La transition écologique n’est pas encore «En Marche», quoi qu’il dise !

Un peu d’histoire.

Cela fait longtemps que, sous un autre nom, la sensibilité écologique est dans l’air ; déjà, George Sand confiait :

«La nature est une œuvre d’art et l’homme n’est qu’un arrangeur de mauvais goût.»

«Avant que nature meure» de Jean Dorst, est publié en 1965, c’est l’un des premiers ouvrages francophones à traiter ouvertement de la menace que les activités humaines font peser sur la nature ; «La Nature dénaturée», version abrégée, paraît en 1970.

Le sujet s’officialise en 1974 avec la première élection où un écologiste se présente :

René Dumont.«A vous de choisir : l’écologie ou la mort.» Pauvert 1974

*1 «René Dumont a parcouru le monde pour le comprendre et le changer dès les années 30. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…, il développe l’agriculture intensive pour donner à manger aux Français. Mais, 30 ans plus tard…, il comprend l’importance de la crise écologique et son impact sur la production agricole.»

*2 «La politique écologique française fondée par Dumont est pacifiste, contre le capitalisme agressif (l’agronome n’a rien contre la propriété foncière si elle n’est pas à l’origine d’un partage trop inégal des fruits du travail et si les droits des agriculteurs sont respectés), pour la solidarité entre les peuples et elle prend en compte le monde en voie de développement. Il prédit l’inévitable hausse du prix des carburants.»

*3«Un monde intolérable. Le libéralisme en question, 1988.

« L’économie de profit, loin de freiner les gaspillages, la pollution, les armements, la surpopulation, les inégalités sociales, les encourage ou, pire, n’arrive plus à les contrôler. Les Etats démunis ne sont plus les seules victimes de ces dérèglements : les pays riches ont aussi leur quart monde. La pauvreté n’a pas de frontière, pas plus que l’air, la terre, l’eau et le vent n’ont de patrie. Tchernobyl, le krach boursier d’octobre noir, les invasions de sauterelles ou d’algues nous démontrent qu’il n’est pas de catastrophe locale qui n’ait de répercussion planétaire… Ce n’est plus l’utopie ou la mort, mais le réalisme ou la mort.»

Quoi de neuf depuis 50 ans, en haut lieu ? Une écoute attentive, rien de plus !

Pourtant on avait le temps, progressivement, de corriger sans punir.

Les pronostics n’ont fait que se confirmer et empirer ; le «ridicule» et «l’utopie» des «écolos» se sont transformés en résultats scientifiques, en prévisions par le Giec et le monde médical, qui se concrétisent.

La transition écologique devient une nécessité.

*4 «La transition écologique est un concept qui regroupe un ensemble de principes et de pratiques adoptés dans le but d’évoluer vers un renouvellement de notre modèle économique et social… elle se compose de plusieurs volets interdépendants… la transition agro-alimentaire, favorable à une agriculture plus biologique et paysanne, la transition industrielle, qui incite à la production de biens plus durables, c’est-à-dire recyclables et facilement réparables, ou encore la préservation de la biodiversité». L’un d’eux est la transition énergétique.

Apparu dans les années 1980, c’est la période d’adaptation qui doit conduire à l’adoption d’un mix énergétique composé de sources plus diversifiées et renouvelables, en opposition à un mix énergétique basé sur des énergies fossiles.

La transition énergétique n’est possible que si elle est accompagnée par celles des autres composantes de la transition écologique.

A ce propos, on peut citer :

+ L’économie circulaire dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, sans obsolescence programmée, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter). Quoi de neuf, là encore ? Affolant ! 70 % de déchets en plus d’ici 30 ans : c’est le cri d’alerte lancé par la Banque mondiale.

+Diminuer les besoins en pétrole : engrais, arrosage, pesticides, herbicides….) en transférant les aides de l’agriculture industrielle productiviste à la culture et élevage paysanne biologique.

