A Tarbes, le Colloque du Futur ?

ecocir3Lundi 24, la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées hébergeait le Colloque suivi de Tables rondes de la Jeune Chambre Economique (JCE) de Tarbes et de la Bigorre. Le thème l’Economie Circulaire. L’objectif : démontrer que « Ensemble la conso utile, avec l’économie circulaire, c’est possible ».
Le sujet avait attiré de nombreux Bigourdans, des Béarnais aussi et bien entendu bon nombre de jeunes étudiants, il a même fallu déménager vers un amphi plus grand !

Le colloque
Les arguments des Théoriciens de l’économie circulaire m’ont paru positifs. Dans leurs propos aucun relent malthusien. Au contraire. Les mots récurrents sont innovation et nouvelle prospérité… Et même croissance.

L’économie circulaire s’oppose à l’actuel modèle linéaire. Ce modèle fondé sur le caractère illimité des ressources, consiste à « extraire, fabriquer, consommer, jeter ». Un modèle qui a permis à des milliards d’individus de vivre mieux et plus longtemps, ont unanimement souligné les intervenants. Mais un modèle mis à mal par la finitude, entendre l’épuisement des ressources naturelles.

L’économie circulaire est un modèle fondé sur l’observation du fonctionnement des écosystèmes naturels dans lesquels tout est nutriment. La nature recycle tout ! L’économie circulaire tend vers ce même but. Les déchets ne sont plus déchets mais ressources pour produire à nouveau.

Les mots clés de l’économie circulaire sont : Réparer, réutiliser, réemployer, recycler.

Anne de BETHENCOURT de l’institut de l’Economie circulaire et fondation Nicolas Hulot a illustré ces trois mots de nombreux exemples. J’en ai retenu deux qui, à mon sens,  illustrent ce qu’il y a de plus novateur dans l’économie circulaire.

– Pourquoi acheter les biens, les objets dont on use ? Un ménage utilise « sa » perceuse électrique 7minutes au total, affirme Anne de Béthencourt. La solution ? Le fabricant du produit le met à la disposition du consommateur en fonction de ses besoins réels moyennant une rétribution, un loyer. Avantage : on use l’objet, l’obsolescence hyper- rapide née du design et non de l’usage ou de la mode disparait. Le cycle de vie du produit s’allonge car c’est l’intérêt du fabricant. Un moyen de réduire l’impact environnemental de la production.

– On devrait chercher à construire les bâtiments avec des matériaux réutilisables y compris le béton des murs. Plus de friches industrielles, plus de maisons, fermes, hangars abandonnés. Et ce n’est qu’un exemple ! Tous les biens durables pourraient, semble-t-il, connaître une deuxième vie et plus encore. Il suffit d’innover !
Innover, un maître-mot de l’économie circulaire. Innover dans des processus de production ayant un faible impact environnemental, dans des produits nouveaux réparables, réutilisables, recyclables….

L’économie circulaire ? Une Révolution fondée sur la création valeurs nouvelles aux conséquences positives pour la société, l’économie, l’environnement en un mot l’Homme. Une Révolution rendue impérative en raison de la finitude des ressources naturelles. C’est là que l’on peut être un peu plus sceptique. Il nous est demandé de croire aux chiffres et aux statistiques qu’eux spécialistes de ces questions avancent… Mais ils ont de bons arguments et leur crédo : donner une deuxième vie à la matière fusse du CO2 est enthousiasmant.

Les tables rondes – Café du monde
Malheureusement beaucoup des présents au colloque ne sont pas restés. Obligations professionnelles, lassitude, difficultés pour s’exprimer en public ? Je ne sais.

Les participants, 5 personnes par table, étaient invités à faire des propositions sur trois sujets :

– Réduire la quantité de matière et d’énergie consommés. Halte au gaspillage.
– Prolonger la durée de vie de nos produits.
– Valoriser au mieux toutes les matières. Créer des synergies

A chaque sujet, on devait changer de tables à l’exception d’une personne par table, le rapporteur.

Mais malheureusement le résultat ne me semble pas avoir été à la hauteur. Là où j’ai participé, les propositions du type petit bricoleur ont trop souvent fusé. Par exemple récupérations des cendres ou du marc de café par les jardiniers du dimanche pour remplacer engrais ou autres. A une autre table où il avait 2 jeunes étudiants en licence professionnelle, j’ai lancé l’idée d’un même cartable de la 6ème à la 3ème, réaction des jeunes : impossible. Leur réaction est hors sujet puisqu’on nous avait demandé de faire et de noter des propositions, un point c’est tout ! Mais cela démontre que les habitudes des jeunes consommateurs auront la vie dure. Enfin à la dernière table où je me suis assise, un participant n’a pas permis aux autres  de faire leurs propositions. Informaticien de métier, Il a expliqué pourquoi il était impossible d’isoler et de récupérer les matières qui composent les mémoires de masse informatiques. C’était intéressant mais les autres n’ont pas pu intervenir ! Et à cette même table, le rapporteur a dégagé comme proposition principale de la table, celle qui reflétait son point de vue.

Les maîtres-mots de l’économie circulaires sont Réparer, Réutiliser, Réemployer Recycler… Certains dans le public ont donné quelques exemples qui montrent que dans les années 50, c’était des choses que l’on savait encore faire ! Alors… pourquoi pas ? Ce modèle n’est-il pas mis à mal par l’inégalité des salaires à travers le monde ? Comment voulez-vous qu’en France l’on paie au SMIC des ouvriers à réparer, à réutiliser… alors que jeter et racheter des biens importés d’ailleurs et donc fabriqués par des ouvriers payés quelques centimes d’euros de l’heure, revient moins cher au consommateur…
L’économie circulaire oui… mais ne rêvons pas, ce sera long.

– par Hélène Lafon
2 décembre 2014