De la chenille au papillon, une politique qui s’adapte.

«En pratiquant cette dictature (de la nature) depuis quelques siècles, nous l’avons en quelque sorte réduite en esclavage de sorte qu’aujourd’hui sa révolte risque de nous éliminer de son règne. Nous devons donc obéir à la nature pour connaître mieux notre nouvelle partenaire» Michel Serres.

«L’actualité immédiate conduit à s’interroger sur l’évolution de notre société parce qu’il s’agit bien de cela. Alors les réflexions et interrogations sont ouvertes.» J.Braud

J’en profite puisque l’animateur de ce Petit Débat ne me coupera pas la parole !!

L’évolution de la société, d’un point de vue général, est compréhensible à la lumière de l’histoire ; quant à son avenir, personne n’est capable de le prévoir, son histoire n’est pas écrite et l’homme ne peut pas le construire, trop de facteurs entrent en jeu !

L’évolution biologique a évolué en étroite relation avec celle de l’environnement ; toutes les structures récentes ou anciennes, non adaptées aux nouvelles conditions environnementales, disparaissaient ; on parle de sélection naturelle.

Pour l’évolution culturelle, tant que l’homme (chasseurs, cueilleurs) est resté partie intégrante de l’écosystème, il a suivi la loi de la sélection naturelle.

+Au néolithique, une première prise de distance avec la nature se produit ; l’agriculture, l’élevage, le feu.. permettent une nouvelle façon de vivre.

Un nouveau monde est né, celui de la paysannerie, il a commencé à mettre la nature en esclavage et, par ses inventions, à lui «désobéir», avec des avantages mais de nouveaux risques dramatiques (famines….).

+Le mouvement s’est amplifié durant la période industrielle : un nouvel âge des métaux dont l’apogée se situe au 18ème, 19ème et 20ème siècle. L’homme exploite de plus en plus la nature qui est devenue sa chose, un don gratuit, un eldorado.

+Nous vivons depuis la deuxième moitié du 20ème siècle, non pas un passage, non pas une transition, mais la première phase d’une métamorphose, c’est-à-dire la décomposition, la liquéfaction de toute une structure antérieure non adaptée au nouveau monde qui est en formation :

Le monde du numérique, la mondialisation, la rapidité, la fréquence, des échanges physiques, chimiques, sociologiques, psychologiques.. génèrent un monde de plus en plus complexe, imprévisible, ingouvernable.

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

L’accouchement se fait dans la douleur car la nymphose engendre un monde inconnu, un imago imprévisible et surtout inadapté à l’ancienne gestion temporelle politico-économico-sociologique.

Le monde politique n’a pas suivi, il veut continuer à gérer le nouveau monde comme l’ancien, c’est l’échec total car la chenille ne vit pas comme le papillon !

«Il y a un dérèglement entre une politique désuète et une société extrêmement nouvelle. Aujourd’hui, nous n’avons plus de grille de lecture du rapport qui peut exister entre la politique qui a fait naufrage et la réalité sociale complètement nouvelle. Sur fond d’inégalité sociale et de la détresse paysanne qu’on peut tout à fait comprendre, des mouvements comme celui des Gilets jaunes sont apparus, dont on voit très bien d’où ils viennent, mais dont on ignore en revanche où ils vont.» M.Serres.

Cette crise politique est mondiale. Trump aux Etats-Unis, l’extrême-droite en Europe centrale, le Brexit en Angleterre, une sorte de chaos en Italie, puis des régimes autoritaires comme ceux de Poutine et d’Erdogan, les Gilets jaunes en France en sont les résultats.

La crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle.

Les racines sont profondes ; depuis le néolithique la gestion de la société est marquée par des causes connues mais non synthétisées, volontairement, pour ne rien changer :

+ Une accélération qui devient exponentielle, de tous les domaines de la culture, de l’économie, de la finance, des échanges, des transactions, du fait de l’évolution rapide des connaissances, de la technologie ; les échanges dans les réseaux sociaux, les transactions se font à la fraction de seconde dans le monde entier du fait de la généralisation des nouvelles technologies !

+La démographie, l’espérance de vie, la lutte contre la maladie a explosé et continue encore son ascension. Le vieillissement devient de plus en plus lourd à porter.

+La disparition progressive de l’agro-culture – nous étions 50 % de paysans et nous ne sommes plus que 2 % (M.Serres). C’est la concentration urbaine.

l’urbanisation et la prison forment une troublante cohabitation.

+La mondialisation de l’économie et de la finance est génératrice de violences sociales souvent mortelles, bien plus redoutables donc que celles qui en résultent et qui se produisent dans la rue, au moins dans notre pays.

+«Surtout 70 ans de paix, ce qui n’est jamais arrivé dans notre histoire. Nous sommes entrés dans une période en rupture totale avec ce que l’on a connu. Ce n’est plus le même homme, ce n’est plus la même vie, ce n’est plus la même mort, ce n’est plus le même espace, ce ne sont plus les mêmes relations.» Michel Serres.

Pour ceux qui ont connu la guerre, il y a non assistance à humanité en danger que de vouloir refuser l’Europe ou de maintenir l’actuelle, celle de l’argent, de la concurrence, de la spéculation, de la pollution, de la malbouffe, de la dégradation climatique. Par contre, il est fondamental de construire une Europe des citoyens reconnaissant les différences de culture, de passé mais unissant, pour plus de force et d’efficacité,  les points communs : sécurité, santé, puissance économique, niveau social, égalité…

+Les conséquences environnementales de l’exploitation inconsidérée de la nature sont tragiques pour l’ensemble de la société.

