a été reconnu coupable d’avoir, en tant qu’ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995), couvert la rémunération par la Ville de sept personnes qui travaillaient en réalité pour le parti gaulliste.
Dans son arrêt, la cour a estimé « regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unaniment reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés ».
La cour a aussi jugé « particulièrement regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti, dont il était le secrétaire général à l’autorité incontestée, les règles qu’il avait votées au Parlement ».
On connaît la suite du feuilleton. Alors que beaucoup le croyaient définitivement sorti de la scène politique, l’intéressé qui s’était fait oublier quelque temps, s’est vu offrir comme strapontin la mairie de Bordeaux. Sans doute espérait-il mieux puisqu’il a osé postuler aux primaires de la droite en 2016 à l’issue desquelles il déclarait se consacrer aux seules affaires bordelaises. Mais ces gens-là, dont on ne veut plus, sont comme mes caméléons. Un œil peut regarder devant pendant que l’autre regarde à côté. On ne sait jamais, il peut y avoir quelque chose qui traîne ici ou là.
Et voilà une bonne planque pour neuf ans, sans responsabilité, pour un salaire avoisinant mensuellement 13000€. Autrement plus que l’indemnité municipale !
Seul Yves JEGO n’avait pas cru à l’enterrement d’Alain JUPPÈ. Beaucoup d’autres y croyaient dans l’espoir d’une place à prendre.
«  Le bon peuple », celui des gens comme vous et moi, qui travaille, cotise, paient ses impôts, qui râle mais oublie vite, ne va prêter attention à cet outrage aux bonnes mœurs. La moralisation de la politique n’est pas pour demain. Ce n’est pas des milliers de gilets jaunes qui devraient se retrouver dans la rue mais des millions de citoyens paisibles , non casseurs, venant crier leur colère. Il ne manque qu’un chef d’orchestre pour l’organiser. Imaginons-nous le droit pour un tricheur de contrôler la constitutionnalité des lois ?

Pierre ESPOSITO

Crédit photo : Conseil constitutionnel .fr

La taxe d’habitation

Proposition : la limitation du paiement de la taxe d’habitation est un magnifique triplé.

A) Il trace clairement la limite entre les riches et les pauvres de notre beau pays. Foin de ce concept flou de « classes moyennes ». 20% de nos concitoyens sont riches (tant mieux pour eux), 80% sont pauvres (nous n’imaginions pas que nous étions aussi nombreux).

B) Il est un bon coup pour la recentralisation. Ainsi c’est un Ministère qui arbitrera les subventions entre PAU et TARBES, au lieu que l’ensemble des citoyens de PAU et de TARBES arbitrent entre des conseils municipaux plus ou moins dépensiers.

C) Il cause aux finances publiques une perte modérée de revenus, inférieure vraisemblablement à 10 Milliards d’Euros. Est-ce qu’un Gouvernement à la tête d’une Nation endettée de 2300 Milliards doit s’en soucier ?

Jean-François de Lagausie

Pau, le 24 Janvier 2019

Crédit photo : L’Humanité

Vous avez eu raison !

C’est ce qu’a affirmé M. Macron en s’adressant aux gilets jaunes dans un acte de contrition en décembre. De tels propos n’ont pas dû réjouir les lampistes du gouvernement comme Gabriel Attal ou Marlène Schiappa qui ont dû faire face aux représentants des gilets jaunes dans des débats télévisés dans lesquels les piliers de l’exécutif étaient bien absents. Ces propos sont une bien faible consolation pour les victimes du soulèvement, que ce soit pour des blessures, des morts (bien oubliées) ou des dommages matériels ou financiers. L’image de M. Macron, de Paris et du pays ont été bien écornées. Dommage pour la lutte contre les GAFA, l’évasion fiscale, l’hégémonie scandaleuse du dollar, la limite de la casse du Brexit, l’harmonisation fiscale au sein de l’Europe. Il y avait tant à faire ! L’occasion est peut-être perdue.

Mais nous n’en sommes plus là. Il appartient désormais au pays de tirer les leçons du mouvement et d’essayer de trouver des solutions pour une sortie par le haut. Observons tout d’abord que les 32 questions posées par le Président de la République ne couvrent pas la totalité des problèmes qui se posent au pays. Le problème principal, celui de l’emploi, ne figure pas dans la liste. Et pourtant, c’est la quantité (et la qualité) du travail fourni par les actifs qui permet d’assurer la viabilité de notre économie et donc la possibilité d’une politique de redistribution généreuse.

