Un quai de gare à Toulouse

Sur le quai fauve et noir empli de moiteurs sales, Les âges se défont au rythme aigu des trains… Voici longtemps. Peut-être en mai. Comme en rafales, Des houles de joie ivre incendiaient mes reins. J’avais les yeux ravis et comblés de l’enfance. La magie à ma lèvre où fusait le bonheur, Inondait le ciel chaud d’un rêve sans défense

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La chambre vide

Depuis cinq mois, la chambre neuve attend Romaine. O chers babils ! comme vous serez bienvenus. Du berceau qui languit semaine après semaine, Monte un amour plus saint que tous les dons connus. Son petit nom choyé sonne telle une gloire ; D’une aube à l’autre, il est le seul qu’on veut ouïr. La layette déborde aux recoins de l’armoire

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La reine de beauté

Ce fut comme un émoi de chair et de satin, Un grand coup de soleil éclipsant le jour même Quand, prodige du ciel ou faveur du destin, Sa jeunesse parut dans son éclat suprême. Elle avait à la lèvre on ne sait quel lointain Charme délicieux d’une mouche bohème, Et des prunelles d’or qui semblaient sur son teint Allumer par

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Petite France

A force d’être lâche et recroquevillée, Tu n’es déjà plus celle où vibraient nos couleurs, Ma France à la voix trouble, à la lèvre écaillée, Qui dans le fiel recuit saccage tes valeurs. Quoi ! ne serais-tu plus qu’une harpe geignante, Qu’une chaloupe borgne assoupie en un coin ? Mon pays tant couvé d’une flamme poignante Contre lequel je lève,

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