Alors, on peut augmenter la CSG, réformer la SNCF, privatiser les aéroports, créer de plus en plus de véhicules polluants, fabriquer de plus en plus d’armes, d’avions, prendre sa retraite plus tard et favoriser le chômage, licencier sans prévenir ni prévoir un recyclage, ruiner le pays avec les centrales nucléaires et leurs déchets, vouloir moins de sénateurs et députés, faire des Grands Débats,…, on continuera à augmenter les inégalités, les salariés sans toit, les resto du cœur, les SDF, les vieux en souffrance, les écarts de rémunération insolents…., cela ne changera rien et on ouvrira la voie au totalitarisme.

Que faire ?

Devant la multiplication infinie des intervenants, la voie n’est plus au raisonnement linéaire, aux petits pas dans tous les sens, au tâtonnement, mais à la gestion d’une complexité dont aucun algorithme ne peut venir à bout.

Connaître les dossiers ne suffit pas, les paroles, c’est du vent ; il est grand temps de promouvoir des actes significatifs ; dans l’immédiat ; les premiers d’entre eux, dont dépend tout le reste, est la lutte contre les bouleversements climatiques ; une taxe sur les carburants, payées seulement par les moins responsables est franchement de la provocation !

En conclusion, je me référerai aux réponses de l’infatigable voyageur de la pensée, auteur prolixe dont une vingtaine d’ouvrages interroge la société sur ses évolutions : Michel Serres

Quelle sortie de crise voyez-vous ?

«Les événements ont toujours été imprévus. Pensez-vous que celui qui a pris la Bastille prévoyait la Révolution française ? La sortie de crise aura lieu dans des circonstances que je ne vois pas et que d’ailleurs, tout le monde ignore.»

Diriez-vous que notre société, en tout cas sous le modèle que nous lui connaissons, est en danger ?

«Je ne dis pas qu’elle est en danger, je dis qu’elle est si nouvelle que nous peinons à la voir telle qu’elle est. Ce que je repère, c’est son extraordinaire nouveauté, et des institutions et de partis qui n’ont pas su évoluer avec elle. Nous n’avons pas inventé un nouveau système, on est en manque de ça.»

À propos de la sortie de crise, les politologues croient distinguer deux voies possibles : un retour à «l’ancien monde», avec la reconstitution du modèle gauche/droite qui serait plus à l’écoute de la société, ou la tentation d’un État totalitaire en France. Partagez-vous cette analyse ?

«La première solution est impossible, et la deuxième n’est pas souhaitable. La première est impossible, parce que si elle était possible, ce serait déjà fait, les partis politiques auraient déjà repris la main. Et la seconde est évidemment la pire. Macron est extrêmement fragile, parce qu’il est cerné par l’extrême gauche et l’extrême droite. Et l’histoire du XXe siècle a montré que les pires régimes se sont toujours construits sur une sorte de liaison secrète et explosive entre les deux extrêmes : le national-socialisme d’Hitler fut l’alliance de la dictature et du prolétariat.»

Alors, méfiance !

signé Georges Vallet

crédits photos:http://citation-celebre.leparisien.fr/citations/64660

Michel Serres : «Une réalité sociale complètement nouvelle» Michel …
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Grand Débat pour intellectuels de cour

« Car c’est double plaisir de tromper le trompeur ».

Jean de La Fontaine

Ce matin, dans l’édition numérique de « Libération », la tribune de Dominique Méda, professeure d’université Paris-Dauphine : « Invitée à débattre lundi soir avec Emmanuel Macron, la sociologue Dominique Méda estime que la rencontre s’est transformée en faire valoir présidentiel ». On a envie de lui dire : « il ne fallait pas y aller ! ». Le piège était un peu gros. Vous, les intellectuels, présentés comme l’élite de la Nation, comment avez-vous pu tomber dedans ? Vous aviez vu ce qu’il en était des maires et des élus de tous poils auparavant. Il est vrai qu’il est bien difficile de résister aux ors de l’Elysée, aux micros de France Culture, aux caméras de télé et aux photographes sur le perron, se bousculant au bord du tapis rouge déroulés sous vos pieds … Vanitas, vanitatis. Les intellectuels ont toujours eu besoin de reconnaissance –d’être consacrés- et ceux qui y ont résisté, Albert Camus par exemple, ont dû affronter l’opprobre. Ça les a grandis…

Louable est la sincérité de Dominique Méda : « J’avais accepté l’invitation à participer pensant – bien naïvement je l’avoue – que nous pourrions au moins de temps en temps rebondir pour, à notre tour, répondre au président de la République. Mais il n’en a rien été. Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels, a consisté en une litanie inexorable de «réponses» d’Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels ». Et elle ajoute, lucide : « j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir ».

Du Grand Débat serait donc sortie, comme un lapin du chapeau, la demande unanime d’augmenter la durée du travail, de reculer l’âge de la retraite ou encore de travailler un jour gratuitement par solidarité. Tout ça pour ça… avec la caution finale des intellos… Des idées « nouvelles » qui auraient ouvert les yeux d’un président distrait par ses lourdes taches à qui elles auraient échappé. Pourtant syndicats et patronat, économistes de tous bords s’étripent sur ces problèmes depuis des années. Il en est de même des discussions de comptoirs au bistrot du coin. Il n’y a donc ni recette miracle, ni vérité vraie que le Grand Débat aurait prétendument mises sur la table.

