La laïcité pilier de la République

Dans le délire réformateur d’un président trop pressé, alors qu’un grand débat national s’engage dans des conditions bien difficiles, voilà qu’un pouvoir contesté prévoit de s’en prendre à un pilier de la république : la laïcité. 

Du côté des « marcheurs » on ne cesse de condamner les attaques contre « les symboles républicains ». A juste titre il faut condamner et réprimer fortement les violents débordements qui se sont déroulés ces derniers jours ; car la République c’est l’ordre ; un ordre sans lequel ne peuvent s’exprimer la liberté, l’égalité et la fraternité. Mais il faut éviter aussi les amalgames hâtifs, primaires et stupides comme celui qui consiste à « baptiser » l’Arc de Triomphe à l’eau bénite républicaine, alors qu’il s’agit précisément du contraire c’est-à-dire de la victoire de l’empire sur la république ou encore de vouloir réhabiliter Pétain, antisémite forcené, symbole du déshonneur de l’Etat Français.

S’il est un symbole républicain sur lequel tout le monde ou presque s’accorde c’est la laïcité. La séparation de l’Eglise et de l’Etat est le pilier de la République moderne. Même si elle fut chèrement acquise tous s’en accommodent désormais ou doivent bien s’y plier car la loi contient des aspects suffisamment contraignants pour être respectée. Ainsi la France est enviée dans le monde entier pour avoir trouvé un équilibre solide et unique qui a une portée universelle.

Tout cela date de 1905 et fonctionne, c’est vrai, dans un contexte tendu aujourd’hui. Mais la loi se situe comme une référence ultime et n’est-ce pas un risque inutile que de vouloir modifier un élément stabilisateur dans une société en fusion ? Emmanuel Macron mesure-t-il à quoi il s’attaque ? Il devrait relire le discours de Gambetta à l’Assemblée Nationale, le 4 mais 1877 « le cléricalisme voici l’ennemi ! » : « Je dis qu’autrefois une foi religieuse ardente, des convictions dogmatiques étaient au fond de ces querelles, tandis que, aujourd’hui, il n’y a qu’un calcul politique, qu’une combinaison de partis déçus dans leurs espérances, une coalition de convoitises dynastiques ». Juste pour l’ambiance… et pour permettre de mesurer l’enjeu colossal, périlleux qui l’attend…

En coulisse, le très controversé « Observatoire de la laïcité » s’active. Il a rendu à Gabriel Attal, secrétaire d’Etat à l’Education, une étude sur les règles d’application de la laïcité au sein du futur service national universel (SNU). Pour la première phase du SNU, qui concerne des jeunes de 14 à 16 ans et se déroule en internat, l’Observatoire conseille de ne pas soumettre les appelés « au principe de neutralité, ni à l’encadrement de leur manifestation d’appartenance religieuse« . Le ministre de l’Education Nationale, Jean Michel Blanquer a immédiatement précisé : « Je ne suivrai pas la recommandation de l’Observatoire de la laïcité sur le port des signes religieux lors du service national ». Il y a débat et on peut penser qu’il s’agit d’une première escarmouche avant que la bataille ne soit plus séreuse.

Selon Le JDD (5 novembre 2018) le plan présidentiel contiendrait 5 points principaux : « 1 – Mise en place d’un label d’Etat pour les associations religieuses, 2 – Les subventions publiques adaptées et la comptabilité analysée, 3 – Un contrôle des financements de l’étranger, 4 – Des revenus locatifs permis pour les cultes, 5 – Un bouclier pour empêcher les « prises de contrôle inamicales »

En fait le projet vise essentiellement le culte musulman et souhaite voir émerger face à l’islamisme radical un « Islam de France ». Le concept en lui-même est contestable car que veut dire un Islam de France ? L’Islam c’est l’Islam et c’est l’affaire des musulmans et de leurs responsables qui se sont émus de ces projets gouvernementaux. Pour les défenseurs de la laïcité qui ne combattent pas les croyants, l’Etat n’a pas à intervenir dans le contenu ni dans la gestion d’un culte. La religion fait partie de la sphère privée. Elle ne doit pas intervenir dans la gestion de la société ou dans la marche de la vie politique. En dérogeant à ce principe on crée un précédent qui ouvre une boîte de Pandore d’où sortiront rapidement les vieux fantômes du passé qui ne sont pas si loin dans l’inconscient collectif. On l’a vu lors de la « manif. Pour tous ».