+ Diminution de la consommation de carburant par les circuits courts, du producteur au consommateur, prises des mesures coercitives (taxes), au lieu de facilitatrices, pour diminuer très sensiblement le transport à longues distances, par camions et avions, des marchandises, des affairistes…

+ Favoriser par des prix attractifs, les transports en commun, le développement en toile d’araignée, dans tout le monde périurbain et rural,de voies de type tram-bus, tram-train ou tram-way à énergie électrique ou à hydrogène ou… autres, non polluants, suivant les progrès importants de la recherche, du fait de la reconversion d’une partie (20% ?) des sommes pantagruéliques données, collectivement, à l’industrie nucléaire, pour désenclaver écologiquement les zones périurbaines et rurales. La prise en charge des frais doit être collective, européenne sans doute aussi ; il faut accepter, comme en agriculture bio, des rendements quantitativement inférieurs, lignes déficitaires par ex., mais à retombées supérieures du fait du service rendu à tout le public (revitalisation).

+L’apprentissage de la transition écologique est à mettre entre tous les neurones en introduisant à tous les niveaux de l’enseignement, de l’école maternelle à L’ENA, les connaissances qu’apportent les SVT.

En attendant, ce qui peut, si on en a la volonté, demander au plus une mandature, on aidera le particulier contraint du fait des carences : zones géographiques, travail, déplacements obligatoires, chauffage, handicaps physiques et de l’âge…, en lui fournissant un carburant moins cher.

Ensuite, le choix étant possible, on augmentera régulièrement et significativement le prix des carburants.

Où est le début d’une amorce d’actions dans ce sens ?

«Le problème d’E.Macron est de vouloir adapter La France au monde réel tel qu’il est. On peut bien sûr composer avec l’évolution de celui-ci, on doit pouvoir aussi s’y opposer» (R. Glucksmann), si elle mène cette France à la catastrophe écologique, à la sécession sociale, à une implosion de la République… ;

des tremblements de «guerre» grondent en profondeur de partout !

Monsieur Macron «assume» la transition écologique, uniquement en augmentant le tarif des carburants donc en sens inverse de la logique, faisant payer les plus pauvres, les travailleurs et les personnes âgées qui ne peuvent pas faire autrement !

Très singulier pour un Président supposé être celui de tous les Français !

Si cette somme servait à atteindre ce but, on pourrait encore le comprendre mais ce n’est pas du tout le cas.

On ne nous dit pas tout !

En 2018, seuls 7,2 milliards d’euros issus des 33,8 milliards d’euros de la TICPE alimenteront un fonds spécial pour la transition énergétique, destiné aux énergies renouvelables. Le reste du montant file dans plusieurs directions et près de la moitié ira au budget général de l’État en 2019.

En arrivant aux affaires, Macron et son gouvernement ont accentué ce mouvement de hausse. Ces hausses décidées par l’exécutif bénéficieront presque entièrement au budget général insatiable de l’État.

Ras-le-bol de se faire manipuler par Grippeminaud le bon apôtre.

Une chose est certaine, si rien ne change et qu’on ne résout pas «l’équation impossible» (Daniel), la température continuera de s’amplifier et tout deviendra «possible», imprévisible, irréversible ; les conséquences négatives d’une décroissance progressive actuelle (Daniel) deviendront alors bien minimes.

La réaction aux gilets jaunes consistant à augmenter les cadeaux pour l’achat de véhicules moins polluants est la preuve que l’objectif n’est pas de lutter contre la consommation de carburants mais au contraire de permettre de continuer à consommer et à faire tourner la machine économique grâce à l’achat de voitures neuves.

Alors que nous n’avons aucune source significative d’hydrocarbures et de minerai d’uranium, nous en sommes de gros utilisateurs. Par contre, nous avons de nombreux fleuves et rivières, des canaux, des côtes à marées, du volcanisme ancien, des régions ensoleillées, des toits vierges…Les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Pour les économistes qui mènent le monde, il n’y a pas d’avenir dans la sobriété.

Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? »A.De Musset.

Pour les scientifiques qui le déchiffrent, la croissance infinie, la démesure, les excès, non plus ; c’est la catastrophe sociale, civilisationnelle,  humaniste et humanitaire.

