La taxe d’habitation

Proposition : la limitation du paiement de la taxe d’habitation est un magnifique triplé.

A) Il trace clairement la limite entre les riches et les pauvres de notre beau pays. Foin de ce concept flou de « classes moyennes ». 20% de nos concitoyens sont riches (tant mieux pour eux), 80% sont pauvres (nous n’imaginions pas que nous étions aussi nombreux).

B) Il est un bon coup pour la recentralisation. Ainsi c’est un Ministère qui arbitrera les subventions entre PAU et TARBES, au lieu que l’ensemble des citoyens de PAU et de TARBES arbitrent entre des conseils municipaux plus ou moins dépensiers.

C) Il cause aux finances publiques une perte modérée de revenus, inférieure vraisemblablement à 10 Milliards d’Euros. Est-ce qu’un Gouvernement à la tête d’une Nation endettée de 2300 Milliards doit s’en soucier ?

Jean-François de Lagausie

Pau, le 24 Janvier 2019

Crédit photo : L’Humanité

Ecobuage : qui pour démontrer son utilité ?

écobuage du côté du Rocher d’Aran

Chaque année, dans les Pyrénées, une fois que l’herbe a bien séché, une fois qu’elle est devenue paille et a revêtu une magnifique couleur or qui scintille au soleil, les pentes s’embrasent.

L’or se transforme en couleur cendre, l’air devient irrespirable. Il faut cheminer sur ces espaces brûlés, morts… et se questionner : quelle chance a-t-elle été donnée aux insectes, qui vivent au raz du sol, pour échapper au feu dévastateur ? Quelle chance a-t-elle été donnée aux nichées d’oiseaux qui vivent camouflées sous les mottes de terres ? Quelle chance a-t-elle été donnée aux petits rongeurs pour fuir le feu ? La réponse est simple, dramatique : aucune !
Et si ce n’était que cela : cette herbe paille n’était-elle pas aussi litière pour les ongulés (isards, chevreuils etc.), voire un complément nutritionnel pour les mois d’hiver.

A t-on évalué le bilan de ces écobuages ? A t-on évalué, d’un côté, la disparition par le feu de plantes invasives sur les estives (ajoncs, ronces etc.) et l’enrichissement des sols par les cendres et, de l’autre, l’inexorable disparition de la chaîne du vivant ?

Qu’est-ce qui est le plus important : préserver une activité traditionnelle (la transhumance) qui ne concerne que quelques uns ou préserver le vivant qui nous concerne tous ? Un choix difficile entre court-terme et long-terme.

Il serait intéressant que les naturalistes qui interviennent sur AltPy aident à développer ce sujet et nous renseignent, si possible, sur le bilan réel de l’enrichissement des sols par les cendres.

– par Bernard Boutin

Ours : à qui appartiennent les Pyrénées ?

Jeudi matin, le maire et éleveur de Sarrance, Jean-Pierre Chourrot, s’exclamait sur l’antenne de France Bleu Béarn, à propos des barrages filtrants, installés sur sa commune, pour s’opposer au lâcher d’ourses : « On est quand même chez nous ! ».

« On est quand même chez nous ! » : cette appropriation des Pyrénées plante bien le décors. Les Pyrénées appartiendraient aux seuls bergers… qui ne montent à la transhumance que fin juin/début juillet pour descendre fin septembre.

Deux à trois mois de présence sur les estives (elles ne représentent qu’une partie de l’espace pyrénéen) permettent-ils d’attribuer la propriété de toute la chaîne à ces seuls bergers et aux rares éleveurs qui habitent encore en moyenne montagne. Sur quel fondement de droit de la propriété peut-on affirmer cela ?

Quid de ces passionnés de nos montagnes qui y font vivre tout un tissus touristique ? Quid des employés des collectivités territoriales qui entretiennent routes et stations de sports d’hiver ? Quid des techniciens qui font tourner le réseau de centrales électriques de l’ancienne Compagnie du Midi ? La liste est longue des pyrénéens qui permettent aux Pyrénées d’être ce qu’elles sont. Il n’y a pas que des bergers dans la chaîne.

Le débat sur la propriété de la chaîne ne devrait-il pas aller plus loin alors même que l’homme a colonisé la grande majorité de la planète terre ?