D’autre part que fait-on des agnostiques, des athées, les plus nombreux des Français ? Devront-ils désormais payer pour les croyants ? Est-ce justice, même si cela reste symbolique ? Même s’ils ne sont pas organisés, ils ont eux-aussi leurs droits qui sont justement assurés par la loi de 1905. Inquiets, les défenseurs de cette loi, regroupé dans un « comité Laïcité République », ont lancé un appel où ils précisent que : « Au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril, il ne peut être question d’affaiblir leurs fondations en ouvrant la voie aux exigences de tous les groupes de pression et en relativisant le caractère inviolable de leurs principes ».

 

Pierre Vidal

Photo DR

La fille aînée de l’Eglise ?

Disons-le, la conduite des affaires par le « grand timonier » qui tient la barre de notre pays est bien difficile à suivre par les temps qui courent. Les annonces se succèdent dans tous les sens et on en a le tournis. Les chantiers de la « modernité » s’ouvrent à une vitesse accélérée et plus personne ne s’y retrouve. En est-il conscient ? Sans doute est-ce pour cela qu’il entame une session d’explication tortueuse dans sa forme puisqu’elle démarre par le 13 heures de l’inamovible Jean-Pierre Pernaut et se poursuit par un match de catch annoncé face son ennemi intime (quoique !) Edwy Plenel qui ne devait pas s’attendre à une telle promotion, en compagnie de Jean-Jacques Bourdin, phénix de RMC. Exit le Service Public de l’Audiovisuel cette « honte de la république ». C’est plus qu’un symbole : c’est une indication…

Nous sommes donc perplexes voir sidérés devant tant de précipitations dans les réformes mais, rassurons-nous, la fameuse « pédagogie » devrait remédier à nos états d’âme. Hélas ! Nous ne sommes plus des enfants, nous apprenons par nous-mêmes et les explications ne sont pas toujours convaincantes… le hiatus pourrait donc se prolonger. Une sorte de désamour si nous constations que derrière Bonaparte des débuts se cachait un nouvel empereur autocrate et loin des préoccupations populaires.

Personne ne doute de la nécessité de réformer la SNCF. Un service public est fait pour les usagers qui, avant d’avoir souffert des grèves, ont été les victimes des défaillances de notre transporteur numéro un. Et l’on apprend, faut non seulement arriver en retard mais aussi payer deux fois, car l’Etat injecte des milliards pour faire marcher les trains… Donc une réforme oui dans ce secteur elle s’impose et pourquoi pas l’ouverture à la concurrence si cela devrait dynamiser le secteur. Pour autant, faut-il entamer un bras de fer sanglant avec les syndicats ? Faut-il vraiment les abaisser ? Qui va remplacer ces corps intermédiaires qui mettent l’huile dans la machine et parfois sur le feu quand c’est nécessaire. Tous les grands pays modernes : l’Allemagne (référence obligée) ou les Etats-Unis ont des syndicats puissants et respectés. Il y aura du sang sur les murs à l’issue d’un mouvement nécessaire certes, mais qui aurait pu se faire avec plus de douceur…

Ne parlons pas des facs car c’est un épiphénomène et la véritable réforme, celle qui s’attaque aux privilèges du système et de ses agents bien réels pour le coup, reste à faire. « Nous demandons la démission du président » disent la poignée d’occupants ; ils peuvent toujours demander… qu’ils laissent la majorité des étudiants passer leurs partiels. Il en est de même des Zadistes : la légalité républicaine s’applique à tous… la Commune Libre de Notre- Dame-des-Landes ne peut pas imposer son diktat contre la loi. C’est la logique.

Plus surprenante est la récente visite du président à l’épiscopat français pour «réparer», dit-il, un «lien entre l’Église et l’État» qui s’est «abîmé». On ne voit pas en quoi il s’est abîmé si ce n’est dans les tentatives forcenées et soutenues par la hiérarchie catholique de s’opposer au mariage pour tous avec la création du collectif « La Manif pour tous », menée par la militante catholique Frigide Barjot. On a bien vu, avec ces manifs répétées, très typées socialement, qu’il s’agissait de revenir non seulement sur un acquis adopté par de nombreux pays –les plus modernes- mais surtout de montrer ses muscles pour mettre en cause les piliers de la laïcité. Dans un premier temps de revenir par exemple sur le droit à l’avortement. Même si cela reste dans le domaine du non-dit. C’était l’électorat de Fillon et de Marine Le Pen auxquels les Français dans leur majorité ont tourné le dos pourquoi leur repasser le plat une seconde fois ?