Mais revenons  à nos intellectuels reçus huit heures de rang par le président nous y avons entendu Pascal Bruckner se poser en pourfendeur de l’anarchie et des Gilets jaunes lors d’une question (?) quelque peu téléphonée -et violemment formulée pour faire le buzz. On sait ce qu’il en est des passes téléphonées en rugby : elles se terminent par une interception et un essai en contre. Intellectuel à la pensée originale et non pas unique, absent de l’Elysée, André Bercoff, sur son compte twitter, a qualifié ainsi cette sortie : « Je viens, dans l’exhibition Macron face aux zintellectuels, d’entendre Pascal Bruckner qui connut, jadis, talent et lucidité. Impossible de faire plus con, plus haineux, plus méprisant envers les gilets jaunes, en demandant l’interdiction absolue de toute manifestation. Naufrage ».

Mais continuons avec Dominique Méda qui ajoute avec sa lucidité retrouvée sur les conditions de ce débat : « Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir (…) le Président a eu tout loisir d’asséner ses convictions devant des intellectuels pris en otage (au moins pour ceux qui étaient en désaccord profond avec sa politique, peu nombreux) ».

Tous ne sont pas allés à l’Elysée. Il faut le souligner. Alain Finkielkraut qui, pour le coup, aurait eu des griefs graves à faire valoir, s’est poliment excusé avant de se défiler : «  Je crois qu’une discussion entre un grand responsable politique et des intellectuels n’a de sens que si ces derniers sont peu nombreux et que l’échange peut durer. »

L’économiste et philosophe Frédéric Lordon dûment invité par M. Macron, a préféré décliner. Il s’en est expliqué publiquement : « Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron, je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage ». 

L’historien spécialiste de l’histoire populaire Gérard Noiriel a lui écrit sur Twitter : « Bien que je n’en fasse pas un titre de gloire, j’ai refusé moi aussi l’invitation d’E. Macron au « grand Débat » des « intellectuels » prévu lundi soir. Mais je suis prêt à lui apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire. »

Ceux-là se sont abstenus de participer à ce grand raoût, les autres, « intellectuels de cour » appartiennent à une espèce qui n’est pas nouvelle. Mais qui s’en souvient?

Pierre Michel Vidal

Le printemps

Le printemps voit le jour sous peu et sous nos yeux des enfants meurent, eux qui représentent le printemps de nos vies … des vies chargées d’histoires, les unes chagrins pour quelques-uns se contentant d’un maigre destin quand d’autres s’amusent d’elles les croyant éternelles.

Celles de nos enfants elles, se situent pour les uns dans les ruelles, des mères assises à leur côté. Les enfants tendent la main, souriant tout comme elle le fait, pour une miche de pain un bol de lait ou quelques pièces usagées ne signifiant rien. D’autres esseulés après avoir fait une longue traversée se retrouvent sans cette tendresse maternelle, n’attendant plus rien d’une enfance qu’ils ont perdue en chemin. Et puis il y a les enfants désormais désœuvrés, brimbalés tels des objets, leurs larmes enfouies à jamais sous une carcasse malingre et décharnée après avoir connu la guerre et ses misères. Ces rescapés sans père ni mère, sans pays, ignorant les frontières et qui, je l’espère seront recueillis par des familles hospitalières.

D’autres parmi eux, devenus grands, refont le chemin de croix, se souviennent, se penchent sur leur enfance qu’ils n’ont jamais connue, retenant d’elle les salissures que des adultes ont déposé sur leurs jeunes corps tandis que ces derniers en abusaient. Et malgré les années, malgré les efforts, malgré les remords qu’ils ont fait leurs, souhaitant échapper à ces horreurs, peut-être pourront-ils croire à nouveau au bonheur !

Et puis il y a cette enfance qui nous quitte trop tôt, pour cause de maladie, celle qui choisit d’écourter sa vie pour cause de mal-être dans une société avide de paraître, soucieuse d’une seule image, de celle qui doit se conformer aux choix d’une société moutonnière et arriérée, n’acceptant pas d’évoluer. Une enfance subissant les outrages, les médisances et autres violences indignes d’un être humain envers son autre, son prochain.

Et hélas, il y a cette enfance, une toute première jeunesse … celle que l’on assassine pour trois fois rien, un téléphone portable, quelques billets ou une montre … celle qui ne connaîtra du printemps que le souvenir qu’elle s’en fait tandis que les secours tentent de la ranimer et que sa jeune vie s’écoule toute tracée, si vite, désordonnée, laconique … déversant quelques mots sans doute le long de cette route où s’achèvera son destin, dans un souffle, le dernier, elle le sait.
Je suis attristée …

Bien à vous.

Samie Louve

Réflexions

L’actualité immédiate conduit à s’interroger sur l’évolution de notre société parce qu’il s’agit bien de cela. Des événements divers se produisent devant nos yeux et chacun, comme moi, n’est pas certain d’en comprendre le sens. Alors les réflexions et interrogations sont ouvertes.

Le bilans des grands débats. A Pau, il faut le reconnaître, les différents actes du grand débat national se sont déroulés dans de bonnes conditions. Même si quelques questions se posent sur la place de François Bayrou qui, en réalité, a été plus un débatteur qu’un simple animateur. Il a le mérite d’avoir été très présent. Cependant, même si l’idée était bonne d’inviter ceux qui ont été appelés les « grand témoins », il eût été plus valable de les solliciter davantage. Ils étaient là pour apporter des éclairages sur la pertinence de certaines revendications des gilets jaunes. Maintenant, sur le plan national, il faut laisser la place au bilan. On se demande comment toutes ces idées, toutes ces propositions pourront être analysées. Déjà se font entendre des critiques sur la réelle objectivité des algorithmes qui serviront à ce dépouillement inédit.

Les manifs. Samedi 16 mars ont été organisées (ou inorganisées) plusieurs types de manifestations. D’abord celle des gilets jaunes qui a entraîné des violences et dégradations graves. Il faut rappeler que ce mouvement a débuté le 17 novembre 2018. Ce qui s’est passé ne peut être admis plus longtemps. Les forces de l’ordre font l’objet de critiques, et leur efficacité est mise en doute. On s’interroge : manque de moyens ou manque de coordination. Les politiques sont à la recherche d’un fusible.