«Le dérèglement climatique est un problème créé par les riches dont les premières victimes sont les pauvres». – Gaël Giraud.

Conclusion:

«L’avenir ne sera pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire.» H.Bergson

*1 René Dumont, pionnier de l’écologie politique – RFI

http://www.rfi.fr/emission/20180422-rene-dumont-pionnier-ecologie-politique

*2 René Dumont — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Dumont

*3 Un monde intolérable. Le libéralisme en question, René Dumont …

http://www.seuil.com › … › Documents › Un monde intolérable. Le libéralisme en question

*4 Qu’est-ce que la transition écologique ? La transition énergétique …

https://www.gazenergiedespossibles.fr/…/quest-ce-que-la-transition-ecologique-la-tran…

signé:Georges Vallet

crédits photos:blog.defi-ecologique.com

Silence, ça tourne!

GV1Que ce soient les Derviches, la tête, la terre, le lait ou la mayonnaise, nous vivons dans un monde en activité cyclique permanente.

Le contact avec l’actualité nationale ou internationale, dans tous les domaines, peut laisser penser que certaines réflexions ou idées sont hors d’intérêt dans la hiérarchie des urgences. C’est sans doute le cas, pour beaucoup de citoyens, quand on aborde la comparaison entre l’économie linéaire et l’économie circulaire. Pourtant, en voyant plus loin que le bas de sa porte, la cause de tous les problèmes que le monde rencontre y a ses racines principales, y compris nos impôts, les effectifs des collectivités territoriales, la dépense publique, la montée du F.N….. Il est intéressant de revenir sur le sujet pour forger les bonnes « armes des citoyens » !

Du fait de la perception de notre propre vie, il y a un début et une fin; il nous est donc difficile de concevoir autre chose qu’un raisonnement linéaire.

Le contact avec les autres et avec les machines objectives, que ce soit dans le domaine biologique, scientifique, culturel, spirituel (hindouisme), nous amène à revoir notre copie et à prendre au sérieux, par intérêt pressant, l’existence d’un monde qui tourne.

Dernièrement donc , Hélène Lafon nous a fait part du colloque de la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées.

Il est particulièrement réjouissant que le milieu du commerce et de l’industrie, au moins celui de Tarbes, réfléchisse sur l’opportunité de faire sa « révolution » culturelle et technologique.

Le colloque a porté sur un modèle formalisé en 2002 par l’Allemand Michael Braungart et l’Américain William McDonough dans : «Du berceau au berceau».

Il a fallu attendre 2009 pour que la théorie soit médiatisée en langue française dans : «Economie circulaire : «L’urgence écologique» par Jean-Claude Lévy.

En 2007, la navigatrice Ellen MacArthur créait une fondation ayant pour objectif d’inciter le public et les entreprises à repenser, concevoir et construire un avenir durable en s’appuyant sur le concept d’économie circulaire.

La percée, dans le milieu économique et médiatique, de l’idée du recyclage, connue et constatée dans le milieu naturel, depuis des décennies, par les écologues, puis repris par les écologistes, est donc toute récente.

Tout vient à point qui sait attendre ;
hélas, il a fallu attendre longtemps et le temps presse !

Comme nous le rappelle H.Lafon :

«L’économie circulaire est un modèle fondé sur l’observation du fonctionnement des écosystèmes naturels dans lesquels tout est nutriment. La nature recycle tout ! L’économie circulaire tend vers ce même but. Les déchets ne sont plus déchets mais ressources pour produire à nouveau.»

L’idée est donc de considérer qu’il existe des «nutriments» techniques qui doivent suivre la même évolution que les nutriments biologiques.

Contrairement au système linéaire qui externalise les déchets par incinération ou enfouissement, le système circulaire est inclusif : la production s’inscrit dans un cycle où le produit en fin de vie devient matière première pour la production d’un autre produit. Les déchets ultimes sont recyclés et le système est totalement pérenne.