En ces temps troublés, Macron s’en prend donc aux corps intermédiaires, les syndicats, les journalistes, mais plus grave, à la colonne vertébrale de notre société : la laïcité. Que vont penser en effet les musulmans de cette reconnaissance en fanfare des « cathos », après tout, si «la sève catholique doit contribuer encore et toujours à faire vivre notre nation», qu’en est-il de la sève islamique ? Et celle surtout de la majorité des Français qui se disent et revendiquent athées. Pour ces derniers ce pas de clerc est pour le moins méprisant : ainsi la France serait à nouveau consacrée « fille aînée de l’Eglise » ? Non ! La réaction d’Emmanuel Valls en pointe sur ce sujet, désormais député apparenté la REM, est pleine de sagesse : «La laïcité c’est la France, et elle n’a qu’un seul fondement : la loi de 1905, celle de la séparation des Églises et de l’État. La loi de 1905, toute la loi, rien que la loi».

Bien sûr l’élection de Macron a déclenché un tel bing-bang politique faisant éclater les frontières, disparaître les clivages droite gauche dont les ultimes représentants se réfugient dans l’invective et l’excès qu’il ne peut y avoir de traduction politique à ces faux pas. Il en restera néanmoins des traces. Il faudrait donc se joindre au modèle anglo-saxon qui ne connaît pas la laïcité ? C’est faire fi de l’histoire de notre pays qui a eu ses Clemenceau, Gambetta et Combes et qui a su, par la fermeté, créer un modèle unique –ou presque- qui nous est envié partout dans le monde. Il place la religion dans le domaine de l’intime et laisse les prérogatives de l’État dans la neutralité. Cet acquis est un bien trop précieux pour le risquer dans un jeu politicien subtil : se mettre les cathos dans la poche –ce qui ne sera pas le cas- !

Pierre Vidal

Moitié-moitié

breve43099-0Face aux dramatiques événements qui frappent notre pays il serait évidemment facile de stigmatiser l’impuissance d’un gouvernement réputé incapable de protéger les citoyens contre un terrorisme particulièrement barbare. Cependant, si n’importe quel autre gouvernement n’aurait pas fait mieux, les solutions que proposent celui-ci ne sont pas de nature à apporter une réponse pérenne à la vraie question qui est posée aujourd’hui : celle de la compatibilité de la religion en général, et ici, en l’occurrence, de la religion musulmane, avec les valeurs démocratiques sur lesquelles se fonde notre République.

République dont il faut se souvenir qu’en d’autres temps, pour arriver à ses fins, notamment la déchristianisation, elle n’hésita pas à trancher dans le vif en  décrétant  ( 1er août 1793) , «l’anéantissement de la Vendée »  en lâchant sur elle les tristement célèbres colonnes infernales qui n’épargnèrent ni les femmes ni les enfants. République qui, plus récemment, afin de lutter contre « l’obscurantisme clérical » vota en 1905, les fameuses lois de séparation de l’Église et de l’État. Lois qui d’ailleurs, à l’époque, ne suscitèrent pas autant de réactions qu’on le croit et qui aujourd’hui ne semblent plus poser véritablement problème.
Bien sûr il n’est évidemment pas question aujourd’hui de recourir à des mesures aussi barbares ou aussi drastiques. Mais il faut mesurer qu’outre le fait d’accréditer quelque religion que ce soit c’est renier les principes et les acquis de la laïcité. Singulièrement, à propos de l’Islam, c’est aussi remettre en cause l’égalité des femmes. Cette moitié d’humanité soumise depuis la nuit des temps à l’autorité totalement arbitraire, aux caprices et aux fantasmes de son autre moitié masculine. Égalité d’ailleurs acquise bien tardivement chez nous ( ordonnances de 1944 et 1945 – et pour des raisons essentiellement électorales) ! Et que dire du fait qu’il y a quelques années seulement, une accouchée célibataire devait encore « reconnaître légalement» l’enfant qu’elle venait de mettre au monde ! Mais égalité, désormais, semblait-il, inaliénable !
Alors, aujourd’hui, en France, en démocratie, ne serait-il pas déshonorant pour la République et pour chacun d’entre nous d’imaginer seulement d’en faire une valeur… optionnelle ?
Et donc, à cet égard, dans le contexte actuel, s’il faut donc, évidemment, faciliter l’intégration totale de la communauté musulmane, y compris au plan religieux si telle est sa volonté – et bien sûr lui laisser du temps pour cela – ce ne peut être qu’à condition que cette question soit tranchée !
C’est à elle, seule, de le faire !