Aussi, plutôt que de focaliser le débat sur un éventuel rétablissement de l’ISF, examinons la possibilité de trouver un moyen d’établir plus de justice fiscale et sociale qui soit plus consensuel. Le CICE ne semble pas avoir donné satisfaction en termes de création d’emplois ; aussi il devrait être transformé plutôt que prolongé. On pourrait aussi détourner l’augmentation spectaculaire des revenus des grands patrons et des actionnaires en établissant un barème de l’impôt sur les sociétés qui augmenterait en fonction de la proportion des bénéfices qui leur sont versés. Un effort sur l’investissement, sur les salaires plutôt que sur la rente vaudrait une baisse des charges. En ponctionnant les entreprises qui ne font pas cet effort, on obtiendrait des revenus pour l’État qui pourraient aller au-delà de ce que rapportait l’ISF (entre 4 et 5 milliards, dont 1,2 milliard pour l’impôt sur la fortune immobilière qui a été maintenu). Et la ponction porterait aussi sur les sociétés étrangères exerçant en France, et pas seulement sur les contribuables français. De plus, le consentement à l’impôt serait amélioré puisque ce seraient les dirigeants et les actionnaires eux-mêmes qui choisiraient le taux d’imposition. C’est ce qu’on appelle en contrôle optimal la rétroaction (feedback). Personne ne pourrait parler de prélèvements confiscatoires puisqu’il y aurait la possibilité de choisir un taux moindre.

Certes, un tel système demanderait des ajustements. Et il y aurait tout de même des récriminations. Il y en a de la part des citadins qui ont quitté la ville pour s’installer en périphérie et qui constatent que ce qu’ils ont gagné en imposition et en coût de l’habitat, ils le perdent en carburant et en accessibilité aux services. Avoir la liberté de choix est précieux, et tout le monde ne l’a pas.

Dans bien des domaines la liberté de choix existe. Certains choix sont favorables à l’économie du pays et à son avenir (la lutte contre l’espionnage économique, par exemple), d’autres ne le sont pas. La préférence pour les animaux de compagnie plutôt que sur la fraternité et la solidarité n’aide en rien dans la compétition internationale, pas plus que les sommes importantes consacrées aux manifestations sportives (qui ont cependant un coût pour l’État en termes d’équipements et de sécurité). Dans la Rome antique, c’était le choix pour les jeux du cirque… Mais l’Empire s’est effondré.

Aussi, il serait essentiel que l’impôt aille véritablement aux objectifs poursuivis : le travail et la préparation de l’avenir pour l’impôt sur les sociétés, la transition énergétique et la sécurité routière pour les carburants. Mais il conviendrait aussi de redonner du pouvoir d’achat en allégeant la TVA sur les produits de première nécessité. Ne perdons pas de vue que la TVA rapporte 153 milliards à l’État, la CSG presque 100 milliards et l’ISF abandonné quelque 3 milliards.

Il y a aussi à faire en matière d’organisation de l’État (la question du millefeuille administratif est souvent évoquée sur ce site) et en matière de démocratie. Mais pour ce dernier point l’introduction d’une dose de proportionnelle ne devrait pas être une difficulté majeure alors que la hauteur de l’abstention est un fort mauvais signe. Débattons ; mais avant tout réfléchissons.

Paul Itaulog

En Béarn, des montagnes sans ourses, de la désespérance à l’espoir !

trace d’ours/secteur Magnabaigt

Philippe CHARLIER, attaché à des Pyrénées sauvages et vivantes, pour que l’homme puisse continuer à VIVRE AVEC l’ours et la faune pyrénéenne dans des milieux naturels préservés, revient sur les faits marquants des 14 dernières années où ces vallées béarnaises n’accueillaient plus aucune ourse. Un texte qui date du 24 octobre 2018 mais qui n’a aucunement perdu de son actualité.

Dans le Haut-Béarn (Pyrénées-Atlantiques), l’opposition farouche d’éleveurs et d’élus locaux a bien failli avoir la peau de l’ours, faute d’une réelle volonté politique de l’État de pérenniser la présence historique de l’ours et d’engager enfin sa sauvegarde. Il s’en est vraiment fallu de peu pour que « lou pedescaous » (« le va-nu-pieds ») ne tire définitivement sa révérence en ces (ou ses) montagnes pour crever dans l’indifférence quasi-générale.