Pour y parvenir il faudrait réaliser le schéma suivant:

GV 3

 

 

 

Actuellement :

> Si, dans certains cas, la ressource obtenue peut être la même que celle extraite, qualitativement et quantitativement, dans la réalité elle est bien différente et très inférieure, même en triant et en valorisant. Le schéma n’est donc pas circulaire mais une spirale rentrante, il faut compenser par de nouvelles extractions, en moins grande quantité sans doute, mais non conformes au projet.

Quand on prend conscience, par exemple, de la quantité vertigineuse de combustible fossile : lignite, charbon, pétrole, bitume, gaz conventionnel et de schiste,..brûlés et utilisés dans l’industrie, les transports, les différentes activités de recyclage et de valorisation, que reste-t-il comme déchets valorisables ? De l’eau, du CO2, des oxydes d’azote…? Ils sont dispersés dans l’atmosphère : non récupérés ni récupérables, non valorisés ni valorisables ! On n’est pas revenu au point de départ !

> Cette économie circulaire a une dynamique, comme celle des écosystèmes biologiques, elle a donc besoin d’énergie pour tourner. Il convient donc de concevoir aussi une énergie recyclable !

>> Les écosystèmes biologiques captent, à l’origine, de l’énergie solaire par l’intermédiaire de capteurs chlorophylliens contenus dans les feuilles vertes des plantes.

Cette extraction s’accompagne de prélèvement de CO2, de rejet d’oxygène et d’eau, de synthèse organique ; l’oxygène assure la vie animale.

C’est cette énergie potentielle séquestrée au départ qui sera progressivement distillée et utilisée tout au long du fonctionnement des écosystèmes ; il ne restera que la matière initiale : eau, CO2, sels minéraux, du départ; elle servira à reconstituer les «centrales» chlorophylliennes de production. L’économie est circulaire.

Pour être exhaustif, une autre vie, dans les grands fonds marins, utilisent la géothermie des émanations des sources hydrothermales sous-marines, d’origine volcanique mais le résultat est le même.

>> Notre économie ne prélève pas à l’origine l’énergie solaire.

Elle ne prélève pas du CO2, elle en rejette au contraire, elle ne rejette pas d’oxygène, elle en consomme. Elle ne permet pas la vie animale, elle la détruit.

Elle utilise en grande quantité une réserve fossile, qu’elle épuise donc. La quantité est telle que le CO2 rejeté, pendant les différentes activités, dans l’atmosphère, sature les puits de carbone naturels (végétation d’ailleurs en diminution et océans qui s’acidifient), le reste augmentant l’effet de serre. Le bilan est une baisse de l’oxygénation, une hausse moyenne de la température, un déséquilibre permanent de cette économie et finalement une impossibilité de «refermer» le cercle !

>> Une autre différence importante réside dans le comportement des acteurs aux différents niveaux.

  • Dans l’économie humaine la gestion est compétitive.
  • Dans l’économie naturelle elle est de type associatif à bénéfice réciproque (symbiose) ; non pas voulue ou choisie, mais imposée par la sélection naturelle, par nécessité de survie. En économie humaine, on pourrait appeler cela : »économie globalement solidaire ».

C’est une différence capitale pour obtenir une efficacité maximale et des pertes minimales.

En conclusion, l’économie vraiment circulaire ne sera possible que le jour où  :

  • On laissera le lieu aussi propre en sortant qu’on l’a trouvé en entrant, c’est-à-dire avec les mêmes ressources, en quantité et qualité, après le recyclage, qu’avant, au moment de l’extraction.
  • On recyclera l’énergie en utilisant uniquement des énergies renouvelables.
  • Pour stimuler la «vertu», on favorisera, comme dans beaucoup de pays, européens entre autres, le développement des écotaxes et l’augmentation des coûts de l’énergie et des matières premières.

En bref, le passage de l’économie linéaire à circulaire n’est pas limitée, loin de là, à un changement de conception économique mais à un changement de conception de notre vie en général !

Pour finir sur une note humoristique, je citerai les propos de notre ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, certains ne les connaissent peut-être pas :

«Avec Michel Sapin, on a vérifié : les vers de terre ont fait une conférence sociale il y a plusieurs millions d’années ; ils sont d’accord pour travailler gratuitement. Le Medef, on a vérifié aussi, n’était pas là, donc pas de durée légale, pas de cotisation sociale, pas d’heures supplémentaires : çà travaille tout le temps ! Moi, tous les jours, quand j’en vois un, je lui dis «salut et merci, camarade !».