Ce même samedi, des jeunes étaient descendus dans la rue. Leur manifestation se nomme « la marche du siècle pour le climat ». Ils ont été un modèle de calme et de modération. Il n’y a pas eu d’incidents. Ces collégiens ou lycéens ont manié l’humour pour alerter l’opinion. L’humour, oui à en juger par cette pancarte sur laquelle était inscrit : « Les calottes sont cuites ». Sans doute la meilleure manière d’être entendu.

Un autre modèle, s’est aussi déroulé en Algérie. La population est dans la rue pour sauver la démocratie qui pourrait bien être confisquée. Ils ne cassent rien, agissent dans la dignité et avec beaucoup d’humour, eux aussi.

Collapsologie. Voilà un néologisme qui va faire les beaux jours des penseurs ou de ceux qui se classent dans cette catégorie. Une autre fin du monde est possible nous disent-ils. Ce serait l’effondrement de la civilisation industrielle telle que nous la connaissons depuis deux siècles. Il faut se préparer à un grand changement, comme une sorte de révolution de notre manière de vivre. Mais pourquoi être pessimiste ? A quoi ça sert sinon à décourager les gens ?

Que l’on se place du côté des gilets jaunes, du côté des jeunes qui nous alertent sur l’évolution du climat ou enfin du côté de ceux qui prônent un changement pour les générations à venir, le point commun tient dans le mot révolution. Alors en guise de conclusion, ce dialogue entre Raymond Aron et Charles de Gaulle :

R. Aron : « Les Français font de temps en temps une révolution, mais jamais de réformes. »

C. de Gaulle : « Il ne font des réformes qu’à l’occasion d’une révolution ».*

Pau, le 18 mars 2019

par Joël Braud

 

* In De Gaulle, le politique de Jean Lacouture. Édition du Seuil.

Samedi brûlant

Après ce samedi ! Toute cette violence est certes inadmissible.Toutefois, il se trouve que depuis des années nos gouvernants acceptent tellement de choses que certains trouvent tout-à-fait normal de frapper les policiers, de brûler des voitures et même des immeubles. Mais enfin tous ces voyous font la guerre à la France ! Quand on voit les forces de l’ordre reculer devant eux c’est la France qui capitule. Il n’y a qu’en France qu’on voit cela. Si la police ne suffit pas, il y a l’armée car le pays est en guerre. Une guerre intérieure, mais une guerre et tant qu’on ne considérera pas les casseurs comme des ennemis ils continueront. Quand un État ne fait plus peur, c’est le pays qui tremble. Et s’il n’est pas capable de faire respecter les biens privés ce seront un jour leurs propriétaires qui s’en chargeront car au vu des images qui nous parviennent on est en droit de se demander si le ministre de l’intérieur, le premier ministre et même le président de la république sont à la hauteur de leurs responsabilités. Voilà quand même quatre mois que ça dure ! Dans quel autre pays civilisé voit-on cela ? Et comme la force n’est pas utilisée, il est facile de prévoir que ça va continuer. C’est même annoncé. En 1968, quand le président de la république a dit « ça suffit « tout est rentré dans l’ordre. C’est ce que pense la majorité des citoyens. Monsieur le président votre tâche est très difficile mais samedi votre place était à Paris et non à La Mongie. Pour certains c’était une provocation, pour beaucoup c’est de l’inconscience. Alors prenez la parole et vous aussi osez dire de façon grave et solennelle « ÇA SUFFIT » !

Pierre ESPOSITO

Crédit photo : actu orange.fr

Piétons, cyclistes et police municipale

Police municipale                           Passage Loup               Potelets Tourasse

 

Bonjour Alternatives-Pyrénées.

On sait qu’à Pau les rares pistes cyclables et les passages piétons sont
à l’abandon, la plupart effacés. Heureusement la police municipale est
là et veille pour les faire respecter.

Michel Barrère

Pau à Vélo. Ville Partagée.

Dado à Pau

« Rien de ce qui est ne me satisfait. La nature est laide et je préfère les monstres de ma fantaisie à la trivialité positive ».

Beaudelaire

La semaine dernière je me suis inquiété de la faible place attribuée à la culture dans le Grand Débat. De nombreux observateurs en ont fait de même. Je persiste à penser qu’il y a là un manque essentiel qui n’est pas à la hauteur des promoteurs de cet échange qui se veut historique.  Mais sans doute me suis-je emballé un peu vite quand j’ai parlé, dans le même papier, de « désert culturel » à propos de Pau. Certains s’en sont plaints dans ces colonnes. Il faut savoir faire son autocritique : c’est le problème des formules elles sont souvent injustes et sommaires. Car même s’il y a beaucoup à dire sur les orientations données dans ce secteur essentiel pour une ville moderne, il y a tout de même des réussites et je veux en témoigner ici en évoquant l’exceptionnelle exposition « Dado de l’intime au mythe » présentée au musée de Pau en ce moment jusqu’au 2 avril.

Dado, un artiste peu connu du grand public mais largement consacré par ses pairs et recherché des amateurs d’art contemporain. Une exposition qui par le nombre d’œuvres présentées, leur importance, l’efficacité de leur mise en place comptera dans l’histoire des présentations du travail de l’artiste. Dado, Miograd Djuric, né au Monténégro en 1933 est mort à Pontoise en 2010. Il a été découvert par Jean Dubuffet « l’inventeur » de l’Art Brut et soutenu par le grand galeriste Daniel Cordier qui fut aussi le secrétaire de Jean Moulin. De l’Art Brut cela n’en est pas vraiment mais cela y fait penser fortement. Cela n’en est pas car tous les travaux présentés ici sont très construits et s’appuient sur une technique du dessin unique. On notera au passage que Dado travaillera avec le grand graveur d’Arzacq, Georges Visat, méconnu de ce Béarn où il passa ses dernières années, après avoir travaillé avec les plus grands artistes (Picasso, Matta, Max Enrst, Hans Bellmer, etc.)