Maurice Meireles – Pontacq

Contribution à une réflexion sur l’école.

laicite-160x130Le choc que nous venons de vivre est le résultat d’un séisme dont les enregistrements sismologiques avant-coureurs étaient connus depuis longtemps, souvent répétés, mais mis systématiquement de côté pour de nombreuses raisons, difficilement recevables ! Nos politiques, reflet d’une population ouverte à ses problèmes immédiats, n’a pas voulu suivre l’évolution démographique et multiculturelle qui se produisait et s’accélérait, phénomène qui, compte tenu de l’évolution internationale, va encore se poursuivre et s’amplifier. Comme dans beaucoup de domaines, on attend que l’entreprise soit en faillite pour chercher la solution au lieu de prévoir à l’avance des mesures d’accompagnement. On retrouve la même démarche dans le domaine politico-socio-environnemento-économico-financier où les signaux d’alerte sont de plus en plus nombreux ; les deux sujets sont d’ailleurs intimement liés.
La reconstruction de la société, que des millions de français ont souhaité édifier dernièrement, passera par une redistribution des cartes, des rapports, des valeurs, des richesses existantes et potentielles, pour faire une unité fonctionnelle stable.

La cause est systémique, le traitement doit l’être aussi

L’enseignement en général s’inscrit dans un tout dont une planification fonctionnelle, dans le temps et dans l’espace est à mettre en place. Elle doit porter simultanément sur le social, l’économique, le culturel, le religieux, le sécuritaire, l’éducatif, le politique, la justice, le répressif…en bref sur tous les rouages du fonctionnement d’une société en recherche d’équilibre.
En ce qui concerne l’enseignement sensu-stricto, il faut le voir, lui aussi, dans son ensemble ; il est très injuste de dire que le système éducatif est un échec total. Les grandes écoles, les universités fournissent toujours une élite que l’on retrouve dans les écoles de commerce, les finances, l’industrie, l’économie, l’armée ; beaucoup de nos étudiants sont demandés à l’étranger et s’expatrient ; notre économie les gaspillent.
Nous avons eu l’honneur de nous voir décerner un certain nombre de prix Nobel !
Réservons donc notre misérabilisme, et il est particulièrement grand, pour ceux qui, ayant eu la possibilité théorique de suivre le même cursus scolaire que les précédents, n’ont pas eu la chance d’être éduqué dans un environnement favorable. Le déséquilibre est total.

> Première remarque :
«L’Education nationale» doit-elle prendre en charge toute l’éducation des enfants ?
Absolument pas ; ce serait admettre la déresponsabilisation programmée des parents.
Ils interviennent dans l’éducation individuelle, familiale ; l’école, en plus de l’acquisition de connaissances, éduque à la vie sociale. Or, si la classe moyenne, tout en partant tôt au travail le matin et rentrant tard le soir, s’arrange pour suivre leurs enfants en contactant les enseignants, en faisant aider leur progéniture par des activités périscolaires, en provoquant des débats culturels ; d’autres familles en sont incapables car elles n’en ont pas les moyens financiers, intellectuels et linguistiques ; elles comptent sur l’école et la société pour le faire à leur place ! Elles ne se rendent pas aux convocations ou doivent être accompagnées par un traducteur ; la plupart du temps, les enfants sont les seuls médiateurs et ils disent ce qu’ils veulent !
Heureusement, il y a des associations de bénévoles qui viennent en aide mais elles n’ont pas, malgré toute leur bonne volonté, l’autorité, les connaissances pédagogiques et les moyens nécessaires, pour accompagner la démarche de l’enseignant.
C’est sans doute excellent de demander aux parents de signer une charte, un contrat…, mais une grande partie de ceux qui sont les plus concernés ne savent pas écrire, lire ni comprendre le français ! La signature n’a d’intérêt que s’ils savent ce qu’ils signent !