Un bel exemple d’économie solidaire.

Il a tout compris mais, prisonnier du système, il ne peut malheureusement rien faire !

– par Georges Vallet

Credits photos: gblogs.cisco.com

A Tarbes, le Colloque du Futur ?

ecocir3Lundi 24, la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées hébergeait le Colloque suivi de Tables rondes de la Jeune Chambre Economique (JCE) de Tarbes et de la Bigorre. Le thème l’Economie Circulaire. L’objectif : démontrer que « Ensemble la conso utile, avec l’économie circulaire, c’est possible ».
Le sujet avait attiré de nombreux Bigourdans, des Béarnais aussi et bien entendu bon nombre de jeunes étudiants, il a même fallu déménager vers un amphi plus grand !

Le colloque
Les arguments des Théoriciens de l’économie circulaire m’ont paru positifs. Dans leurs propos aucun relent malthusien. Au contraire. Les mots récurrents sont innovation et nouvelle prospérité… Et même croissance.

L’économie circulaire s’oppose à l’actuel modèle linéaire. Ce modèle fondé sur le caractère illimité des ressources, consiste à « extraire, fabriquer, consommer, jeter ». Un modèle qui a permis à des milliards d’individus de vivre mieux et plus longtemps, ont unanimement souligné les intervenants. Mais un modèle mis à mal par la finitude, entendre l’épuisement des ressources naturelles.

L’économie circulaire est un modèle fondé sur l’observation du fonctionnement des écosystèmes naturels dans lesquels tout est nutriment. La nature recycle tout ! L’économie circulaire tend vers ce même but. Les déchets ne sont plus déchets mais ressources pour produire à nouveau.

Les mots clés de l’économie circulaire sont : Réparer, réutiliser, réemployer, recycler.

Anne de BETHENCOURT de l’institut de l’Economie circulaire et fondation Nicolas Hulot a illustré ces trois mots de nombreux exemples. J’en ai retenu deux qui, à mon sens,  illustrent ce qu’il y a de plus novateur dans l’économie circulaire.

– Pourquoi acheter les biens, les objets dont on use ? Un ménage utilise « sa » perceuse électrique 7minutes au total, affirme Anne de Béthencourt. La solution ? Le fabricant du produit le met à la disposition du consommateur en fonction de ses besoins réels moyennant une rétribution, un loyer. Avantage : on use l’objet, l’obsolescence hyper- rapide née du design et non de l’usage ou de la mode disparait. Le cycle de vie du produit s’allonge car c’est l’intérêt du fabricant. Un moyen de réduire l’impact environnemental de la production.

– On devrait chercher à construire les bâtiments avec des matériaux réutilisables y compris le béton des murs. Plus de friches industrielles, plus de maisons, fermes, hangars abandonnés. Et ce n’est qu’un exemple ! Tous les biens durables pourraient, semble-t-il, connaître une deuxième vie et plus encore. Il suffit d’innover !
Innover, un maître-mot de l’économie circulaire. Innover dans des processus de production ayant un faible impact environnemental, dans des produits nouveaux réparables, réutilisables, recyclables….

L’économie circulaire ? Une Révolution fondée sur la création valeurs nouvelles aux conséquences positives pour la société, l’économie, l’environnement en un mot l’Homme. Une Révolution rendue impérative en raison de la finitude des ressources naturelles. C’est là que l’on peut être un peu plus sceptique. Il nous est demandé de croire aux chiffres et aux statistiques qu’eux spécialistes de ces questions avancent… Mais ils ont de bons arguments et leur crédo : donner une deuxième vie à la matière fusse du CO2 est enthousiasmant.

Les tables rondes – Café du monde
Malheureusement beaucoup des présents au colloque ne sont pas restés. Obligations professionnelles, lassitude, difficultés pour s’exprimer en public ? Je ne sais.