Dans les plaines, tous les paysages ont été façonnés par lui et pour lui. On en sait le résultat : un appauvrissement remarquable de la bio-diversité. Un recul, toujours plus rapide, du vivant pour le seul bénéfice de son espèce.

Des « poumons verts », rares confettis à l’instar des Pyrénées, parsèment la planète. A qui appartiennent-ils ? Aux habitants locaux, à l’humanité ou à tous les êtres vivants quels qu’ils soient : plantigrades, prédateurs, ongulés, rapaces, batraciens, reptiles, ovins, bovins, hommes. Une autre mixité sociale.

– par Bernard Boutin

Nous sommes le 23/02 les bans sont proclamés !!!

bagneresgrandsthermesMonsieur PYC a décidé de se conformer à la nouvelle ligne éditoriale de la maison Altpy. Non seulement il se concentre sur le Béarn et les Pyrénées, mais encore, sur sa classe politique et sa citoyenneté en général. Et comme Coluche qui voulait laver plus blanc que blanc il annonce les événements par avance sans que personne ne les ait vus approcher. Pas un marabout ou un diseur de bonnes aventures mais un véritable prophète de la politique de la France et de la Navarre.

Son dernier article du 04/02 proclamait « François et Emmanuel : fiancés du printemps, mariés avant l’été ? ». Même Gala et Voici n’avaient vu venir le scoop. BFM et I télé trop loin, trop parisiens. Les sondeurs ils n’osent plus rien dire et leur science est toute à reconstruire. Ils se cachent car ils tiennent sinon à la vie, du moins, à leur honneur.

Nous sommes le 23/02 les bans sont proclamés et la formidable machine médiatique ne parle plus que de Pau et de Bagnères et pas seulement dans la République de chez nous (cf des Pyrénées).

Et alors quel rapport d’Emmanuel avec nos Pyrénées ? Nous le disions c’est la grand-mère, principale d’un collège du côté de Bagnères de Bigorre, qui aurait éveillé sa sensibilité (très ténue) de gauche. Un endroit (Bagnères) où il revient souvent avec Brigitte et les gosses et qu’il apprécie. Pau et Bagnères presque des voisins de palier.

Au plan politique nous avions souligné leurs attaches centristes, sociales et européennes. Nous disions :

Ce sont deux centristes sociaux et européens mais plus ou moins libéraux. En effet on devine chez Macron une certaine fascination pour le libéralisme qui heurte toujours l’inconscient politique français. Et aussi un certain amour de la globalisation qui a montré toutes ses limites surtout avec l’avènement du terrible Donald aux USA et du Brexit anglais.

Mais là il y a certainement un hiatus, sans doute lié à l’âge et à la formation, et l’affaire marchera (ou pas) non pas comme un binôme mais comme un complément. Les meilleurs couples fonctionnent sur ce modèle. Macron amène son énergie, son brio, sa vaste culture économique, son culot ; Bayrou son expérience du terrain et de la vie politique nationale et locale et des assemblées. De plus, sa droiture semble particulièrement appréciée des électeurs et des électrices.

Au physique comme au moral les hommes se distinguent et se complètent. Macron comme un furet toujours le nez au vent à la fois banquier d’affaire, musicien, fils d’un professeur de médecine mais aussi sympathique et accessible.

Bayrou, lettré encore que fils de paysan, agrégé de lettres, ministre très jeune mais avec une épaisseur provinciale notre archange de Bordères reste un digne représentant de la Gascogne et de la France. Celle bien sûr d’Henri IV et de la proclamation de l’édit de Nantes.

Un bon équilibre au final qui devrait plaire aux français et leur faire comprendre le charme de la cohabitation contre la violence bloc contre bloc.

Alors si vous avez trois sous je vous conseille de parier entre vous, sinon vous pouvez toujours aller boire une bière à la place d’armes à Orthez, mais cela n’est pas bon pour la santé et beaucoup moins rigolo.

Pierre Yves Couderc
D’Emmanuel à François
Oloron le 25/02/2017

Sisyphe ou Don Juan « de cap tà l’immortèla »

sisyphusNadau donnera deux concerts aux Zénith de Pau ces 17 et 18 février. Le Zénith affiche complet, ce qui confirme la notoriété du groupe. Mais que signifie cette notoriété ?