En vallées d’Aspe et d’Ossau, l’ours brun fait partie intégrante du patrimoine naturel et culturel,
là où la toponymie fait souvent référence à l’ours,
là où l’ours et le berger fromager en estive ont toujours cohabité,
là où les troupeaux d’ovins sont gardés et protégés,
là où des mesures d’accompagnement favorisant la cohabitation sont mises en œuvre,
là où le fromage fermier d’estive (à l’empreinte de l’ours) « Pé Descaous » est produit,
là où les habitats naturels sont favorables à la présence du plantigrade,
là où des mesures d’interdiction de la chasse en battue sur des zones vitales de l’ours sont désormais mises en place afin de garantir la tranquillité de cette espèce protégée,
là où les derniers ours mâles ne pouvaient se reproduire en l’absence de toute femelle.

Un rappel concis ne semble pas superflu sur les faits marquants des 14 dernières années où ces vallées béarnaises n’accueillaient plus aucune ourse et où les 2 derniers mâles ont erré durant ces longues années dans les Pyrénées occidentales désespérément en quête d’une femelle introuvable !

Le lundi 1er novembre 2004, l’ourse « Canelle » – baptisée ainsi par Jean-Jacques CAMARRA en référence à son pelage blond –, dernière femelle de souche pyrénéenne, accompagnée d’un ourson de l’année, est abattue par un chasseur lors d’une battue aux sangliers en haute vallée d’Aspe, à Urdos, au-dessus des gorges d’Enfer. Sa dépouille est évacuée par hélitreuillage (!) afin d’être autopsiée et quitte à jamais ces (ou ses) montagnes béarnaises. Son petit, « Cannellito », survit et s’installera par la suite dans les vallées bigourdanes situées plus à l’est.

Ce jour de Toussaint, la veille de la fête des défunts, un coup de fusil condamne le « noyau » relictuel de population d’ours brun dans les Pyrénées occidentales, uniquement des mâles, dont les ultimes porteurs du patrimoine génétique de la lignée immémoriale pyrénéenne, vouée à une extinction inéluctable sans renforcement – un ours d’origine slovène, « Néré » (« le noir » en aranais), né en 1997 dans les Pyrénées centrales, s’y est installé en 2001, qui est le père de « Cannellito ». Il reste 4 ours mâles – le vieil ours emblématique béarnais, baptisé « Papillon », qui avait longtemps fréquenté les vallées d’Aspe et d’Ossau, a été retrouvé mort (de vieillesse) le 25 juillet 2004 dans la vallée de Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées), où il s’était installé depuis 2001 (considéré alors comme « ours à problème » par les éleveurs du pays Toy dont les troupeaux d’ovins ne sont ni gardés ni protégés, l’autopsie révélera la présence de plombs de chasse – anciens – dans son corps !).

La disparition tragique de la dernière ourse autochtone, qui symbolisait la survie de l’ours des Pyrénées, suscite une vague d’émotion jusqu’au plus haut sommet de l’État. Le ministre de l’Écologie Serge LEPELTIER déclare que « c’est une catastrophe écologique, un événement d’une extrême gravité en matière de protection de la nature » et le Président de la République Jacques CHIRAC déplore en Conseil des ministres « une grande perte pour la biodiversité en France et en Europe ».

Par ailleurs, en vallée d’Aspe, le 4 novembre 2004 à Etsaut, une manifestation spontanée réunit 150 habitants de la vallée, puis le 6 novembre 2004 à Accous, un rassemblement organisé par un Collectif Ourse mobilise entre 250 et 300 personnes, la plupart de cette vallée, témoignent de l’acceptation locale de l’ours et de l’attachement à l’ours. Et ce 6 novembre devant le Panthéon à Paris, lors de la manifestation à l’appel d’un collectif d’associations en faveur de la biodiversité, de l’ours, du loup et du lynx en France, l’ourse « Canelle » est enterrée symboliquement.

Le 28 novembre 2004 à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), à l’initiative de 3 associations : la SEPANSO Béarn, le FIEP – Groupe Ours Pyrénées et Pays de l’Ours-Adet, une « Marche pour l’Ours », « Non à l’extinction programmée de l’ours dans les Pyrénées ! », organisée avec le soutien des associations membres de la Coordination associative pyrénéenne pour l’Ours (CAP Ours), rassemble près de 2 000 personnes.