> Deuxième remarque :
L’absentéisme scolaire est un boulet qui isole un grand nombre d’enfants d’une scolarité normale, les assistances sociales, débordées, ont du mal à faire les investigations nécessaires ; les établissements avertissent mais que faire avec des familles sans aucune autorité, illettrées, dans la misère, les seuls revenus étant ceux issus des allocations, de la délinquance ou de la drogue !

> Troisième remarque :
La hiérarchie de l’Education nationale, depuis des années, du chef d’établissement jusqu’à l’Inspection et au Ministère, a une responsabilité dans cet échec. Il ne faut surtout pas faire de vagues, tout doit fonctionner, théoriquement, normalement sinon une incompétence est reconnue et perturbe la situation professionnelle ou politique de cette hiérarchie. Tous les foyers locaux d’insoumission, d’irrespect, d’absentéisme, de violence… ne remontent pas comme il faudrait et ne sont donc pas traités ; combien de fois n’a-t-on pas lu ou entendu, sur place, que l’enseignant ne « savait pas » tenir ses élèves, c’était bien sûr uniquement de sa faute ! Ne nous étonnons-pas que ces foyers se soient embrasés : ils apparaissent maintenant au grand jour mais ils couvaient sous la cendre depuis des années.

> Quatrième remarque :
La confiance et la solidarité entre les parents et les enseignants, est au plus bas ; à l’émission de C dans l’air sur ce sujet, vendredi dernier, un inspecteur relatait que plus de 50% des parents ne faisaient pas confiance aux maîtres. Nous vivons dans une société où l’individualisme et la compétition règnent en maître ; tout ce qui n’est pas soi est critiqué ; il faut être le meilleur ; l’école doit permettre de passer avant les autres pour obtenir une place dont l’obtention est le résultat d’une concurrence sévère. Fini la recherche de la culture personnelle et citoyenne, c’est la marchandisation et la privatisation.
J’ai vécu une situation où des parents d’élèves convoqués par un chef établissement pour conduite intolérable de leur enfant, arrivaient accompagnés d’un avocat !
On avance souvent que dans les écoles privées, confessionnelles ou pas, la relation parents-enseignants est largement positive ; C dans l’air évoquait une école coranique sous contrat où tout était apaisé ! Tout va bien car les parents inscrivent leur progéniture dans des établissements choisis, ils sont confiants car ils pensent que leurs enfants sont protégés de la mixité qui « pollue » (!) leur environnement.

Comment, dans ces cas imaginer un « vivre ensemble » ?

> Cinquième remarque : de nombreuses erreurs ont été commises.

• avoir construit des ensembles immobiliers concentrant la misère ; le pape François reprochait à ses ouailles de se reproduire comme des lapins mais beaucoup de ces populations vivent dans des cages à lapins !
• Faire des collèges et lycées de plusieurs milliers d’élèves ; c’est l’usine, c’est ingérable dans des contextes de crise surtout après la suppression des personnels de surveillance et d’encadrement.
• Comme dans beaucoup de métiers à responsabilité, une prédisposition et une formation initiale et continue sont nécessaires pour adapter l’efficacité et la motivation à l’évolution des tâches. Ceci a été supprimé pour des raisons d’économie. La mastérisation, en 2010, n’est pas encore concluante. Un constat important est à mettre en relief ; contrairement à de nombreuses professions où les décisions sont prises au sein d’un groupe, l’enseignant, dans sa classe, est seul ; seul à faire face à des situations différentes où l’imprévisibilité est permanente et la situation rarement stabilisée.

Suggestions qui sont loin d’être exhaustives ?