J’habitais à Paris lorsque Nadau est passé à l’Olympia en 2010. J’avais déjà entendu et apprécié quelques chansons à la radio ou dans des férias du Sud-Ouest. L’occasion de ce concert à l’Olympia était bienvenue pour renouer avec la culture occitane, en supplément du rituel de la visite du salon de l’agriculture.

Quelques jours avant le concert, je suis donc allé au guichet de l’Olympia pour réserver des places. Pas d’affiches dans le hall. Nadau était inconnu du guichetier que ce soit en prononçant à la béarnaise ou à la française. J’ai même persisté en cherchant sur Internet. En vain. Je ne voulais sans doute pas admettre qu’il s’agissait d’une manifestation organisée par une agence événementielle.

Quelques mois plus tard j’ai relevé, sans m’en étonner outre mesure, cet écrit de René Ricarrère quelque peu emphatique : « Nadau à Paris, l’Occitanie à Paris, c’est la France qui accepte d’écouter –oh, un jour par-ci, par là !- l’un de ses cœurs battants, pour elle —» (*). Peut-être que cet événement avait été préalablement présenté chez « Drucker » ou plus vraisemblablement chez « Jean-Pierre Pernaut ».

Nadau à Paris, c’est certainement une performance et cela a sûrement du sens. Mais c’est aussi un entre soi occitan festif transporté à Paris.

J’ai quand même fini par assister à un concert de Nadau à Arzacq lors d’un séjour au pays. Au début du concert j’ai ressenti beaucoup d’émotion mais, au fur et à mesure des chansons et des commentaires introductifs de Nadau, j’ai ressenti un fond culturel qui tourbillonne de l’anarchisme au scepticisme avec un public en parfaite communion d’idées. Cette communion me semble être en phase avec les tendances majeures qui traversent notre société désenchantée (des-encantada).

En fait les chansons de Nadau racontent nos vies de gens ordinaires avec ses combats du quotidien qui côtoient l’absurde. Mais nous sensibilisent-elles à la complexité du monde actuel  et aux conséquences de nos modes d’habiter ? Enchantent-elles ou désenchantent-elles notre avenir ?

Larouture

Crédit photo : Sisyphus_by_von_Stuck.jpg
(*): Citation de R. Ricarrère tirée de « J’habite près de la voie ferrée » ; d’Orthez et d’Oc ; 2011 (page 80), remise dans son contexte :
« L’un des cœurs battants de la France
Nadau à Paris, l’Occitanie à Paris, c’est la France qui accepte d’écouter –oh, un jour par-ci, par là !- l’un de ses cœurs battants, pour elle oui pour elle ! Non contre elle, comme voudraient le dire encore les biens pensants du centralisme bonapartiste. C’est dire si je suis avec attention, passion et intérêt, le dépôt d’une proposition de loi d’origine parlementaire, en faveur de nos langues régionales. C’est un pas formidable ! La Charte et le texte que la commission nationale (que j’ai présidée dix ans à l’A.R.F., l’Association des Régions de France, à Paris) a élaborés et présentés à Caen en Normandie, en 2008, me semblent bien pris en compte. Je vais suivre cela de près… »

Pour les stations pyrénéennes le réchauffement climatique n’existe pas

gourette-15-12-2016C’est Noël, et comme d’habitude maintenant depuis de nombreuses années, il n’y a pas de neige, ou si peu, mais rien n’y fait, les responsables des stations ne veulent toujours pas regarder la vérité en face, pour eux, le réchauffement climatique n’existe pas.

Je ne compte plus les articles que j’ai pu écrire sur la position incompréhensible des responsables des stations de ski des Pyrénées qui s’obstinent à lutter contre le réchauffement climatique grâce à l’argent des contribuables :

« Le gouffre de Gourette et de La Pierre Saint Martin«  AP du 23/11/2009

« Le Gouffre de Gourette et de la Pierre Saint Martin (suite) » AP du 30/11/2009

« Chère blanche neige » AP du 5/12/2011

 » A l’EPSA les subventions du Conseil Général fondent comme neige au soleil » AP du 2/7/2012

« Le Conseil Départemental des PA lutte contre le réchauffement climatique » AP du 26/11/2012

Récemment lors d’une émission, France Bleu Béarn recevait le Directeur de l’EPSA (Etablissement Public des Stations d’Altitude) qui gère pour le Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques, les stations de Gourette et La Pierre Saint Martin dont il est propriétaire. Pour lui, il s’agit de variations, il y a parfois de la neige et parfois pas, mais pas un mot sur la tendance inéluctable du réchauffement climatique pourtant admise par les scientifiques. Nos élus continuent une fuite en avant à coups de dizaines de millions d’euro d’investissements chaque année, à fonds perdus car l’EPSA est en déficit chronique et ne peut reverser au Conseil Départemental les montants contractuels.