« L’art c’est l’appropriation du réel » nous dit Louis Aragon et le monde de « Dado » n’est pas plaisant. Le personnage qui nous prend la main est débonnaire et sympathique mais ce qu’il nous montre ne l’est pas vraiment. Un univers marqué par la dureté des traits, le chaos des situations, la détresse de ceux qui n’ont rien. Et ce regard terrible, qui évoque parfois le Goya des « Malheurs de la Guerre », il le doit, dit-il, à la vision de ces clochards aperçus au petit matin rue de Seine à Paris. Des visages et des corps ravagés qu’il n’a pu oublier…

Dado : « Dans le chaos qu’est une grande ville, personnellement, je me suis trouvé complètement éclaté, déchiré. Je ne voyais plus rien, vraiment, je marchais dans la rue mais en pièces détachées, carrément. De la merde. Je pataugeais dans une espèce de merde, je ne voyais rien. » Daniel Cordier a parfaitement décrit cette vision :  » […] de la sérénité au-delà du désespoir […]. Un monde de catastrophes atomiques où le génie de quelques-uns n’aura servi qu’à corrompre et mutiler l’esprit de tous les autres. »

Evidemment il s’agit là d’une démarche qui va à l’encontre de celle de notre époque qui promeut une beauté glacée, une esthétique radieuse, une harmonie superficielle. Aurore Méchain directrice des musées de Pau nous le dit : «  Cet art qui nous renvoie à une réalité assez cruelle, celle des guerres, des déplacements, de l’arrachement des populations est un écho à notre société contemporaine ». Dado veut faire du laid le beau et ainsi il transgresse les lignes du bon goût, du « light » pour évoquer l’innommable. En ce sens, même si elle peut choquer ou plaire, c’est une exposition qui s’adresse à tous à condition de l’aborder sans préjugés. Aimer, ne pas aimer n’est pas la question ; la question est : que dit cet artiste sur le monde où nous vivons.

Le Musée des Beaux-Arts détient par ailleurs, les Palois ne le savent pas assez, des merveilles dans ses collections permanentes : le fameux « Bureau de Coton à la Nouvelle Orléans de Degas, mais aussi des œuvres de Goya, Le Gréco, Breughel de Velours, des Lhote, des Marquet, Delacroix et autres trésors moins connus mais précieux. Il va désormais s’agrandir : l’ancienne bibliothèque municipale sera rénovée et consacrée pour partie à l’Ecole Supérieur des Arts. L’architecte Palois François Lathelize a conservé fort judicieusement le caractère « art déco » des deux bâtiments qui seront reliés par une vague en verre coloré. Le square Lafond sera consacré à l’exposition de sculptures. Fin des travaux 2019 et coût annoncé (on va me le demander !) : 4 millions 6 d’euros. C’est un beau projet.

Si on accueille, dans cette structure nouvelle, des expositions de la qualité de « Dado de l’intime au mythe » même les plus économes devraient en convenir : l’effort en vaut la peine.

Pierre Michel Vidal

Photo : « Dado, de l’intime au mythe » © Capture d’image France 3/Culturebox

Grand débat palois, acte V

Si l’on devait faire un bilan de ce cinquième « Grand Débat », il serait forcément contrasté. D’un côté, les éternels donneurs de leçon qui croient apprendre aux participants les banalités et utopies qu’ils développent ; et de l’autre les grands témoins particulièrement intéressants. Mais il faut regretter que dans cette accumulation de prises de paroles des réponses n’aient pas été apportées à certains sujets.

Il avait lieu ce vendredi 8 mars 2019, comme toujours au Parc des expositions. Comme l’intérêt pour le mouvement des gilets jaunes, le nombre des participants s’émousse ; une petite centaine de participants. Les grands témoins étaient :

– David CARASSUS, professeur en sciences et gestion, responsable du master « Management public des collectivités locales » à l’Institut d’administration des entreprises (I.A.E.) de Pau-Bayonne, directeur de la chaire OPTIMA (Observation du Pilotage et de l’Innovation Managériale locale) ;
– Valérie PARIS, présidente de la Caisse primaire d’assurance maladie Béarn et Soule ;
– Jean GOURDOU, professeur de Droit public à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, directeur du centre de recherches de Droit public ;
– Fabienne BASCOU, vice-présidente de la Caisse d’allocation familiale Béarn et Soule ;
– Denys de BECHILLON, constitutionnaliste, professeur de Droit à l’université de Pau et des Pays de l’Adour ;
– Jean MARZIOU, ancien rédacteur en chef de La République et l’Éclair ;
– hilippe TUGAS, ancien chef d’agence à Sud Ouest et ancien rédacteur en chef de La République et l’Éclair.

Le sujet retenu était : L’organisation de l’État et des collectivités publiques.

Il faut reconnaître qu’il y a eu des questions de fond et ce sont d’ailleurs deux femmes qui ouvrent la série. La première parle de la constitution et demande si le nombre des députés – 577 – et de sénateurs – 348 – n’est pas trop élevé. Elle interroge sur la saisine du Conseil Constitutionnel. Une autre demande ce qu’est le Conseil Économique Social et environnemental et quelle est sa fonction.