Le 13 janvier 2005, Serge LEPELTIER annonce « [la réintroduction de] cinq ours, et plutôt des femelles, à l’automne prochain », dont 2 en Béarn. Puis le 25 septembre 2005, aux « Automnales du Pays de l’Ours » à Arbas (Haute-Garonne), la ministre Nelly OLIN, qui lui a succédé, confirme « la réintroduction de cinq ours l’an prochain », dont 2 femelles dans le Béarn.

Tout d’abord, un premier acte manqué au printemps 2006, du fait de l’opposition de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), présidée par Jean LASSALLE, en charge de la mise en œuvre de « la charte de développement durable des vallées béarnaises [d’Ossau, d’Aspe et du Barétous] et de protection de l’ours » – signée le 31 janvier 1994 –, aucune ourse ne sera finalement lâchée en Béarn (quid du respect du « contrat d’honneur et de confiance » ?). Et ce, sans tenir compte des prises de position du maire d’Accous, Jean-Pierre CAZAUX, et du maire d’Etsaut, Marcel MINVIELLE, en faveur d’un lâcher d’ourse(s) sur le territoire de leur commune respective. Toutefois, dans le cadre du Plan de restauration et de conservation de l’Ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009 (présenté par Nelly OLIN le 13 mars 2006), une – vieille – ourse slovène, « Françka », sera lâchée le 28 avril 2006 à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), à l’est du Béarn (en espérant qu’elle s’installe plus à l’ouest), avant d’être finalement tuée accidentellement à la suite d’une collision avec un véhicule en traversant la 2×2 voies entre Lourdes et Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées) le 9 août 2007 (considérée comme « ourse à problème » par les éleveurs locaux dont les troupeaux d’ovins ne sont ni gardés ni protégés, l’autopsie révélera la présence de plombs de chasse – récents – dans son corps !). Il reste 3 ours mâles – le vieil ours autochtone « Camille », qui fréquentait le revers espagnol des vallées béarnaises, s’est éteint dans l’indifférence générale.

Le 3 juin 2006 à Toulouse (Haute-Garonne), à l’appel de la Coordination associative pyrénéenne pour l’Ours (CAP Ours) et des maires d’Arbas, de Bagnères-de-Bigorre, de Burgalays et de (Bagnères-de-)Luchon, un « Rassemblement de soutien [pour l’ours] », « Les Pyrénées avec l’Ours ! », initialement prévu à Luchon (Haute-Garonne), mobilise près de 1 200 personnes, dont l’ex ministre Serge LEPELTIER.

Ensuite, un second acte (encore) manqué le 1er juin 2011, sur décision du Président de la République Nicolas SARKOZY, la ministre de l’Écologie Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET renonce à respecter l’engagement pris par la secrétaire d’État Chantal JOUANNO, le 26 juillet 2010 lors du Comité de massif des Pyrénées à Toulouse, de lâcher une – seule – ourse (en remplacement de l’ourse « Françka ») au printemps 2011, au prétexte « [des] difficultés rencontrées par les éleveurs du fait de la sécheresse persistante » (sic) – la sécheresse qui n’avait pourtant touché aucune vallée béarnaise ! Il reste 2 ours mâles – l’ours autochtone « Aspe-Ouest », probablement né en 1998, qui était atteint depuis 2006 d’une pelade sur son arrière-train (le « cul pelé »), disparaît en 2010.

En outre, un troisième (non) acte, lors d’un déplacement à Cauterets (Hautes-Pyrénées) le 19 juillet 2014, à l’occasion d’un lâcher de trois bouquetins ibériques, la ministre de l’Écologie Ségolène ROYAL refuse « [toute] réintroduction qui menace le pastoralisme » !

Le 1er juillet 2016 à Toulouse, dans le cadre du volet Ours brun de la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité (SPVB), le Comité de massif des Pyrénées approuve à 50 % des voix « un renforcement minimum du noyau occidental d’ours des Pyrénées » avec un lâcher d’une ou deux femelles en Béarn. Et dans une lettre du 15 septembre 2016 au préfet coordonnateur du massif des Pyrénées, Ségolène ROYAL envisage « l’introduction d’une ourse sur le noyau occidental » !?