Il faut répéter inlassablement que c’est le contribuable qui paye. Ces élus s’appuient, certes, sur les retombées économiques de cette activité, pour justifier cette fuite en avant, avec des chiffres bien sûr largement exagérés, mais là n’est pas le problème. On attend toujours la moindre vision claire à moyen long terme : Quel avenir pour ces stations dans 10, dans 20 ans ?

La réponse sous entendue de nos élus inconsistants est claire : « dans dix ou 20 ans je ne serai plus ni élu ni candidat, alors … »

L’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (dont ne font pas partie nos deux stations béarnaises puisque d’un statut différent) s’est réunie à Toulouse le 19/12.

Ses conclusions sont affligeantes:

Hier, une trentaine de maires de stations ont chiffré la modernisation des infrastructures pyrénéennes à 500 millions d’euros. «Ce montant, valable pour la période 2015-2020 est nécessaire pour que les stations survivent au manque de neige récalcitrant», éclaire Jean-Henri Mir, maire de Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées) et président de la Confédération pyrénéenne du tourisme. «Si ce budget est débloqué, il concernera principalement les remontées mécaniques, les canons à neige et l’entretien des pistes». (La Dépêche)

500 millions d’euro c’est gigantesque, et c’est à fond perdu ! Quand est-ce que ces responsables comprendront que la grande majorité de nos stations sont trop basses et que la seule voie raisonnable consiste à gérer leur déclin tout en les réorientant vers un tourisme d’été basé sur un Parc National des Pyrénées attractif?

Daniel Sango

Crédit Photo : FR3 Aquitaine. Gourette mi décembre 2016

Club Alpin Français de Pau : 130 ans et pas une ride !

img_3323Participer à une première Assemblée Générale du Club Alpin Français de Pau est impressionnant : La Grange Berlioz affiche complet. La jauge des 100 participants est dépassée. L’attention est forte. Le volume d’informations donné est continu… et sans fin !
Cahier sur les genoux, cinq pages de notes sont prises. Impossible de les rendre toutes, de nommer tout le monde. Le CAF de Pau : une ruche à l’énergie débordante !

Que retenir ? Malgré ses 130 ans, le CAF affiche une dynamique que rien ne freine. Un chiffre : pour la saison 2015/2016, 86 encadrants ont proposé, au moins, une sortie. Autant de bénévoles sur le terrain auxquels il convient d’ajouter ceux qui font partis des commissions refuges, formation, animation -super efficace lors de l’AG-, communication etc. En Béarn, vous en connaissez beaucoup d’associations avec près de 100 bénévoles actifs ?

Au hit-parade des encadrants, Jacky Gaüzère (104 sorties organisées), Ghislaine de Rincquesen (59) et Michel Claparède (39) méritent l’izard d’or, l’izard d’argent et l’izard de bronze. Chapeau !

Selon les calculs du club, l’évaluation du travail donné par l’ensemble des bénévoles, est de 175.000 euros pour l’année. On mesure là que sans eux et leur bénévolat total, point de CAF.

Autre chiffre : pour la saison, les 1.311 « journées encadrants » ont permis 60.045 « journées participants » pour les quelques 900 adhérents du club. Les « journées » sont en hausse, de 6 et 5% réciproquement, d’une année sur l’autre. Petit bémol : les jeunes ne représentent que 15% des participants et la parité n’est pas encore au rendez-vous : 2 participants homme pour une femme.

Ces chiffres et bien d’autres nous ont été donnés par un Président Michel Dourthe, particulièrement à l’aise dans l’exercice. On sentait bien que l’ambiance était à la satisfaction, partagée par tous, de voir le club bien tourner. D’ailleurs à la très longue liste d’activités déjà offertes, ne soulevait-il pas l’idée d’ouvrir une section « para-pente » ! Une de plus*…

Les mots clefs du Président : Amitié, accueil, échange, partage, plaisir, boire un coup, danser ne pouvaient que convenir à tous.