Denys de Béchillon répond que le Conseil Constitutionnel est un juge qui a pour mission de vérifier que les lois sont conformes à la constitution. C’est votre ami, dit-il. Crée en 1958 sa saisine n’était ouverte qu’à l’opposition politique. En 1974 par une modification des textes, il a été possible de le saisir par référendum et en 2010, il a été décidé qu’il pouvait être saisi à l’occasion d’un procès par un particulier ; c’est la fameuse « question prioritaire de constitutionnalité ».

Puis un homme livre ses réflexions sur le trop grand nombre d’échelons entre l’État et la collectivité de base qu’est la commune. Il s’interroge sur la pertinence des grandes régions et considère qu’elles n’ont pas permis de faire des économies d’échelle. Pour lui il faut donner à chaque niveau administratif une part d’autonomie fiscale. Le regroupement des communes devrait se faire d’initiative ou sous contrainte réglementaire.

Jean Gourdou pose les questions suivantes : Comment lutter contre le millefeuille territorial ? L’aménagement des territoires, la marge de manœuvre des budgets des collectivités territoriales. Qu’est-ce que le régalien ? Ce qui me choque, dit-il, c’est l’uniformisation des structures.

David Carassus souligne que pour ce qui concerne le millefeuille, le problème vient du fait que les feuilles n’ont pas de relation les unes avec les autres. Il faudrait passer du millefeuille à une structure de réseau.

Denys de Béchillon se prononce sur le R.I.C. (référendum d’initiative citoyenne). Le RIC ne peut être utilisé pour changer la constitution. Il peut être envisagé pour des choses qui ne sont pas des questions de société. Or pour répondre à un intervenant qui proposait un référendum pour lever l’interdiction imposée à l’État par la loi de 1905 sur la laïcité parce que cela permettrait de choisir entre les différentes formes de l’Islam, il rappelle que le problème de l’Islam est à l’évidence une question de société. D’autre part, on ne peut faire un référendum si préalablement le Sénat et l’Assemblée nationale ne sont pas saisis. Il faut protéger nos droits qui sont notre patrimoine le plus précieux. L’anxiété est mauvaise conseillère. Il ne faut pas trop facilement modifier la constitution, et surtout ne pas le faire dans l’émotion.

Fabienne Bascou pose une question sur les membres du Conseil constitutionnel. Ils ne sont pas élus dit-elle. Les juges du Conseil constitutionnel sont en train d’ordonnancer et de judiciariser la politique.

Ce à quoi, Denys de Béchillon répond que la tradition française veut que nous n’élisions pas nos juges. Le juge est tenu d’exposer le caractère juridique de sa décision. Il s’agit d’un tiers désintéressé et impartial. Il est fragile, humain, mais c’est ce qu’il y a de moins mal.

Valérie Paris fait part de son soucis d’ouvrir les services publics. Nous essayons de faire en sorte que tout ne soit pas « tout numérique ». Elle plaide pour un accueil humain. Il existe un projet de présence médicale dans le 64.

Cette fois-ci les grands témoins sont intervenus plus souvent ce qui a donné de l’épaisseur au débat. La conception première de ce genre d’exercice est à la fois de permettre à chacun de s’exprimer mais surtout d’apporter un éclairage sur les sujets évoqués, éclairage provenant de personnes qualifiées et opportunément sélectionnées.

Cela n’a pas empêché des interventions complètement décalées. Ainsi pour ne rapporter qu’un exemple, un gilet jaune (parce qu’il y en avait quelques uns) a parlé des francs-maçon en interpellant François Bayrou. Il avait un ton agressif et n’a jamais dit très clairement les reproches qu’il formulait à l’endroit de cette organisation. Mais la théorie du complot sourdait entre les lignes. François Bayrou a bien répondu, sans convaincre. Le lendemain à Tarbes, des Gilets jaunes causaient des dégradations dans un temple maçonnique. Jusque là il n’avait pas été établi qu’il existait un contentieux entre les gilets jaunes et la franc-maçonnerie.

Pour ma part, je suis resté sur ma faim. J’ai posé une question sur l’élection des députés à la proportionnelle. Je m’adressais bien évidemment à Denys de Béchillon dont je crois connaître l’orientation à ce propos. François Bayrou, selon une technique bien rodée, a classé en attente plusieurs questions dont la mienne. C’est une façon qui se croit habile pour refuser l’obstacle. Je n’ai eu droit à la fin qu’à la réponse de François Bayrou. Dommage ! le débat entre un politique et un juriste de haut niveau, aux opinions différentes, aurait été très enrichissant.

Ce débat était le cinquième et le dernier. Tout le monde est en attente du dépouillement des doléances. Que va-t-il en sortir ? Personne ne le sait. Mais déjà, il est possible de dire que le principal intérêt s’est porté sur la fiscalité. Attendons, nous verrons, mais les politiques en responsabilité sont maintenant dans l’obligation d’agir. Attention aux déceptions…

Pau, le 12 mars 2019

par Joël Braud

Faudra-t-il des gilets blancs ?

On a pu lire dernièrement :

«La culture est passée à la trappe de tous les débats qui nous submergent…» Pierre-Michel Vidal

«Oui, Pau est un désert culturel….» Daniel Sango

et «Normalement la culture est une compétence qui a été transférée à l’agglomération.
Son budget 2018 était de 12 millions d’euros de coûts de fonctionnement dont 2 millions d’euros de charge de personnel !!! Gigantesque.»

Les avis sont donc partagés.

Avant de se faire une opinion, il conviendrait de définir le sujet dont on parle.
Wikipedia définit une culture individuelle et une culture collective.

+la culture individuelle est une construction personnelle des connaissances donnant la culture générale.

+la culture d’un peuple est l’identité culturelle de ce peuple, la culture collective à laquelle on appartient.

