Pétitions, concours de stupidités ?

petition-pour-le-climat    La mode est à la démocratie directe, pétitions et sondages deviendraient donc l’alpha et l’oméga de la démocratie : stupidité !

Une bande d’ONG écologistes de gauche a donc lancé « l’affaire du siècle », une pétition qui viserait à faire condamner l’État français pour inaction vis à vis du réchauffement climatique. Pourtant, que ce soit avec les portiques poids lourds ou avec la taxe carbone sur les carburants, petites excroissances visibles de la loi de transition écologique, l’État va dans le bon sens pour essayer de réduire l’addiction des Français aux combustibles fossiles. Et d’ailleurs la taxe carbone est un outil soutenu par tous les écologistes. En face se sont élevés les bonnets rouges et gilets jaunes, clowns du passé, et je n’ai pas vu ces ONG venir soutenir le gouvernement dans sa juste démarche … curieux.

Evidemment il est facile de faire signer ce genre de pétitions qui demandent aux autres de faire des efforts. Toute aussi scandaleuse est la pétition ayant reçu plus d’un million de signatures pour la baisse des taxes sur les carburants ! Ceci au moment où la baisse très importante du prix du brut n’encourage pas à l’indispensable baisse de consommation, au moment où il faudrait augmenter fortement la taxe pour que le prix des carburants ne baisse pas.

Pauvre Français stupides qui veulent tout à condition que cela n’impacte pas leur petit confort… On trouverait ainsi facilement des millions de Français pour signer une pétition pour la diminution de la TVA ou de la CSG pour supprimer tous les impôts, mais aussi pour demander plus d’hôpitaux et de soignants, plus de services publics et de fonctionnaires, etc…

D’où sortir les sommes gigantesques nécessaires dans un pays en faillite ?

Yaka imposer les sociétés du CAC 40 ! qui s’empresseront d’établir leur siège en Irlande ou en Hollande

Yaka imposer les riches ! Sauf que les très riches sont déjà en Suisse ou en Belgique et les « un peu moins riches » iront les rejoindre…

Yaka sortir de l’Europe et de l’euro, sauf que même les grecs et l’extrême gauche de Tsipras ont préféré des baisses drastiques des retraites, et du pouvoir d’achat plutôt que de sortir de la protection européenne…

Yaka …etc.

La palme de la stupidité politique peut être donnée à Cécile Duflot devenue Directrice Générale d’OXFAM France, qui déclare que les deux pétitions, plus d’écologie et moins de taxes sur le carburant ne sont pas incompatibles. Dans un délire gauchiste cette professionnelle de la politique affirme que l’État est en faute pour ne pas se débrouiller à réaliser une transition écologique qui ne demanderait aucun effort à personne !

Et Nicolas Hulot ne vaut pas mieux en s’y joignant, lui qui avait la responsabilité de cette politique !

Le Français n’est pas à une contradiction près, ce n’est pas pour rien que nous sommes un état en faillite, parmi les cancres de l’Europe.

Daniel Sango

Le maillot jaune de la stupidité

gilets-jaunes    L’article « Il faut augmenter le prix des carburants » (cliquer sur le titre pour lecture) a suscité de très nombreux commentaires. Le futur de notre planète est bien sûr un sujet majeur et je souhaite prolonger ici le débat.

Je commencerai par citer le point de vue de Michel Chalvet dont l’engagement écologique est connu depuis des années en Béarn :

« Donc, j’opte pour le moins pire. Agir dès aujourd’hui, individuellement, en tentant de convaincre mes semblables, et assumer ce choix. »

Le mouvement des égoïstes gilets jaunes sans cervelle dément l’efficacité de cette démarche. Car le problème des carburants (qui n’est bien sûr qu’une toute petite partie des problèmes écologiques) est simple à expliquer et facile à comprendre comme je l’écris dans l’article cité plus haut. En fait on demande aux gens, non pas de dépenser plus pour leur carburant, mais de consommer un tout petit peu moins. Mieux, ils dépensent aujourd’hui bien moins qu’en 1980 ! Pourquoi ces manifestations injustifiables ?

10 cts d’augmentation du prix des carburants correspond à une baisse des déplacements de 6,5%. Tout le monde peut diminuer de 6,5% ses déplacements (il faudra d’ailleurs s’habituer à bien pire …) ou remplacer 6,5% de ses déplacements en automobile par du covoiturage ou des transports en commun (incidence écologique nulle car ceux ci se déplacent avec beaucoup de sièges vides) ou du vélo, …

Evidemment le débat serait plus clair si nos politiciens professionnels étaient des gens honnêtes et ne faisaient pas de la politique politicienne juste pour contrer une démarche courageuse.

Car l’augmentation du prix des carburants est la seule méthode efficace pour lutter contre l’addiction des français à la voiture. Si nous étions en Europe du Nord, bien sûr la démarche de Michel Chalvet serait plus efficace, il n’y aurait pas de gilets jaunes, mais les Français sont favorables à l’écologie, à condition qu’elle n’ait aucune incidence sur eux… comme pour tout le reste d’ailleurs…

Se pose aussi, et sans doute avant tout, le problème écologique global. Et là on ne voit pas bien comment contrer les égoïsmes nationaux qui s’ajoutent à ceux des individus. La COP 21 et ses suivantes patinent, aucun résultat en vue susceptible d’infléchir significativement la trajectoire funeste ni du réchauffement climatique, ni de l’extinction de la biodiversité ni…etc.

C’est là que se place la décroissance, prônée par certains mais jamais explicitée.

Une première mesure relève pourtant du bon sens : la diminution, ou tout au moins la stabilisation du peuplement de la planète. Ce qui se passe en Inde ou en Afrique est calamiteux, d’autant que dans bien des pays la classe politique corrompue ne gouverne que dans l’immédiateté, et encore …

Puis timidement on avance la mesure, la frugalité indispensable pour retarder l’échéance de la catastrophe annoncée. Les plus actifs parlent de décroissance sans jamais en décrire les conséquences.

Michel Chalvet nous livre sa vision : « changer par la décroissance et parallèlement s’adapter du mieux possible, pour sauver ce qui peut l’être.

au profit d’une nouvelle forme de société, plus sobre, il y aurait certes beaucoup de pertes de confort et de plaisir (car nous sommes dans la société du plaisir), il y aurait probablement aussi une crise forte, avec une misère humaine, mais il y aurait au final un regain de vertus aujourd’hui manquantes ».

Pourtant c’est assez simple, en fonction de l’endroit où on met le curseur sur le PIB admissible on aura une vision grossière de ce qu’il peut en être en regardant l’époque où nous avions cette activité, enfin en tenant compte que la France est beaucoup plus peuplée maintenant ce qui diminuera le gâteau d’autant…

Mais ceci n’a de sens que si l’ensemble de la planète régresse au même rythme…

D’où la conclusion du côté totalement utopique de la décroissance.

A regarder :

En attendant, toute diminution de nos consommations d’énergie est bonne à prendre et espérons une veste pour les gilets jaunes qui ont surtout le maillot jaune de la stupidité…

Daniel Sango