L’avalanche de chiffres se poursuit avec les comptes présentés par Jean-Pierre Belaygue. En un mot, ils sont bons même si pour l’exercice 2015/2016, il y a un petit déficit ! Une mauvaise imputation comptable l’explique : l’an dernier, une partie des recettes de la saison 2015/2016 a été injustement comptabilisé sur l’exercice 2014/2015. En caisse, le club a plus de 100.000 euros de réserve. De quoi voir venir !

A signaler aussi l’excellente vidéo, particulièrement bien mise en musique par Gilles Ginot, qui retraçait quelques temps forts des activités de la saison passée. Les images des vététistes roulant à quelques centimètres du vide étaient soufflantes. Silence impressionné dans la salle !

Il convient de signaler aussi la visualisation de la numérisation de l’Ossau, proposée par Jean-Pierre Labourdette, qui ouvre d’infinies perspectives pour les pratiques de la montagne. Demain, on préparera, plus précisément que jamais, une sortie depuis son écran d’ordinateur. Rassuré, le Président sait, que le jour de la retraite arrivé, il pourra toujours grimper… depuis son domicile !

Approbation des comptes, élection de nouveaux membres au conseil, quizz à l’occasion des 130 ans du Club et enfin – pas trop tard ! – l’excellent buffet peut être pris d’assaut. Pour l’atteindre, il fallait presque y jouer des coudes…

Les AG du CAF, c’est comme les sorties en montagne, il faut savoir leur consacrer du temps. En échange, vous aurez droit à un grand moment de partage entre adhérents et bénévoles, tous satisfaits de voir tant de travail accomplis. Un rendez-vous annuel à ne pas rater.

– par Bernard Boutin

* activités (et formations) proposées par le CAF : randonnée à ski, randonnée pédestre, randonnée raquette, marche nordique, surf, ski de piste, télémark, trail, alpinisme, escalade, via Ferrata, slackline, vélo de montagne, canyoning, spéléo
Le site du Club Alpin Français : C’est ICI

Décès d’un collaborateur d’ Alternatives Pyrénées

IMGP7897Nous apprenons par la Presse (http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2016/10/17/pontacq-l-ancien-maire-maurice-meireles-est-mort,2063079.php) la mort de Maurice Meirelès, qui était une plume de notre site.

Nous le connaissions peu, mais il avait le courage de s’exprimer sans craindre les critiques, et ouvrait des portes qui, désormais, se ferment sur son sens critique et ouvert sur l’esprit du temps.

Que la famille reçoive en cet instant nos plus sincères condoléances; notamment Lucienne, qui signait les mails que nous recevions.

AK pour le bureau d’Alternatives Pyrénées

17 octobre 2016

Pyrénées – Neige, peau de chagrin

Le Printemps voit reculer la neige. Elle remonte, inexorablement, inégalement, vers les sommets pour prendre ses quartiers d’été, dans quelques combes ombragées ou sur les restes de glaciers condamnés. Neige, peau de chagrin.

La neige remonte ...
La neige remonte …
... inexorablement !
… inexorablement !
... inégalement !
… inégalement !

A mesure que la neige recule, un nouveau monde prend sa place. D’abord apparaissent les réseaux de galeries, créés par les campagnols. Ils ne sont pas seuls, les marmottes se réveillent à leur tour. Elles repoussent, à l’extérieur, le bouchon de terre qui ferme leur tanière et sortent pour se retrouver soit sur terre, soit… sur neige ! Il leur faut alors jouer les prolongations.

Réveil prématuré pour la Marmotte
Réveil prématuré pour la Marmotte

La neige fait d’ultimes tentatives et dévale les pentes à tout vitesse couvrant le sol d’un mélange de neige et … de terre.

De neige immaculée à neige maculée...
De neige immaculée à neige maculée…

La couleur « terre » se met à dominer. Terre contre Neige. L’instant est bref. Tapi dans son coin, le Vert attend patiemment pour prendre sa revanche. Timide au début, elle finira par s’imposer même si la neige essaye, sans trop y croire, de reprendre ses droits. Elle n’y arrivera plus.

L’eau, tient aussi sa revanche : elle se fait… avalanche !