• Assurer l’alphabétisation des enfants et des familles dont la langue d’origine n’est pas le français ; action à mener grâce à l’intervention de l’école et des associations de bénévoles aidées par les municipalités.
• Multiplier les petits collèges, les classes à faible effectif, les formations, l’apprentissage avec l’accord et l’aide des entreprises…
• Développer des rencontres pour des mises à niveau des connaissances et des formations pour adultes.
• Pour apporter un peu d’humour (qui n’est jamais gratuit), je citerai une plaisanterie jadis affichée en salle des professeurs: «l’aide au travail personnel demandé doit pouvoir être du donnant-donnant, du gagnant-gagnant ; comme les élèves ont aussi beaucoup à nous apprendre, des heures de classe seront réservées à la constitution de classes de professeurs qui recevront un enseignement par les élèves; objectifs :
a) Apprentissage de la nouvelle langue des banlieues, passage incontournable pour rentrer en communication avec eux.
b) Apprentissage des nouveaux symboles de communication. »
• Redonner la sécurité dans les cités par des actions conjointes d’une police nationale et municipale, suffisante, logée sur place, et d’une police en civil, tournante, coordonnée, en recherche de renseignements. Un objectif prioritaire est d’éradiquer le monde mafieux par une présence permanente.
• Développer les éducateurs de terrain et rechercher l’investissement des résidents.
• Appliquer scrupuleusement les mesures préconisées par le ministère.
• Aider le mouvement des intellectuels musulmans qui veulent développer un Islam moderne, acceptant la liberté et la séparation du religieux et de l’Etat.
«Aider ceux-là signifie aussi ne plus tolérer, en tous cas dans les mosquées et les centre culturels en France, les adeptes du wahhabisme qui est incompatible avec les valeurs de la France.» Rachid Barnat La laïcité : Une chance pour réformer l’Islam de France !
http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.fr/2015/01/islam-deslumieres_24.html référence très intéressante de Jean Pierre Ryf sur le forum.
• Faire éclater cet urbanisme concentrationnaire pour faciliter la mixité sociale.
• Redonner le goût d’enseigner par une reconnaissance professionnelle, de la part du politique et de l’opinion publique. C.A.P.E.S. 2014 : plus de 12% des postes n’ont pas été pourvus, avec des taux plus élevés en mathématiques : -33%, ou en lettres classiques : -17%; postes sur lesquels sont recrutés, du coup, des contractuels, mal payés, mal préparés et au statut précaire. Le mal être enseignant est important, un sondage Se-Unsa portant sur 15000 réponses donne :
84% considèrent que l’opinion publique n’a pas une vision positive de leur travail.
95% qu’elle n’en comprend pas les contraintes.
46% considèrent que la hiérarchie ne valorise pas leur métier

Le questionnement va immédiatement surgir: avec quel argent ?
Nouvelle suggestion parmi plein d’autres ; pourquoi ne pas augmenter la TVA sur les produits de beauté : cabines de bronzage cancérigènes, teintures pour cheveux allergisantes, parfums et produits de maquillage, crèmes antirides qui n’agissent que sur ceux qui n’en ont pas !…. Cette mesure pourrait s’étendre à tous les produits de luxe comme les montres Rollex, les bijoux, la maroquinerie, la chirurgie de confort…….Cet argent entré dans les caisses de l’Etat serait redistribué aux communes suivant l’importance des besoins.

Entre l’obscurantisme, l’insécurité, et le luxe, il faut choisir.

– Par Georges Vallet

crédits photos : cnafal.org

Zorro est arrivé

imgresAprès les moments tragiques que nous avons tous vécus. Après l’émotion, le recueillement, et le juste hommage rendu aux victimes. La vie reprend son cours. On dresse le bilan. On analyse. On hiérarchise. On projette. Bref, étymologiquement, on politique.

A cet égard, nos gouvernants se mobilisent maintenant à bon droit pour en tirer les conséquences. Ainsi, il y a quelques jours, réunis au Palais Bourbon, députés et ministres y sont allés de propositions, suggestions… propres, selon la formule consacrée « à faire en sorte que pareils événements ne puissent se reproduire ». Et alors…

Alors ! Zorro est arrivé !                                                                                                                                                Pour lui, sauf à rester sur pied de guerre jusqu’à la fin des temps, nous devons nous attaquer à toutes les causes du problème. Notamment, tout en observant la plus grande compréhension et leplus grand respect pour toutes les croyances, refuser, que chez nous, elles dérogent aux principes fondamentaux de la laïcité et des valeurs de la République. Or, si le premier est relativement simple à mettre en œuvre, puisqu’il est directement de la compétence de l’État. Le second est beaucoup plus complexe car il mettrait à charge des représentants et responsables religieux d’en déterminer et d’en conduire les évolutions nécessaires.