Les participants, 5 personnes par table, étaient invités à faire des propositions sur trois sujets :

– Réduire la quantité de matière et d’énergie consommés. Halte au gaspillage.
– Prolonger la durée de vie de nos produits.
– Valoriser au mieux toutes les matières. Créer des synergies

A chaque sujet, on devait changer de tables à l’exception d’une personne par table, le rapporteur.

Mais malheureusement le résultat ne me semble pas avoir été à la hauteur. Là où j’ai participé, les propositions du type petit bricoleur ont trop souvent fusé. Par exemple récupérations des cendres ou du marc de café par les jardiniers du dimanche pour remplacer engrais ou autres. A une autre table où il avait 2 jeunes étudiants en licence professionnelle, j’ai lancé l’idée d’un même cartable de la 6ème à la 3ème, réaction des jeunes : impossible. Leur réaction est hors sujet puisqu’on nous avait demandé de faire et de noter des propositions, un point c’est tout ! Mais cela démontre que les habitudes des jeunes consommateurs auront la vie dure. Enfin à la dernière table où je me suis assise, un participant n’a pas permis aux autres  de faire leurs propositions. Informaticien de métier, Il a expliqué pourquoi il était impossible d’isoler et de récupérer les matières qui composent les mémoires de masse informatiques. C’était intéressant mais les autres n’ont pas pu intervenir ! Et à cette même table, le rapporteur a dégagé comme proposition principale de la table, celle qui reflétait son point de vue.

Les maîtres-mots de l’économie circulaires sont Réparer, Réutiliser, Réemployer Recycler… Certains dans le public ont donné quelques exemples qui montrent que dans les années 50, c’était des choses que l’on savait encore faire ! Alors… pourquoi pas ? Ce modèle n’est-il pas mis à mal par l’inégalité des salaires à travers le monde ? Comment voulez-vous qu’en France l’on paie au SMIC des ouvriers à réparer, à réutiliser… alors que jeter et racheter des biens importés d’ailleurs et donc fabriqués par des ouvriers payés quelques centimes d’euros de l’heure, revient moins cher au consommateur…
L’économie circulaire oui… mais ne rêvons pas, ce sera long.

– par Hélène Lafon
2 décembre 2014

Pau, naissance d’une nouvelle entreprise : Aqui Recup

Aqui RécupA Pau, un projet alliant économie solidaire et économie circulaire est en train d’émerger. C’est dans ce but que la Société AESEC (Alliance Economie Solidaire – Economie Circulaire) a été créée. Son objectif : développer un circuit court pour collecter-laver et proposer la réutilisation locale des bouteilles en verre. Outre la création d’emplois locaux non dé-localisables. Son activité sous le nom commercial d’AQUI RECUP permettra de limiter la consommation de matières premières (a minima 30% de silice) et d’Energies non Renouvelables (a minima 1,2 kWh par bouteille réutilisée). Son premier partenaire : Emmaüs Lescar.

En France, la récupération et le recyclage du verre, basés sur une Economie Linéaire (acheter-utiliser-jeter) à usage unique du contenant, représentent un coût important pour les divers acteurs locaux : collectivités (supérieur à 600 000 Euros dans le cadre du SMTD*) et producteurs. AQUI RECUP mettra en place un centre de lavage des bouteilles qui seront collectées localement et revendues aux producteurs (vignerons, brasseurs, caves coopératives) après avoir été contrôlées. 4 emplois seront créés au démarrage de l’activité et 10 emplois existeront au bout de 5 ans dont des emplois en réinsertion.

1. Contexte – Origine du projet

Dans les Pyrénées Atlantiques, les Communes ont transféré à un Etablissement Public de Coopération Intercommunal la gestion des déchets. Une collecte sélective est organisée pour :
Le verre
Les emballages ménagers (hors verre)
La collecte du verre couvre l’ensemble du département. Le verre est principalement collecté en apport volontaire et valorisé par la verrerie de Vayres (33). Sur l’ensemble du département 18 965 t ont été collectées en 2012 en tri sélectif par les trois principaux syndicats :

Syndicat tablqau

Le coût moyen de cette collecte est de l’ordre de 50 €/t par collecte dans des colonnes à verre et de 200 €/t par collecte en porte à porte (150 €/t collecte mixte) (données ADEME)
Le verre collecté en tri sélectif représente seulement 70 % du verre utilisé. 30 % du verre se retrouve dans les Ordures Ménagères Résiduelles et est donc soit incinéré soit enfoui avec un coût moyen de 160 €/t.