Enfin, un quatrième acte réalisé à l’automne 2018, dans le cadre du Plan national d’actions Ours brun 2018-2028, finalisé sous l’impulsion du ministre d’État Nicolas HULOT et mis en œuvre par son successeur François de RUGY. Le 4 octobre 2018, une première ourse slovène, « Claverina » (« l’héritière » ou « celle qui détient les clés »), est lâchée en vallée d’Aspe, puis le 5 octobre 2018, une seconde ourse également slovène, « Sorita » (« la petite sœur »), est lâchée en vallée d’Ossau. Et ce, par hélitreuillage (!), une première par voie aérienne afin de contourner les barrages sur les routes en vallées d’Aspe et d’Ossau dressés par des opposants à l’ours, dont certains munis de fusils de chasse ! Soulignons que ces lâchers ont été préparés avec un grand professionnalisme par les équipes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Quelle émotion en regardant les images de la première ourse « Claverina » fouler le sol béarnais, un moment magique, un rêve qui devient réalité ! Et comment pouvait-on envisager ces montagnes béarnaises sans ours ?

Souhaitons la bienvenue à « Claverina » et « Sorita » ! Au vu de leur corpulence respective, ces 2 – jeunes – ourses potentiellement gravides paraissent en pleine forme et, qui plus est, les glands et les faînes sont relativement abondants cet automne. Toutes les conditions sont réunies pour que ces femelles (r)entrent dans leur tanière – appelée localement « tute » –, courant novembre, avec des réserves de graisse suffisantes laissant espérer une mise bas au cours de cet hiver, croisons les doigts ! A défaut, Mesdames, ce printemps, surtout n’éconduisez pas vos prétendants !

Grâce à la détermination de Nicolas HULOT et de François de RUGY, la sauvegarde de l’ours à l’ouest du massif pyrénéen est désormais engagée en vue de la restauration d’une population ursine viable sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne qui répond aux obligations juridiques et morales de notre pays en matière de préservation de la biodiversité.

A travers « l’initiative pour la conservation de l’ours en Béarn » proposée par le FIEP – Groupe Ours Pyrénées, il convient de saluer l’engagement en faveur de la cause de l’ours de Paule BERGÉS, maire d’Accous, d’Henri BELLEGARDE, maire de Bedous, de Jean-Claude COUSTET, maire de Borce, de Jean GASTOU, maire de Cette-Eygun, d’Élisabeth MÉDARD, maire d’Etsaut et présidente de la communauté de communes de la vallée d’Aspe, d’André BERDOU, conseiller départemental des Pyrénées-Atlantiques, de Jean-François BLANCO et d’Andde SAINTE-MARIE, conseillers régionaux de Nouvelle-Aquitaine, ainsi que des bergers transhumants favorables à la présence de l’ours, sans qui le retour de ces 2 ourses n’aurait pu se faire. N’oublions pas d’honorer la mémoire de Jean-Pierre CAZAUX et de Marcel MINVIELLE, ayons aussi une pensée pour Jean-Pierre et Baudouin.

Le printemps prochain, je serai de retour en vallée d’Aspe dans « le pas de l’ours » afin de saluer « lou Moussu » (« le Monsieur ») en ces (ou ses) hautes terres !

– par Philippe CHARLIER

Crédit photo : Bernard Boutin « trace d’ours du coté de Magnabaigt »

Plus elle tournera tard, plus la roue tournera vite.

Plus elle tournera tard, plus la roue tournera vite ! Et plus la vitesse augmente plus le choc est violent. Les gilets jaunes ne sont qu’un tour de chauffe et s’ils recueillent une majorité de sympathies c’est parce que le mal du pays est plus profond. Quelques idées ?

1) l’assemblée nationale ne représente pas le pays réel ,
2) la majorité présidentielle est une fiction qui permet en fait à un président de gouverner les mains libres en considérant que ses idées expriment celles d’une majorité de la nation , la minorité ne servant à rien ,
3) la meilleure preuve en est que bien des lois sont votées par une poignée de députés présents ,
4) ainsi sont-ils rémunérés sans aucune obligation d’être à leur mission ,
5) ils bénéficient aussi de privilèges puisqu’ils n’ont aucun compte à rendre pendant leur mandat,
6) tous les politiques condamnés pour des délits affectant les finances publiques ne sont jamais emprisonnés profitant d’un système pénal immoral,
7) Et tout est là en réalité ! La morale, le bon sens populaire , la chose la mieux partagée , comme disait DESCARTES , n’y trouve pas son compte quand …
– le travail est moins rémunéré que le chômage,
– des familles modestes ne peuvent se loger décemment,
– des trafiquants peuvent agir impunément,
– l’ordre et donc la paix ne sont plus assurés,
– les forces de l’ordre ne sont plus respectées,
– on peut s’interroger sur l’utilité d’un conseil économique , social et environnemental qui sert surtout à apaiser la peine de candidats non élus ou réélus,
Etc, etc .
Les gilets jaunes c’est aussi un peu tout cela et on attend en vain une parole du président ou du premier ministre.
La gouvernance doit refléter ce que ressent profondément le pays et quand personnels soignants, enseignants, forces de l’ordre affichent leur insatisfaction, quand le vivre ensemble s’efface devant des revendications idéologiques, on peut craindre que les gilets jaunes ne sont  que le prélude à des protestations dont la plus violente, malgré sa passivité, pourrait être une abstention électorale massive.