Il a été ovationné !
Mais, sur cette question, de multiples plateaux de télévision, ont immédiatement réuni et interrogé de nombreux Français de confession musulmane (imams, présidents de conférence, professeurs, intellectuels..). Tous, presque unanimement, s’y sont livrés à un extraordinaire concours de langue de bois. Langue de bois dont il ressortait que l’Islam s’est toujours adapté à l’évolution de la société. Et, qu’en somme, il suffirait d’attendre…Sur I.Télé, le journaliste, animateur du débat, suffoqué, en a même jeté l’éponge quand un des participants a convoqué Voltaire à la rescousse. Voltaire, champion incontestable de la tolérance, au motif qu’il a écrit quelque part, que « le Coran était un bien meilleur ouvrage qu’on ne le disait » ! Sans doute. D’autant qu’en l’occurrence, au cœur du 18ème siècle, l’affaire Callas, en matière de tolérance et d’humanité, le catholicisme… !
Reste donc que, parce que nous avons tout sauf le temps d’attendre. Et, parce que l’émotion est
toujours vive et la mobilisation encore forte, c’est maintenant ou jamais que nous devons, parmi
d’autres, rappeler en particulier, l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Elle est
fondamentale au plan humain plus encore qu’au plan politique. Elle est indiscutable ! Aujourd’hui,
elle est la clé d’une importante partie du problème.
Mais sur ce point, n’oublions surtout pas que nous n’avons de leçon à donner à personne. La
Révolution Française de 1789 que nous invoquons à tous propos, n’a décrété que les « droits de
l’Homme ». Absolument pas ceux des femmes ! Femmes qui n’ont obtenu le droit de vote qu’en
1944 ! Et encore juste pour faire barrage au communisme ! Femmes qui, il n’y a pas si longtemps ,
n’héritaient de leur propre famille qu’avec « l’autorisation » de leur mari ! Femmes dont le droit à
l’avortement ne date très exactement ( nous en commémorons en ce moment la date),que de 40 ans !
Femmes qui aujourd’hui encore sont toujours discriminées professionnellement et dont des
centaines tous les ans meurent sous les coups qu’elles reçoivent !
En résumé, évidemment, soyons compréhensif. Laissons un peu de temps au temps. Mais soyons
exigeants sur les principes et sur les engagements. Maintenant ! C’est de l’avenir de toute notre
communauté dont il est question !
Pour les reste, il n’a échappé à personne que le « zorro » espagnol, c’est notre renard. Petit
animal qui courre dans nos légendes, nos contes, nos fables et nos proverbes. Mais aussi, un peu,
bien sûr, dans nos campagnes et dans nos poulaillers…. Vif, malin et courageux, il est, au
demeurant, plutôt sympathique.

Maurice Meireles – Pontacq

Une réflexion

imagesIl est vrai que Charlie Hebdo ( dont je n’ai jamais acheté un exemplaire, mais dont j’ en ai acheté un ce matin afin de « parfaire ma culture ») a dû, puisqu’on le dit, vomir sur le Christ et les chrétiens. Mais les attentats de New York, Madrid, Londres n’avaient rien à voir avec une quelconque injure au  » prophète « !

Pour moi, la vérité est ailleurs. C’est une guerre de l’obscurantisme contre la civilisation occidentale, contre la laïcité, contre la liberté sous toutes ses formes (expression écrite, orale, picturale, religieuse etc).
Au fait, a-t-on évoqué dans les manifestions  de samedi et dimanche derniers les  violences et martyres subis par les chrétiens ? Moi, je n’ai rien entendu.
Et puis que veut dire musulman ou juif de France? Pour moi cela signifie que l’identité se cristallise sur la religion et non la nationalité.
A-t-on jamais  entendu dire  « Je suis un chrétien de France « ? Moi, non ! Parce que le Christ a dit  » donne à César (l’Etat, le pouvoir politique, qui organise la vie de la société) ce qui est à César et à Dieu (pouvoir spirituel, liberté de conscience) ce qui est à Dieu ».
C’est la laïcité et rien d’autre. Mais ni l’Islam, ni la loi mosaïque (à un degré moindre peut-être) ne l’admettent totalement.
Pierre ESPOSITO.