A terme, AQUI RECUP créera un centre de lavage de bouteilles** en Sud Aquitaine, dans le but de les réutiliser afin :

• de créer des emplois locaux non délocalisables (conducteurs et opérateurs de ligne – caristes – chauffeurs livreur – gestionnaires administratifs commerciaux)
• d’économiser de la matière première et de l’énergie

Une étude réalisée par les Brasseurs Alsaciens, qui ont maintenu une collecte non destructive des bouteilles de bière en les consignant, montre que dans des conditions d’utilisation comparable, la bouteille à usage multiple ou usage circulaire réduit la masse des déchets non recyclables de 85%, la masse des déchets recyclables de 92,5%, les émissions de SO2 de 86%, les rejets de CO2 de 79%, la consommation d’eau de 34% et permet 76% d’économies d’énergie par rapport à la bouteille à usage unique.

2. Economie et développement actuel du projet

Nous nous attacherons prioritairement à collecter les bouteilles provenant des OMR non valorisées à l’heure actuelle dont on peut considérer que le coût de traitement annuel est au minimum de 600 000 € pour le SMTD et de 500 000 € pour Bil Ta Garbi. Après deux ans d’activité, nous pensons être en mesure de traiter 1 500 000 bouteilles (fourchette conservatrice) soit 750 t (environ 4 % du verre collecté dans les Pyrénées Atlantiques) dont 200 t provenant des OMR. (environ 1 % du verre collecté dans le 64) représentant une économie énergétique de 1,66 MWh. Pour récupérer une partie des contenants verre qui ne sont pas valorisés aujourd’hui, AQUI RECUP propose :
• d’installer des points de collecte grand public dans les surfaces commerciales ou les recycleries
• de travailler avec les grossistes qui revendront nos bouteilles et inviteront leurs clients à rapporter les bouteilles vides
• de travailler avec les professionnels de la boisson (Cafés, Hôtels, Restaurants) pour répondre à leur problématique de stockage et de traitement du verre non consigné.

La première opération de collecte a commencé chez Emmaüs Lescar qui a installé un point de collecte et de tri spécifique. Elle sera suivie par l’installation d’une ou deux machines avec récompense (un avoir dans une surface commerciale sera donné sous forme de bon d’achat pour chaque bouteille retournée) dans la région de Pau et d’autres points de collecte dans des recycleries.

Les économies de matières premières et d’énergie se retrouvent dans le prix de revente des contenants qui, une fois nettoyés et conditionnés, seront proposés à un prix inférieur à celui des contenants neufs pour un niveau de qualité équivalent.

Dès à présent, vous pouvez rapporter toutes vos bouteilles de verre chez Emmaüs à Lescar où les bouteilles de vin de type bordelaise, de bière et de jus de fruit seront triées pour être réutilisées plus tard.

– par Hervé CADILLAC
AQUI RECUP

* les trois syndicats de traitement des déchets des Pyrénées-Atlantiques :
1 SMTD (Syndicat Mixte de Traitement des Déchets) couvre quasiment tout le Béarn (290 000 habitants) dont l’Agglomération Pau Pyrénées
2 Bil Ta Garbi couvre la plus grande partie du Pays Basque (264 717 habitants)
3 Bizi Garbia regroupe 11 communes basques dont 2 en Espagne.
Source : site internet des 3 syndicats.

** les bouteilles récupérées :
– bouteilles de vin de type bordelaises de 75 cl
– bouteilles de bière artisanale ou bouteilles de bière Premium (type bières d’Abbaye) de 33-50-60 -75 cl
– bouteilles de jus de fruit et de soupe d’un litre