Le domaine abordé appartient à la première définition. On peut lui apporter la précision suivante donnée aussi par wikipedia : «En langue française, le mot «culture» désigne tout d’abord l’ensemble des connaissances générales d’un individu. C’est la seule définition qu’en donne en 1862 le Dictionnaire national de Bescherelle. Les connaissances scientifiques y sont présentées comme élément de premier plan. C’est ce que nous appelons aujourd’hui la «culture générale».

Partant de cette définition, je constate que la culture est bien «passée à la trappe de tous les débats qui nous submergent…». C’était sûrement le souhait d’E. Macron.

Par contre, les possibilités apportées par la ville de Pau, de s’enrichir dans certains domaines culturels sont nombreuses. Le sport y est très prisé ; même s’il est décrié dans ses dérives commerciales, il reste une discipline culturelle développant des connaissances et des valeurs de premier plan.

Là où on peut vraiment parler de vide culturel, à Pau comme ailleurs, c’est bien dans le domaine scientifique. D’ailleurs, dans les interventions, on parle d’orchestre, de cinéma, d’intermittents, montrant bien les limites que l’on attribue à la culture. Même si le jugement de «premier plan» peut être contesté par certains, il ne fait aucun doute qu’il a pris, de fait, une place de premier plan dans la société actuelle.

Dans la situation que nous vivons, celle d’une technologie trépidante et invasive, d’une numérisation généralisée envahissante, d’un emballement climatique incontrôlé, d’une pollution chimique de l’air, de l’eau, du sol, des aliments, du corps et des esprits, bien plus redoutable encore, dans l’immédiat, on a encore des citoyens qui se glorifient d’être nuls en maths, qui ignorent totalement la constitution, les besoins de leur propre corps, pour qui la chute de la biodiversité est plutôt une bonne chose puisqu’il y aura alors moins de guêpes, de bourdons ou de moustiques et qui, et c’est là où je veux en venir, étaient 41% à se méfier des vaccins en 2016.

La santé qui influe sur le pouvoir d’achat et touche tout le monde, comme la TVA, ne justifie pas qu’on en parle dans le Grand Débat. Pourtant la France a perdu en 20 ans la moitié de ses maternités, les hôpitaux sont sous tension permanente, les urgences débordées, la désert médical est bien réel et gagne les métropoles ; on fait appel à des médecins étrangers souvent incompréhensibles (accent et langue française mal maîtrisée) pour le personnel administratif et les patients… et en même temps, depuis 2000 nous sommes 7 millions de plus.

Faudra-t-il des gilets blancs ?

Sud Ouest du 11 mars 2019 titre :

La rougeole dopée par le virus de l’ignorance.

Sud Ouest du 2 mars 2019.

Rougeole : le signal d’alarme. «L’Unicef, l’Agence des Nations-Unies pour l’enfance, lancent un cri d’alarme ; le nombre de cas de rougeole a bondi de 50% l’an passé. Le retour est causé en partie par la désinformation sur les vaccins qui fait florès sur les réseaux sociaux. Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et peu coûteux qui a sauvé près d’un million de vies humaines dans le monde chaque année au cours de deux dernières décennies» souligne la directrice générale de l’Unicef.

En France, la couverture vaccinale reste insuffisante, d’après Santé publique France.

Pour la grippe saisonnière la prévention s’avère particulièrement complexe dans la mesure où le virus mute constamment, nécessitant la mise au point d’un nouveau vaccin chaque année. «Une pandémie de grande ampleur est quasi certaine, la question est de savoir quand», met en garde Wenqing Zhang, le directeur du programme de lutte contre la grippe à l’OMS. L’institution préconise une amélioration de la couverture vaccinale et un renforcement du système de surveillance mondiale.

A l’échelle d’une population, elle permet de protéger les personnes vaccinées mais aussi l’ensemble de la communauté, et de lutter contre la résistance microbienne ; plus la couverture est grande moins la maladie se répand.

Grâce à tous les enfants vaccinés, vos enfants ne seront pas en contact avec les maladies contagieuses

C’est d’autant plus important que le brassage des populations pour raison de tourisme, affaires, commerce, enseignement, migrations…..augmente les risques de contaminations.

Le mouvement anti-vaccin est puissant, avec des différences selon les pays. Une vaste étude menée dans 67 pays du monde révèle que les Français sont ceux qui accordent le moins de confiance dans la sûreté des vaccins.

Pour François Chast. «Il est urgent de combattre les discours des lobbys antiscientifiques et antivaccination qui jouent sur la peur. Ils ne démontrent rien et s’appuient sur quelques très rares effets secondaires pour discréditer les vaccins qui sauvent des millions de vies». Quant aux citoyens de base, au très grand nombre de politiques, du fait de leur ignorance en SVT, sur les mécanismes de l’immunité, sur la constitution et les besoins des bactéries et virus, sur l’histoire des vaccins, la fabrication, les résultats acquis…, ils sont des proies faciles dans les réseaux sociaux, de la pub, des fausses informations et de la dangereuse dérive commerciale.

L’important est combien cela va coûter car les dépenses sociales sont bien trop élevées ! Triste époque !

Plus sérieux encore :

Sur son site, Henri Joyeux, ancien cancérologue, radié de l’Ordre des médecins et l’une des figures du mouvement anti-vaccins, avait pris la parole sur le sujet dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, au ministre de l’écologie, Nicolas Hulot et à Agnès Buzyn, la ministre de la santé. Son combat était dirigé contre ce qu’il appelle un «Empire vaccinal». Cette obligation vaccinale est « insensée » selon lui.