Pierre Esposito

L’échec de notre politique pénale !

27 condamnations , premières manifestations délinquantes à l’âge de 10 ans , 67 faits délictueux, dernière condamnation en 2015 et recherché pour tentative d’homicide, Chérif CHEKATT a pu accomplir un acte funeste lourd de sens. Un acte contre la France où il est né, où il a été scolarisé, où il a pu bénéficier de tout ce qu’elle offre en formations et allocations, un acte contre des coutumes populaires mais aussi, ouvrons les yeux, contre la chrétienté qui commande d’aimer ses ennemis. Remarques banales qui ne semblent pas avoir fait encore l’objet de commentaires et pourtant elles laissent douter que cette tuerie soit la dernière. Parce qu’elle n’est pas crapuleuse mais idéologique !
Au-delà, c’est la philosophie de notre réponse pénale qui interpelle ! Monsieur Hervé MORIN, ancien ministre de la défense, préconise d’interner préventivement les suspects de radicalisation. Idée impossible à mettre en œuvre, susceptible de devenir une arme totalitaire et en contradiction absolue avec toutes les conventions internationales relatives aux droits de l’homme, cette philosophie souvent paralysante pour la protection d’une société. On a préféré l’individu au groupe social ; il faut en payer le prix !
Cependant, le cas de Chérif CHEKATT est la preuve de l’inefficacité et de l’inéquation des mesures laissées à l’autorité judiciaire qui elle n’est pas en cause, des moyens légaux mis à sa disposition par le législateur.
Ce douloureux événement met le point sur la faiblesse des mesures laissées aux juges des enfants car, enfin, le tueur a manifesté sa désocialisation dès l’âge de dix ans ! Le mal était-il déjà si grand qu’il fut impossible d’en venir à bout ?
Il est aussi légitime de s’interroger sur l’efficacité des divers services (il y en a beaucoup et ils coûtent cher) mis à la disposition de ces juges et plus tard des juridictions correctionnelles voire des cours d’assises.
Tout est fait pour mettre à l’écart des malfaiteurs. On a multiplié les mesures pour éviter l’incarcération des délinquants. Sursis successifs, mise à l’épreuve sans grand succès, réduction immédiate de sept jours par mois de la condamnation mise à exécution, réduction de peine, incarcération immédiate non ordonnée, aménagement des sanctions inférieures à deux ans d’emprisonnement.
Des mesures dictées tout à la fois par le droit au pardon, à la chance de rédemption, à la réinsertion (difficile de réinsérer, hélas, celui qui n’a aucune envie de renoncer aux trafics en tous genres plus rémunérateurs qu’une insertion sociale), à ne pas surpeupler les prisons, à préserver la sécurité d’un personnel pénitentiaire dont on parle peu, à éviter de faire goûter aux joies de la détention des ministres (Monsieur CAHUZAC , Monsieur BERTRAND ), une sénatrice, Madame Sylvie ANDRIEUX.
Une belle faillite d’idées aussi généreuses qu’irréalistes. Les mesures pénales doivent avoir pour première finalité de punir et de prévenir toute envie de récidive par la fermeté des sanctions. Le curriculum vitae de Chérif CHEKATT, les multiples évasions auxquelles nous assistons régulièrement, les agressions contre les forces de l’ordre, l’augmentation de la délinquance, prouvent que notre société se défend mal. On ne change pas une équipe qui gagne, mais on doit changer un système en faillite. Sans doute ces propos ne convaincront-ils pas ceux qui, comme Jean-Jacques ROUSSEAU, continuent de penser que la société est la source de toute corruption.

Pierre ESPOSITO
Avocat honoraire