Une avalanche remplace une autre...
Une avalanche remplace une autre…

Partout, de jeunes pousses prennent d’assauts les pentes libérées. Renaissance.  Qui démarre le tir ? Difficile à dire. Cela dépend du lieu, de l’orientation, de l’altitude aussi. Les gentianes Bleues de Koch et les jonquilles sont parmi les premières.

Gentiane impatiente...
Gentiane impatiente…
Fières jonquilles !
Fières jonquilles !

Bientôt un festival de couleurs apparait. Le blanc est définitivement vaincu. Les couleurs ont repris leur place. Pour quelques mois seulement…

– par Bernard Boutin

Pyrénées – Grottes de Bétharram : Continuité et ancrage régional

IMG_0591 (1)L’affiche date, d’il y a longtemps déjà. D’avant la Grande Guerre ! De 1910 exactement. Elle n’hésite pas, avec son titre accrocheur : « La plus grande merveille souterraine du Monde ».  Retour sur histoire passée et présente des Grottes de Bétharram.

En 1897, Léon Ross, artiste peintre et photographe malouin*, en route pour Cauterets passe par Bétharram. Il découvre les grottes, enfouies à la frontière entre les Basses-Pyrénées d’alors et les Hautes-Pyrénées. A cette époque, seuls quelques locaux s’étaient aventurés dans ses insondables méandres.
Léon Ross les explore et, fasciné par ses beautés, décide de les ouvrir au public. Il lui faudra 5 ans de travaux pour créer tout un réseau de passerelles, cheminements, échelles et les électrifier.  En 1903, les Grottes de Bétharram ouvrent au public.
Une vingtaine d’année plus tard, en 1924, l’Aiglon, magnifique bâtiment Art-Déco est inauguré. Situé à la sortie des Grottes, il permet d’accueillir, dans tout le confort de la « Belle-Epoque », les visiteurs qui commencent à affluer du monde entier.

Plus d’un siècle après la mise en valeur du site, les Grottes de Bétharram, devenues un des piliers du tourisme pyrénéen, affichent une excellente santé de trentenaire plutôt que de centenaire. L’année dernière, ce sont plus de 140.000 visiteurs qui ont parcouru les galeries, « plongé » dans le gouffre, navigué sur les eaux souterraines et terminé leur visite en empruntant le « petit train ».
Un chiffre à mettre en perspective avec les 102.000 visiteurs** du Château de Pau, les 90.000 voyageurs du Petit Train d’Artouste ou les 121 265 visiteurs du Pic du Midi.
Seul le train à crémaillère de la Rhune affiche des chiffres plus élevés : environ 350.000 visiteurs par an pour un site bénéficiant, il est vrai, de la densité touristique du Pays Basque.

Un résultat, dont les descendants de Léon Ross, Albert (4è génération) et son fils Ghislain (5è génération) peuvent être fiers tant il n’est pas évident d’exploiter un site touristique « excentré » au milieu du piémont pyrénéen. Un succès dû avant tout à la mise en valeur permanente des grottes, et de son patrimoine immobilier et arboré, mais aussi à une organisation poussée de la gestion de flux de visiteurs. Certains jours se sont plusieurs milliers d’entre eux qui parcourent les Grottes. Jusqu’à trois mille en plein mois d’Août.

Un succès qui se traduit aussi par de l’emploi. Les Grottes font travailler plus de 50 personnes en pleine-saison et une dizaine hors saison. Depuis 113 ans, les familles de Bétharram, Saint-Pè-de-Bigorre et des villages alentours, ont toutes eu au moins l’un des leurs qui a travaillé aux Grottes.

Continuité et ancrage régional qui reposent, bien entendu, avant tout sur une des « plus grandes merveilles souterraines du Monde », les Grottes de Bétharram auxquelles Mariano vient de consacrer un très beau reportage sur le site « TopoPyrénées ». Pour le découvrir : c’est ICI.

Bonne balade

– par Bernard Boutin

Le site des Grottes de Bétharram : http://www.betharram.com
Le reportage photographique sur TOPOPYRENEES.com

* Maloin : habitant de St Malo
** Source : Château de Pau : La République des Pyrénées
Artouste : Sud-Ouest
La Rhune : La semaine du Pays Basque
Pic du Midi : La République des Pyrénées

Photos : BB

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