Des scientifiques ayant trahi leur engagement d’objectivité, payés par Bayer-Monsanto par exemple, et d’autres, ne manquent pas non plus, par attrait du gain. On connaît les résultats.

Heureusement, de nombreux professionnels, fidèles à leur serment, ont réagi.

200 médecins et responsables hospitaliers ont lancé dans les colonnes du Parisien (29/06/2017) un appel en faveur de l’obligation vaccinale de durée limitée souhaitée par Agnès Buzyn pour 11 vaccins destinés aux enfants. On compte parmi ces 200 professionnels, François Chast, chef de la pharmacie clinique Hôtel-Dieu, François Bricaire, chef du service maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière ou encore Jean-François Mattei, généticien et ancien ministre de la Santé. Pour ce collectif, la vaccination obligatoire ne relève pas seulement « d’un choix personnel mais vise la protection de la population en particulier enfants, personnes âgées ou fragiles». Leur texte rappelle que « la vaccination systématique a permis d’éradiquer des maladies, telle la variole » et que «la réduction du taux de couverture vaccinale de la population a entraîné la recrudescence de certaines maladies comme la rougeole.»

Bonne nouvelle ; le quotidien du médecin publie les résultats d’un sondage Ipsos où 83% des Français seraient favorables à la vaccination (juin 2018), selon un sondage du LEEM. (1990 : 90%, 2010 : 60%, 2015 et 2016 : 59%. Sciences et Avenir). Tant mieux, mais il y a encore du travail, pédagogique comme on dit !

Alors, c’est vrai, bien des comportements, dans le passé, ont semé le doute :

+ Sang contaminé, vache folle, médicaments dangereux délivrés pendant des années, affaire des prothèses mammaires, dépenses inutiles dans l’achat en grande quantité de vaccins par le gouvernement lors de la pandémie de grippe H1N1 en 2009…

Le problème se situait au niveau de la gestion commerciale plus ou moins frauduleuse, donc une affaire de gros sous et non de mise en cause du fondement scientifique.

+ des réactions non prévues, parfois graves, se sont produites après des vaccinations.

Avant chaque vaccination, une autorisation médicale est nécessaire, mais chacun sait que, plus qu’ailleurs, le risque zéro n’existe pas en médecine et chirurgie car nous sommes tous différents ; ce ne sont pas des sciences exactes ; or, on applique des traitements reconnus bénéfiques au plan global a des cas particuliers et nous réagissons différemment. Un médicament n’est commercialisé que si son bénéfice est largement supérieur à ses risques. Ne faut-il plus prendre de médicaments, comme jadis le train, ne plus se faire opérer car ????

Pour tous, État et individu, le vaccin coûte moins cher que la maladie !

Par contre, il est capital de veiller aux charlatans et autres médecines «alternatives», plus rentables pour obtenir des bénéfices financiers que thérapeutiques, aux nombreuses contrefaçons, aux faux médicaments qu’Internet peut procurer, aux fabrications de plus en plus nombreuses faites dans des pays où la main d’œuvre est moins chère et les surveillances peu contraignantes, veiller aussi, en France, à ce que toutes les manipulations, à tous les niveaux, soient réalisées par un personnel suffisant, non stressé en permanence, afin d’éviter les erreurs liées à des actions humaines incontournables.

+ Certains réclament le droit à la liberté de choisir. Quand on est face à une nécessité de salut public, comme payer des impôts par exemple, a-t-on le droit de choisir ? A débattre !

Mais à la base de tout cela, une fois de plus, dans une société dominée par la science et la technologie, pour conserver le pouvoir de comprendre donc de juger, de participer, de critiquer, d’agir, il est indispensable d’éduquer, d’élever drastiquement, par des programmes et des horaires appropriés, le niveau des enseignements scientifiques dans TOUTES les filières, littéraires, commerciales, technologiques et scientifiques, ce qui n’est absolument pas le cas, bien au contraire.

Signé Georges Vallet

crédits photos : Papillomavirus humains : l’intérêt du vaccin – Top Santé

5 arguments des anti-vaccins passés au crible – LCI

https://www.lci.fr › Sant

La révolte algérienne

Les images que nous en proposent les médias sont riches d’enseignements pour nous Français.

Ainsi est-il surprenant de voir que les milliers de manifestants défilent sans violences.
Pas de voitures brûlées, pas d’ouvrages publics dégradés et pourtant pratiquement pas de policiers.
Bien curieux au regard de ce qui se passe en France avec moins de participants et de plus grands déploiements de forces.
Et cela non seulement en Algérie mais aussi en France pour les mêmes manifestations qui n’ont causé aucun dégât alors qu’habituellement les forces de l’ordre sont conspuées, agressées et considérées comme des provocatrices quand elles poursuivent des individus qui, refusant d’obéir à leurs injonctions, s’enfuient aux risques de leur vie avec le soutien d’une population qui ose soutenir que la faute en revient aux policiers qui devraient donc renoncer à toute interpellation sous peine d’être coupables du résultat de leur intervention.
Le contraire du vivre ensemble dont on nous rebat régulièrement les oreilles en offrant micros et caméras à des citoyens toujours prêts à témoigner de la bonne mentalité, de la serviabilité, de la gentillesse, on ne va pas jusqu’au civisme quand même, de ceux qui s’en prennent régulièrement à tout ce qui est un signe de l’autorité légitime ou tout simplement aux services d’incendie.
Ce qu’il est aussi permis de retenir est le nombre de femmes présentes dans les manifestations et surtout le fait qu’elles avaient le visage découvert. Alors pourquoi en France ces revendications à toutes sortes de tenues vestimentaires, burka , niqab , hijab ? Des traditions, des obligations religieuses ou des provocations ?

Pierre ESPOSITO

Crédit photo : 20 minutes.fr